Ibid., vol. LXXXVHI, p
2. Lacoste, Sur les Volcans d’Auvergne, Lettres, etc. 1805. Cocrj, Lithologie de l'Auvergne, Jauni, des Mines, vol. \1X, 1806. — De Laizer, Sur le pu y de Chopine, 1808. — Journ. des Mines , vol. XXIII, p. 40. — De Laizer et Gillet - Laumont, sur les laves avec parties bleues, ibid., vol. XX11I. — A. Roué, Comparaison def roches de l’ Auvergne cl de i Écosse ( Edinb Phil. Journ. . 1810). — Essai sur la géol. de V Ecosse, p. 482, 1820.
3. Menu de la classe des sciences malhém. et phys. de V institut , vol. XIV, années 1813-181.5, imprimé en 1818.
FRANCE CENTRALE
rentes. Le granité affleure de toute part dans le voisinage des Monts- Dômes, tandis que celui que supporte le Mont- Dore est entièrement recouvert ou caché sur une surface qui n’a pas moins de dix lieues de tour. Ainsi l’élévation des montagnes volcaniques est indépendante de celle du granité qui leur sert de base, et, au-dessus de 1000 mètres d’altitude, toutes les roches sont des produits ignés qui atteignent une épaisseur de 600 à 800 mètres, laquelle se maintient jusqu’à une assez grande distance du centre et décroît rapidement vers les bords du massif. Tous les volcans de la chaîne des Dômes sont dans la région granitique, et l’on observe des fragments de granité- dans les produits ignés de divers âges et sur des montagnes fort élevées.
Laves feldspatbiques et porphyrtquei tracbytea et phonolites ) •
— Dans le groupe du Mont-Dore on ne trouve aucune trace de l’orifice ou des orifices par lesquels ont dû se faire jour les klingslein (phonolites), les pétrosilex, les porphyres qui en constituent la partie principale. L’auteur donne à ces dernières roches le nom de laves feldspathiques ; ce sont celles qu’Haüy désignait dans le même temps sous le nom de trachyte, qui a prévalu. Malgré certaines apparences déceptives, il est certain que les basaltes sont postérieurs à ces laves, et qu’ils semblent s’être épanchés dans les fentes ou crevasses et sur les ruines de ces dernières. Mais sur certains points Ramond admet des alternances de produits basaltiques, ponceux et porphyriques, de sorte que les volcans auraient été alors contemporains.
De la disposition des matériaux amoncelés autour d’un centre commun, il en conclut l’existence d’un seul orifice volcanique ou de plusieurs au moins très- rapprochés. Ce serait vers le point culminant du massif au Puy-de-Sancy, auquel il assigne 1805 mètres au-dessus de la mer. Il aurait brûlé très-longtemps, avec une continuité et une énergie dont aucun autre volcan de la contrée n’ofi're d'exemple, en soulevant ses laves jusque par-dessus les bords du cratère.
DEUXIÈME PÉRIODE
Elles sont néanmoins comprises dans un cercle relativement peu étendu, et l’on est étonné de voir les coulées porphyriques dépassées de beaucoup par les laves basaltiques , quoique, à tous autres égards, elles se comportent de même et doivent s’être épanchées à l’état de fluidité ignée.
Basaltes. — On rencontre les basaltes sur tout le périmètre du Mont-Dore , dans toutes les vallées, sur les pentes de la plupart des montagnes et jusqu’à la cime de plusieurs d’entre elles, sauf sur les plus élevées. Ils proviennent d’éruptions successives qui, d’après Ramond, auraient alterné avec celles du volcan d’où sortaient les laves porphyriques. 11 suppose que les lambeaux isolés sur les cimes sont les moins anciens et que les coulées dont ils faisaient partie ont été les premières attaquées par les agents atmosphériques. Les basaltes recouvrent, sans intermédiaire de laves ponceuses, les roches feldspath iques et porphyriques; d’autres forment des plateaux plus ou moins étendus; enfin de grandes nappes basaltiques se voient intactes vers le fond d’anciennes vallées. Par leur nombre comme par leur extension, les coulées de cette nature dépassent celles de toutes les autres roches. Cette propriété de s’étendre presque indéfiniment sur des plans presque horizontaux, et de s’y étaler en couches plus ou moins régulières, est encore une de celles qui les distinguent le mieux des lavas modernes. La régularité des divisions prismatiques, la rareté relative ou l’absence de parties bulleuses ou scorifiées, leur mode de décomposition en boules ou par portions de calottes concentriques sont aussi des caractères extérieurs propres à faire distinguer les basaltes.
