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CHAPITRE IX

TE B R AI N MODERNE

GÉNÉRALITÉS

Après les phénomènes dont nous venons d’exposer les principaux résultats, la surface de la terre est entrée dans une période de tranquillité et de repos relatif dont nous pouvons contempler directement les effets. Jetons un coup d’œil sur les plages qui bordent les mers, sur les deltas qui se forment à l’embouchure des fleuves, sur les cordons littoraux situés en avant des côtes , sur les dunes placées en arrière, sur les alluvions des rivières, sur les dépôts des lacs, sur les tourbières, joignons-y l’examen attentif des produits antihistoriques de l’industrie humaine, et nous acquerrons la preuve qu’il ne s’est passé, depuis que règne cet état de choses, aucune perturbation, aucun changement notable sur notre planète, rien qui ait sensiblement troublé la marche ni l’ordre normal des faits organiques et inorganiques. Nous ayons donc, dans cet ensemble de circonstances, une limite parfaitement naturelle pour distinguer cette période de calme de celle qui l’a précédée et dont nous avons vu que tant de phénomènes divers et successifs avaient marqué la durée. lVun autre côté, ainsi que nous le disions tout à l’heure, les annales de l'humanité ne remontent pas assez haut pour que l’on ait encore pu constater, sans le secours de

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la géologie , quelques modifications dans les êtres organisés qui nous entourent.

Mais en atteignant l’époque la plus récente de l’histoire de la terre, celle dans laquelle nous vivons, le géologue voit se rétrécir le champ de ses recherches, non-seulement par rapport au temps relativement très-court dont ses observations doivent embrasser les effets, mais encore relativement au nombre beaucoup plus restreint des sujets qui lui restent à considérer ainsi qu’à leur importance. Il n’a plus à s’occuper des faunes ni des flores qui sont l'objet de sciences spéciales; la géographie physique, la météorologie et ses influences, de même que l'orographie, ne sont plus de son domaine particulier.

D’un autre côté, la connaissance des faits qui sont encore de nature à appeler son attention est assez souvent entrée dans le domaine public, parce que ces faits se rattachent naturellement à une multitude de circonstances de la vie qui nous familiarisent avec ce que chacun d'eux peut avoir d’utile ou d’intéressant. Il ne s’agit plus de la recherche, dans les profondeurs de la terre, des traces plus ou moins effacées d'un corps organique ou inorganique; ce n’est plus une langue morte dont on veut épeler les mots après en avoir appris l'alphabet, c'est la science au grand jour, à l'appréciation facile, et où chacun peut lire, en quelque sorte, couramment.

Il serait donc peu nécessaire, dans un livre comme celuici, de nous appesantir sur des sujets dont on possède déjà des notions d’une certaine exactitude, acquises soit dans le cours d'une instruction élevée, soit par les relations ordinaires de la vie, par des lectures ou par des voyages. Mais ce qui manque à beaucoup de personnes, à cet égard, c’est de se bien rendre compte de l'importance relative des divers phénomènes, des divers agents, des diverses causes qui se produisent aujourd’hui à la surface des continents, au fond des eaux. douces ou des mers, ou bien à l’intérieur môme de la terre, et qui tendent incessamment, quoiqu’avec une extrême lenteur, à

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modifier l’état ou les caractères de cette surface. Or, rien ne nous a paru plus propre à faire apprécier ce genre de rapports que de disposer ces sujets d'une manière méthodique pour qu'on puisse saisir d’un coup d’œil leurs relations naturelles.

Atmosphérique* et terrestres

1. Influence de l’atmosphère sur le* roches, et résultats de l-*ur altération.

*2. Chutes de poussière.

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