Amer. Journal d» Sillimu), vol. XXXVJH, p. S66-SM
AMÉRIQUE
il semble que les données fournies par les travaux du Geological Survey de la Californie , lorsqu’ils seront tous publiés, justifieront l’assertion que le Mastodonte et l'Éléphant, dont les restes sont si évidemment et si abondamment répandus , ont été contemporains de l'homme dans le pays. Ces faits nous offrent donc une analogie remarquable avec ce que nous avons vu à la surface du plateau central de la France.
Réiumé. — Les tableaux précédents font voir combien la série tertiaire du nord de l’Amérique diffère de celle de l’Europe. Beaucoup plus simple dans tous ses caractères, plus uniforme dans le temps et dans l'espace, elle ne présente nulle part, sur des surfaces égales à deux ou trois fois celle de la France, de différences aussi tranchées que celles qui existent entre le bassin de la Seine et celui de la Tamise, entre celui de la Garonne et celui de l’Aude, entre la Provence et la Suisse, etc.
Les caractères paléontologiques ne sont pas moins différents que ceux des roches. Ainsi la formation inférieure de l’ancien continent nous a offert, dans sa partie médiane ou vers le milieu de la période, un caractère constant que nous avons pu suivre sur les 2/5 de la circonférence de la terre : c’est la présence simultanée des Nummulites, des Alvéolines, des Operculines, des Orbitolites et des Orbitoïdes, rhizopodes qui, sauf le dernier genre qui n’est pas d’ailleurs exclusif à cet horizon, manquent dans l’Amérique du Nord. Dans l’Europe occidentale cette même formation présente au moins trois faunes distinctes de grands mammifères terrestres fort riches, surtout la dernière; nous n’en voyons encore signalée aucune trace ni dans l’Europe orientale, ni en Asie, qi en Afrique, et, dans l’Amérique, déjà si bien explorée, ces faunes n’ont point de représentant non plus. Les animaux de cette classe n’y apparaissent qu’avec la formation moyenne.
Quant aux mollusques et aux autres invertébrés, on peut dire que leurs faunes sont pauvres relativement à celles de nos petits bassins d’Europe. Les espèces s’y comptent à peine