CENTRE ET NORD DE L ’ A L LE VI AC N E
ont continué d’être appelés ainsi, et repoussa l'assimilation qu'on en avait voulu faire avec le lynrurium de Pline.
Leibnitz. — Bien qu'en général nous évitions de nous appesantir sur les vues théoriques qui ne se rattachent directement ni» à des calculs ni à des faits observés, il en est cependant que nous ne pouvons passer sous silence, et, de ce nombre, sont les hautes spéculations de Leibnitz sur l’origine du globe.- Lne première esquisse de sa Prolagcra fut insérée dans un journal de Leipzig en 1693, mais le livre ne fut publié en entier que seize ans après la mort de son auteur, en 17/|9, l’année même où, par une singulière coïncidence, parut la Théorie, de la terre de Rulfon.
Leibnitz regarde, comme une première donnée fondamentale, la séparation de la lumière d’avec les ténèbres, ou celle des choses actives d’avec les passives, et, parmi ces dernières, ce qui est un peu plus intelligible, la séparation des liquides d’avec les solides. Il pense que, dès l’origine, la terre a été un globe régulier, et que, de liquide qu’il était d’abord, il est devenu solide. Ses aspérités ou les montagnes se formèrent à la surface consolidée. Conformément à l’idée de Descartes, la masse liquide se refroidissant, la chaleur s’est concentrée à l’intérieur. L'état de liquidité originaire était d’ailleurs due à l’action du feu, et les caractères cristallins des roches anciennes confirment cette hypothèse.
Recherchant ensuite l’origine des eaux douces et salines, Leibnitz suppose qu’avant la séparation de la lumière du chaos, alors que la terre était incandescente, le feu fit dégager l'humidité de la masse; par suite de l’abaissement de la température, elle se condensa sous forme de vapeurs, lesquelles, au contact de la surface refroidie du globe, ne tardèrent pas à se résoudre en eaux. Celles-ci se rassemblèrent dans les dépressions, où elles entraînèrent les substances solubles et constituèrent les mers. Un autre résultat du refroidissement fut la formation d’énormes bulles ou d’ampoules à enveloppes solides, renfermant des masses d'air ou d’eau,