Leur composition minéralogique présenterait cependant les mêmes éléments constituants que les laves modernes; mais quant à la différence de leur état , elle résulterait d’un plus grand degré de fluidité, d’une plus forte pression, d’un refroidissement plus leqt et plus graduel.
Si l’on remarque que. des dépôts de transport en partie composés de fragments de basalte renferment aussi des restes
FRANCK CENTRALE
d’antiques races d’animaux qu’une grande catastrophe a détruites sans retour, on a, dit Ramond, une date précise pour les éruptions de ces roches ; mais il n'était pas nécessaire d’ajouter que « notre planète parcourait peut-être une « autre orbite, était douée d’une très-haute température et « ceinte par conséquent d’une immense atmosphère. » Nous savons aujourd’hui et l’on pouvait savoir en 1S15 que les conditions physiques dans lesquelles vivaient les animaux dont il parle n’étaient pas et ne pouvaient pas être trèsdilîérentes de celles de nos jours.
Déjections anomales Les d(jectÎ0llS (lHOnUlicS de l’aUteuV
sont les matières rejetées sous formes incohérentes ou pulvérulentes de fragments, de cendres ponceuses plus ou moins consolidées depuis et constituant des tufs, des brèches ou conglomérats de diverses sortes, accumulés surtout vers le centre du Mont-Dore, sur le versant septentrional du Pic de Sancy. « b’ eau, qui étale et nivelle tout ce quelle transporte « et dépose, n’a certainement pas concouru à l’arrangement « des bizarres assemblages où rien n’est déposé en couches « réglées, et les volcans actuellement brûlants n’entassent pas <( autrement alentour de leurs cratères les déjections liqué- <i fiées, solides et pulvérulentes qui leur échappent pèle-mèle... « A mesure qu’on s’éloigne du Pic de Sancy, on voit un cer- « tain ordre s’établir, mais c’est encore celui qui caractérise « les formations volcaniques. »
Montagne de domîtc. — « Le Puy-de-Dôme et quelques « puys moins considérables, mais de même nature, sont jetés « comme au hasard sur la ligne des volcans modernes et « n’ont avec eux aucune ressemblance ni de figure, ni de « composition. On les distingue de loin à leur teinte Manie châtre, à leurs contours arrondis. Étrangers à tout ce qui u les environne, ils n’ont de rapport qu’avec les Monts-Dores, « et, nonobstant l’intervalle qui les en sépare, on serait con- « duit par l’analogie des roches à les ranger au nombre de « leurs appendices. »
DEUXIÈME PÉRIODE
La domilc, nom donné, comme on l’a vu , par L. de Buch à la pierre qui les constitue, n’est pour Ramond qu’une modification du Klingslem (phonolite), auquel elle passe insensiblement , et elle diffère d’une de ces montagnes à l’autre, et même dans les diverses parties de chacune d’elles.
« L’isolement de ces montagnes, au milieu de la chaîne « volcanique, n’est pas l’unique singularité qui ait exercé la « sagacité des naturalistes. Elles ne semblent pas moins indé- « pendantes l’une de l’autre que du système où elles sont « fortuitement placées. On s’est épuisé en conjectures tou- « chant leur origine ; et une seule chose a été admise d’un « commun accord, savoir, qu’elles ont subi l’action du feu. » Nou3 avons vu précédemment quelles étaient ces diverses hypothèses, et l’idée do production successive se trouve également dans leurs explications, idée qui repose aussi sur une supposition commune, l’indépendance mutuelle de ces montagnes et leur isolement complet. Or Ramond s’attache à faire voir qu’il n’en est pas absolument ainsi, et qu’il est possible de trouver dans ces produits ignés ou une ramification des Monts-l)ore ou un petit système d’éruption particulier, tout aussi indépendant de ces derniers que ceux-ci le sont du Mézenc et du Cantal. Mais, ajoute-t-il, de quelque manière qu’on modifie la pensée fondamentale , il sera toujours plus raisonnable de regarder la roche du Puy-de Dôme comme une lave que comme une thermandide (roche chauffée en place). La meilleure explication du phénomène particulier sera toujours aussi celle qui s’écartera le moins des principes admis pour l’explication du phénomène général.
