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Leçons sur la faune quaternaire, p

ILE l)E MADAGASCAR.

venons de parler. En 1850,'M. Abadie trouva dans les alluvions récentes de Madagascar des œufs et des fragments d’os d’un oiseau tridactyle, comme les Dinornis, mais de plus grande taille encore. Ces œufs représentent une capacité de huit litres trois quarts ou égale à six fois celle de l’œuf de l’autruche, ou à 14S fois celle d’un œuf de poule. L’épaisseur de la coque est de 8 millimètres, et le plus grand diamètre est de 32 à 34 centimètres. Ce type d’un nouveau genre, désigné par Isid. Geoffroy Saint-Hilaire sous le nom d ’ Æpyornis, ne devait pas avoir moins de 4 mètres de hauteur.

RESU M K.

Nous avons essayé, dès 1848, d’établir la chronologie ou succession des phénomènes physiques de l’époque quaternaire que jusque-là on avait considérés en blo- • et regardés comme non susceptibles de divisions. La série des diverses actions que nous avons cru reconnaître alors semble s’être complétée depuis; de nouveaux termes y sont intfoduits chaque jour et nous avons actuellement plus de motifs encore pour admettre les conclusions qui se déduisent des faits que nous venons d’exposer.

Considéré sous le rapport de sa faune , nous trouvons également des motifs pour distinguer l’époque quaternaire de celle qui l’a précédée comme de celle qui l’a suivie.

En effet, dans l’ancien continent, V Elephas primigenins , le Rhinocéros lichorhinus, l'Ours, l'Hyène et le Félix des Cavernes, le Maehai rodas , l’Hippopotame, le R os primigenius, l’Aurochs, le Cereus megaeerox , XElnxmotherium , le Trogontherium ; dans le nouveau, les Mastodontes, les Megalonyx, les Mylodon , les Mégathérium, les Seelidotherium, les Glyptodon , les Chlamydotherium et autres édentés parcourant d’immenses solitudes avec les Macrauchenia, les

TERRAIN QUATERNAIRE

To.rodon, les Myopotmnus, etc., puis les Macropus Tilan et Allas , les Diprolodon, les Nototherium, le Tilarolco et les autres marsupiaux qui, avec d’énormes Lézards (Megalania) habitaient la Nouvelle-Hollande, en même temps que les Dinornis et autres oiseaux tridactyles aptères peuplaient seuls la Nouvelle-Zélande, et Y Æpyornis les vallées de Madagascar; tous ces vertébrés, disons-nous, plus grands que leurs congénères actuels qui vivent dans les mêmes régions, apparaissent à un moment donné pour régner dans des pays différents et s’éteindre ensuite, laissant leurs débris accu- • mulés dans les alluvions des vallées, au fond des marais, dans les cavernes et les brèches dont ils nous servent à déterminer l’âge.

Cependant les caractères différentiels de la faune quaternaire, comparés à ceux de la faune actuelle, sont loin d’être les mêmes dans les diverses classes. Ainsi, chez les animaux inférieurs, marins, d'eau douce, ou terrestres, les différences sont très-faibles. Dans les régions tempérées du Nord, ils dénotent souvent un climat plus froid, des circonstances moins favorables et un développement plus restreint.

Dans la classe des mammifères, c’est généralement l’inverse; l’analogie des faunes quaternaires et modernes de * chaque région naturelle est d’autant plus prononcée que les animaux que l’on considère sont de plus petite taille. On a cherché, par des modifications survenues dans les conditions physiques extérieures, à rendre compte de la disparition des grandes espèces et de la persistance des petites, et l’on a pensé que ces dernières avaient pu s’accommoder à des changements sous l’action desquels les premières avaient succombé.

Mais il faut remarquer que c’est la loi générale de tous les temps. Dans les diverses classes, genres ou espèces d’animaux fossiles, la durée se montre en raison inverse de la taille et de la masse, tandis que la vie normale des individus devait être en raison directe de celles-ci. Les résultats

RÉSUMÉ

biologiques que nous présente la faune quaternaire ne sont que l’expression d’un moment, comparativement fort court de la vie de la. Terre, et, en supposant le temps suffisamment prolongé, la paléontologie démontre que les petites espèces auront disparu comme les grandes.

Pour cette simple question de temps, l’homme, encore bien nouveau sur le globe, ne possède aucun chronomètre qui lui permette de mesurer le cycle de l’existence des êtres qui l’entourent; il n’aperçoit pas le mouvement qui se fait autour de lui ; il croit volontiers que la nature organique, qui n'avait cessé de se modifier depuis l’origine des choses, est devenue immobile depuis qu’il en fait partie, qu’aux lois de succession ont succédé de simples lois de conservation, qu’en un mot la création est complète et finie.

C’est là sans doute une illusion qui vient de ce que les quelques dizaines de siècles qu’embrassent nos chroniques ne suffisent pas pour que l’on puisse constater encore des changements bien notables; mais si l’étude et l’observation nous ont appris quelque chose, c'est que l’histoire de l'humanité tout entière ne compte pas plus dans l’histoire de la nature que la vie de ces éphémères qu’un même soleil voit i naître, se reproduire et mourir^

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