Volcan, moderne.. — Quant aux volcans modernes, le savant académicien adopte comme exacte la distinction précédemment établie par Dcsmarest et par de Montlosier. Ainsi, dit-il, la chronologie de nos volcans éteints comprend non-seulement une succession de faits, mais encore un changement d’état; elle se divise en deux périodes indépendantes quoique
FRANCE CENTRALE
consécutives. On pourrait remarquer cependant ici que, malgré certaines apparences, Ramond aurait pu séparer les laves porphyriques ou trachytes des basaltes et des phonolites qu’il distinguait d'ailleurs très-bien *et admettre trois périodes au lieu de deux.
Quoi qu’il en soit, « nous ne connaissons point, continue- « t— il , de volcans d’âge intermédiaire, et la nature, en con- « tinuant d’agir sur des matières semblables, avec des moyens « peu différents, n’en a pas moins distingué les produits des « deux époques aussi nettement que les époques ellesu mêmes. »
« 11 s’en faut de beaucoup qu’elle distingue ainsi les « âges d’une même période, et les monuments de la nôtre « ont tous un air de jeunesse où il n’est pas aisé de dis— « cerner les nuances qui marquent la diversité des temps. « Personne ne doutera que nous n’ayons le droit d’appeler b modernes des volcans certainement très-modernes, eu égard « à ceux de l’époque antérieure; mais ils peuvent être fort « anciens, en comparaison des volcans qui brûlent aujour- « d’hui, sans que l’antériorité se fasse connaître à des signes « bien évidents. A voir certains cratères, la fraîcheur de leurs « scories, la nudité de leurs courants de laves, il semble que « ces foyers viennent de s’éteindre et sont prêts à se ral- « lumer.
« On consulte les historiens, les chroniques, les chartes b de tous les âges, et l’on s’étonne de ne pas rencontrer la « date d’événements aussi considérables dans cette longue « suite de documents où les choses les plus indifférentes ont « trouvé place. Dès les premiers temps, la mémoire s’en était « perdue. Grégoire de Tours connaissait parfaitement l’Au- « vergne, et ne dit pas un mot de ses volcans, lui qui n’a u jamais refusé créance à une tradition populaire. Cent ans « auparavant, Sidoine Apollinaire vivait sur les lieux; il ne « recueille rien de la bouche des habitants, et décrit sa « maison de campagne sans se douter qu’il y laboure un sol
DEUXIÈME PÉRIODE
« volcanique '. César se tait; Tacite garde le même silence; « Pline seul s’explique; mais c’est pour féliciter les Gaules « d’être exemptes de la fureur des feux souterrains. L’incen- « die a donc devancé de beaucoup les vingt siècles de notre « histoire; cependant les apparences préviennent tellement « le jugement que de fort bons esprits résistent encore à la » conviction •
Mais <i autant il est certain que les éruptions sont posté- « rieures aux derniers changements opérés à la surface de la « terre, autant il est vraisemblable qu’elles, ont suivi ces « changements de très-près et sont au nombre des événe- « ments qui signalèrent le commencement d’un nouvel ordre « de choses
« Si à cette époque notre espèce commençait d’exister, ou « si elle s'était conservée dans quelques lieux privilégiés, il « n’y a guère apparence qu’elle ait pénétré dès lors jusqu’à a urt coin de terre d’où les plus redoutables phénomènes « conspiraient à la repousser; et, dussions -nous .admettre « qu’elle s’v fût établie, les hommes étaient là dans l’état de « dispersion et d’avilissement qui précède la formation des « sociétés et que prolongent les fléaux de la nature s
« Le3 éruptions de l’époque antérieure ont en quelque « sorte tracé le chemin à nos volcans, qui ont éclaté de toutes « parts entre les lambeaux des basaltes et des laves feldspa- H thiques, embrassant le Puy-de-Dôme et les Monts-pores, le « Mézenc et le Cantal, se montrant partout, depuis la limite « du département de l’Ailier jusqu'aux confins de celui de u l’ Ardèche, et formant çà et là des chaînes continues dont la « principale a près de 40 lieues de longueur. Celle-ci naît à « la partie septentrionale du département du Puy-de-Dôme,
1. L'habitation do Sidoine Apollinaire était à Avitte (Aidât). Les lies du lac d'Aidat sont ducs it des courants de lave.
2. Ce passage de Hamond pourrait être regardé comme une prédiction de la dérouverte des ossements humains dans les tufs volcaniques de la Denise, prés du Puy (voyez d'Atrhiar, Leçons sur la (aune quaternaire, p. 44, t865).
FRANCE CENTRALE
« le partage dans toute son étendue et traverse celui du « Cantal en suivant une direction voisine de celle de la méri- « dienne. Elle se compose, dans le seul département du Puy- « de-Dôme, d'environ 70 montagnes, où l’on reconnaît encore « une cinquantaine de cratères, dont plusieurs d’une conser- « vation parfaite. Deux choses méritent d’être remarquées :
<( la multiplicité des bouches et leur arrangement en série « continue. »
Au lieu de points isolés que marquent les volcans actuels de l’Europe, au lieu d’un foyer circonscrit fournissant ou alimentant les éruptions successives, « dans nos volcans « éteints, poursuit Ramond, on est fondé à supposer une « traînée superficielle et horizontalement prolongée où le feu « a gagné de proche en proche, et marqué sa marche par des « éruptions progressives. Ce qui s'accumule ailleurs autour « d’un centre se distribue ici le long d’une ligne, d’où il « arrive que les déjections dispersées de nos cratères repré- « sentent dans leur ensemble les produits amoncelés des « autres volcans »
« Tout ce qu’on peut espérer d’établir pour la chronologie « de ces laves, c’est l’ordre des éruptions et la proportion « de leurs intervalles, sans qu’on en doive rien inférer ni « sur l’espace que cette série d’événements a occupé dans les « temps anciens, ni sur la distance de ces temps aux nôtres...»
« Entre les créations et les destructions qui ont fait naître « l’idée d’autant d’époques distinctes, nous ne voyons rien, « quelle que puisse être l’immensité des intervalles, car l’état « de calme et de conservation n’est que l’absence d’accidents « et le passage insensible d’un événement à l’autre. Nous « jouissons de l’un de ces intervalles, et le temps qui nous « entraîne si vite effleure à peine le séjour que la dernière « révolution nous a préparé. Ce qui a précédé la période « actuelle, voilà le passé de notre planète ; ce que cette même ci période embrasse demeure arrêté an présent dans les an- « nales de la nature.
DEUX! IÎME PÉRIODE.
« Les hommes inscrivent en passant quelques dates sur « cette page immobile; mais au delà de nos traditions, mais « du moment où les témoignages nous abandonnent, tout se « perd dans le vague d’une antiquité indéterminée, et les « degrés d’ancienneté n’ont plus de valeur appréciable, parce « que la succession des phénomènes n’a plus d'échelle qui a se rapporte à la division des temps. »
Vivara;» et Veiay — Les roches volcaniques du Velay et du Vivarais ont moins occupé les géologues de la (in du dernier siècle et du commencement do celui-ci que celles de l’Auvergne, dont nous venons de parler ; cependant leurs caractères essentiels et leur distribution géographique • ont été déterminés dans le môme temps avec une certaine exactitude. Si, au premier abord, elles n'ont pas donné lieu à des vues théoriques aussi intéressantes, c’est qu’elles n’offrent point dans leur aspect, dans leurs reliefs, dans leur composition, des différences aussi frappantes, des types aussi variés. Mais l’observateur qui les étudie attentivement ne tarde pas à reconnaître qu’elles sont tout aussi dignes d’intérêt.
Faujas de Saint-Fond. — Déjà nOUS aVODS VU Giraild-SoUlavie et l’abbé Roux s’occuper des produits ignés du Vivarais, mais Faujas de Saint-Fond, dans ses Recherches sur les volcans éteints du Vivarais et du Velay1, a donné une idée plus complète de leur répartition dans ces deux provinces. Cet ouvrage, où de nombreux dessins représentent les faits les plus importants, est sans doute plutôt pétrographiquc que géologique; c’est une protestation un peu matérielle peut-être contre les théoriciens de cabinet, mais, si l’on se reporte au temps, on reconnaîtra qu’il ne mérite pas l’oubli où il est tombé. Sa prolixité verbeuse, sa forme un peu familière ne doivent point non plus nous rendre injuste à son égard.
Faujas commence son livre par un discours sur les volcan s
1. In-fol., accomplit' de 20 planches de vues représentant les phénomènes volcaniques les plus intéressants, 1778.
FRANCE CENTR A L K.
brûlants. C’était la première fois que ce vaste sujet était traité à ce point de vue, et, si l’on songe que l’auteur était encore fort jeune, on trouvera que c’est un bon exposé de ce que l’on savait alors et qui ne doit point passer inaperçu. Puis viennent des mémoires particuliers sur \es sehorlcs, les zêoliihes et les basaltes. Arrivant après Guettard et Desmarest, l’auteur étudie encore fort en détail cette dernière roche, objet de la prédilection des lithologistes de l’époque et de la sienne en particulier. Passant enfin à l’objet particulier de son livre, Faujas suit un itinéraire bien tracé pour le but qu’il se proposait ; il part de Montélimart, traverse le Rhône, décrit les masses basaltiques de Rochemaure, gagne la partie sud des Coirons où les basaltes colonnaires de Chenavari, de Maillas de Montbruel qui dominent Saint-Jean-le-Noir, attirent successivement son attention. Les colonnades du pont de Bredon, les rives du Volant, près de Vais, lui démontrent que ces basaltes ont incontestablement coulé à l’état de fusion, qu'ils se sont répandus ainsi sur la place qu’ils occupent et qu’ils doivent leur structure prismatique à leur refroidissement. Guettard, qui avait étudié aussi ces mûmes points, modifiant sa première opinion, regardait alors les basaltes comme résultant de la fusion du granité et attribuait de même leur disposition prismatique à un effet du retrait lors de leur refroidissement'. Le cône volcanique delà Coupe ou du Colct d’Aiza, à un kilomètre d’Entraigue, le cratère du sommet dont le fond est rempli de pouzzolanes et de scories, la coulée de lave qui en descend, sa liaison avec les basaltes du voisinage, comme la superposition de toute la masse au granité de sa base sont des faits clairement exposés. Il en est de même de ceux que présentent à l’auteur les rives de l’Ardèche, au pont delà Baume, celles de l’Aulière, les environs de Thuyste, etc.
Dans le haut Vivarais, les environs de Pradelles montrent à Faujas les buttes basaltiques de l'Ermitage, de Chenelette,
t. Sté m- sur la minér. /lu Dauphiné, vol. I, p. t2S, 1719.
DEUXIÈME PÉ II IODE
d’Ardenne, où les masses se présentent plutôt sous une forme tabulaire ou irrégulière que prismatique, et, dans la dernière de ces localités, affectent une décomposition en boules extrêmement remarquables.
Le coup d’œil général sur les volcans du Velay, l’examen particulier des alentours du Puy, la position, les caractères et l'origine du rocher de Corneille auquel la ville est adossée, de celui de Saint-Michel, la présence de la pierre à plâtre, celle des calcaires sur la rive opposée de la Borne et les idées théoriques que ces derniers suggèrent à l’auteur sur la formation du gypse, sont des détails qui peuvent être encore acceptés aujourd’hui. Seulement, la présence de quelques moules de coquilles univalves dans les calcaires, et rapportées à des Buccins, lui fait attribuer à la mer un rôle qu’elle n’a jamais joué dans ce pays. C’est d’ailleurs l’erreur où l’on a vu que tombaient les géologues qui, dans le même temps, s’occupaient de l’Auvergne.
Dans le voisinage même de la ville, Faujas n’oublie rien de ce qui peut intéresser le naturaliste; ainsi, les basaltes et les orgues dExpailly, la montagne de la Denise, les rochers de Polignac sont successivement décrits; puis, étendant ses recherches au delà de ce centre géologique si curieux et qui plus tard devait le devenir encore davantage, il visite la montagne de Brives, la roche Rouge, et parcourt diverses parties du Mezenc, point culminant de tout le pays, et sans contredit aussi le plus intéressant sous le rapport des phénomènes ignés.
L’ouvrage de Faujas est terminé par des lettres qui se rattachent encore à ce sujet : telles sont celles de l’abbé de Mortesagne, qui reconnut le premier les roches volcaniques de Pradelles et de plusieurs autres localités du Velay, puis de Buffon, de Pasumot, d’Ozy, de Malesherbes, de Bernard, sur les volcans de la Provence, de Dolomieu sur les basaltes des bords du Tage, autour de Lisbonne, lettres qui toutes témoignent de l’estime dont jouissait le jeune géologue parmi ses contemporains.
FRANCE CENTRALE
Dans sa Minéralogie des volcans ou Description de toutes les substances produites ou rejetées par les feux souterrains *, le même savant s'est attaché à justifier le titre de son livre par des descriptions pétrographiques très-détaillées sur lesquelles, on le conçoit, nous n’avons pas à insister ici.
Le» Coin»». — Mormri Pencatî. — Malgré les faits observés et représentés avec soin par Faujas, on reconnaît de suite qu’aucune préoccupation de leur chronologie ne le dirigeait dans ses recherches, et le mémoire publié plus tard par Marzari Pencati*, sur l’oryctographie des Coirons, fit ressortir les omissions importantes du géologue français.
Après avoir esquissé la forme toute particulière de ce plateau volcanique, compris entre le Rhône à l’est, la plaine de Privas au nord et celle d’Aubenas au sud, puis la profonde découpure de ses bords , sa base calcaire , l’escarpement abrupt qui le limite vers le haut et les pentes adoucies de sa partie inférieure, Marzari décrit la partie méridionale du massif élevé de 200 mètres au-dessus du village de Saint- Jean-le-Noir, et qui présente, à partir de sa base calcaire, en couches régulières:
1° Poudingue à, cailloux de quartz et de granité enveloppés dans du sable, avec quelques fragments de basalte ;
2° Sable volcanique avec des fragments de lave , d’amphibole, et toujours stratifié ;
3° Laves scoriliées, poreuses ou non, contournées, légères ou très-pesantes ;
4° Coulée composée ordinairement de trois lits différents de basalte, tantôt en dalles horizontales inégales et tantôt en prismes verticaux, d’un autre basalte en masse continue ou colonnaire, enfin de laves poreuses.
La seconde de ces assises est la plus constante; leur épaisseur est très-variable. Le basalte atteint 27 mètres sur un point, 30 sur un autre, ou bien est réduit à 3 seulement.
t. ln-8", 178».
‘J. Corsa pel bacino del Dodano, etc., in K», Vicenta, 1800.
DEUXIÈME PÉRIODE
Les laves poreuses varient aussi de 2 à 30 mètres. Le tout fait d’ailleurs partie d’un seul et môme phénomène, dont il représente les diverses phases.
Au-dessus de ce premier ensemble vient une seconde coulée volcanique, dont les éléments sont disposés dans le môme ordre, et il paraît y en avoir eu ainsi quatre successivement produites. Chaque courant a été précédé d’une couche de conglomérat semblable à celle de la base (n° 1) et d’une couche de sable (n° 2). (tuant à la lave scorifiée (n" 3), elle n'est pas constante; mais, lorsqu’elle existe, c’est toujours sous la coulée de lave. Marzari n’a pu distinguer les points par lesquels sont sorties les roches basaltiques. L’assise inférieure est la seule qui se voie coupée à pic sur tout le pourtour du plateau ; les supérieures se terminent par des pentes en gradins gazonnés, et leur composition est difficile à déterminer exactement. L’épaisseur totale des trois on quatre assises complexes, à partir de leur base calcaire commune, ne dépasse pas 120 mètres'. Quant à l’origine des vallées qui séparent les nombreux promontoires rayonnant du plateau, l’auteur adopte l’opinion de Faujas, qui les regardait, avec raison sans doute , comme postérieures à l’épanchement des roches ignées.
Ce peu de mots suffit pour montrer la marche beaucoup plus méthodique de Marzari dans cette étude, dont nous ne reproduisons pas les détails, nous bornant à faire remarquer combien, de son temps, V Histoire naturelle de la France méridionale de Giraud -Soulavie était peu appréciée, car il dit que le public n’a pas besoin qu’on lui fasse des observations sur cet ouvrage prolixe, à l’égard duquel il s’est déjà prononcé si durement [su si cni egli ha già pronunciato si crudclmcnte). Les idées du savant abbé étaient donc venues avant le temps, au moins dans sa patrie.
Le Mexenc. — l. Cordîer — Quelques années après, L. Cor-