I. Bouts Estai grotouique sur l'Ecatu
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Dans la partie centrale et nord de cette même île de Mainland, on trouve, intercalées dans le gneiss, trois principales bandes calcaires dirigées presque N. -S., et, dans sa partie orientale, des bandes calcaires moins étendues; d’autres avec quartz et amphibole, se recourbant au N.-E. , alternent avec les schistes argileux. On observe également des bandes calcaires subordonnées au gneiss des petites lies Whalsey et Skerries. Dans la partie opposée ou occidentale de Mainland, au delà de la bande svénitique et épidotique dont nous avons parlé, se montrent le granité, puis un massif de quartzite gris bleuâtre, un autre de quartzite rouge, enfin, des grès et des gneiss faisant face aux côtes de la petite île de Papa-Stour, composée de grès , de conglomérats et de couches argileuses porphyroïdes et amygdaloïdes.
La partie nord-ouest de Mainland comprend une bordure de gneiss à l’est, un massif de syénite et de diorite au sud, circonscrit au nord et à l'ouest par le granité, puis un massif de roches trappéennes, feldspathiques et porphyriques, limitant la baie de Saint-Magnus au nord, comme les falaises de gneiss au sud et les rochers de Papa-Stour.
L’ile de Yell, au nord de Mainland, est entièrement composée de gneiss, tandis que celle d’Unst, la plus septentrionale du groupe, et celle de Fetlar, située au-dessous de cette dernière, montrent, appuyées au gneiss qui constitue leurs côtes occidentales, des bandes de serpentine, de roches dial— lagiques, de schistes chloriteux ou micacés alternants, et plus ou moins arquées dans le même sens ou à l’est.
Quant à l'île de Foula, fort éloignée à l’ouest du groupe principal, elle est en grande partie composée de grès et présente, le long de sa côte nord-est, une zone étroite de schistes argileux, de micaschistes, de gneiss et de granité, résumant ainsi à elle seule les principaux caractères de toutes les Shetland.
Observation* générale*. — Les divers groupes d’iles dont nous venons de nous occuper sont sensiblement allongés du
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N.-E. au S.-O., comme les parties de l’Ecosse qu’elles avoisinent, ou sur le prolongement desquelles elles se trouvent, et cette direction est sensiblement aussi celle des côtes et des Alpes de la Scandinavie. Mais si, au lieu de les considérer orographiquement ou géographiquement , nous avons égard aux caractères essentiels des roches et à leur origine, un fait particulier se révèle. On se rappelle la disposition du second groupe de Macculloch, composé des îles Hébrides, où dominent les roches trappéennes. Or ces roches ne suivent point au N.-E. les autres groupes; elles ne se conforment nullement à cette grande direction dos roches stratifiées plus ou moins anciennes; on voit, au contraire, qu’au sud d'Lsla et de Jura elles se représentent pour constituer des massifs puissants dans la partie nord-est de l’Irlande (comtés d’Antriin et de Londonden v), de sorte que l’alignement des massifs trappéens est sensiblement N. -S., et leur apparition n’a aucun rapport avec la cause des alignements généraux ou N.-E. Aussi est-ce en remontant directement au nord que nous trouverons, sur le prolongement exact du second groupe de Macculloch, un autre petit archipel trappéen, les îles Féroé, placées à peu près à demi-distance des Shetland et de l’Islande, mais se rattachant aussi par leur origine à cette dernière.
Féro«. — T. Attan. — Sir (î. Mackensie 1 avait déjà donné une relation de quelques faits géologiques observés dans ces îles: mais T. Allan5 en a donné une description plus étendue à laquelle nous emprunterons ce qui suit pour relier ce que nous avons dit du sud de l’Islande [mile, p. 80) avec les trapps des Hébrides.
Ce groupe, de 00 milles de long sur 40 de large, est exclusivement composé de roches ignées, sauf quelques couches de lignite» peu importantes qu'on y trouve subordonnées. Les variétés de trapps qui constituent ces îles sont désignées
ï. Transact. roy.snc. of Etlinbuvgh. vol. Ml. 1815,
‘2. Ibid., vol. VII, p. ‘251, 1X15.
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par l’auteur sous les noms de grecnstone, de greenstone porphyrique, umygdaloUle, de tuf trappêen et de porphyre schisteux. On y observe quelques dykes de basalte, mais nulle part cette roche ne se présente en nappes ni en colonnes prismatiques, comme dans les Hébrides, à Stalla, et sur la côte d'Irlande. Les assises formées par ces différentes roches courent uniformément du S. -S. -K. au N.-N.-O., avec une si faible inclinaison au S. qu’on ne la reconnaît qu’en embrassant une grande étendue de |>ays.
Le tuf trappêen est la roche la plus répandue dans ces îles. Le plus grand développement du grecnstone se voit à Zellatrac, dans file d’Osleroë, où l'assise, de même qu’à Fairhead, a 100 mètres d’épaisseur. L’aspect général des roches, par suite de leur disposition, est donc très-monotone, mais celui des montagnes qu’elles constituent est extrêmement sauvage et leurs formes très-abruptes. Aucune végétation arborescente ne croit dans le pays; les sommités sont coniques et atteignent 1000 mètres d'altitude. Les lignes des côtes offrent l'aspect le plus imposant par leurs immenses falaises verticales. Ainsi la face occidentale de Stromoô a de 300 à OOO mètres de hauteur; la falaise de Kodlen, promontoire nord-ouest d’Osteroë, présente une muraille exactement verticale de 3A3 mètres.
Dans ces roches la calcédoine se présente en masses irrégulières généralement arrondies, mamelonnées à la surface et offrant des zones concentriques à l’intérieur.
D’innombrables dykes ou filons traversent les nappes de trapps. Ce sont des greenstones grenus, formés en partie de concrétions prismatiques et presque tous perpendiculaires aux plans des assises. Beaucoup s’observent depuis la base jusqu’au sommet des montagnes et l’on en voit qui s’étendent d’une île à l’autre. On ne remarque à l’intérieur ni plaines ni vallées; toutes les surfaces, plus ou moins unies et en pente, ne permettent ni le séjour des eaux pluviales, ni l’accumulation d’aucun sédiment.
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L’inclinaison uniforme des assises trappéennes dans toutes ces îles, leur régularité et leur disposition symétrique ne laissent que difficilement apercevoir leur mode de formation, et l’on ne voit nulle part le point par où les matières épanchées ont pu arriver au jour. Les plus hautes montagnes sont aussi bien surmontées de nappes horizontales que les parties basses, et l’auteur avoue ne pouvoir se rendre compte d'une disposition aussi singulière.
Géologie générale — A. Boué — Enfin, comme pour résumer tous ces travaux, M. A. Boué a publié, vers 1820, son Essai géologique sur l'Ecosse1, dans lequel il a joint aux recherches de ses prédécesseurs de nombreuses observations qui lui sont personnelles. Après des considérations générales sur l’orographie et l’hydrographie de ce pays, il traite successivement de tous les terrains, depuis les granités et les schistes cristallins jusqu'aux dépôts d'alluvion; et, dans une troisième partie, qu’on pourrait appeler de géologie comparée, il recherche les analogies de ces divers terrains avec ceux d'autres pays tels que l'Irlande, l’Angleterre, la France, l’Allemagne, etc. Mais ici l'état encore trop peu avancé de la science ôte à ces généralisations prématurées beaucoup de leur importance. Dans une dernière partie l’auteur recherche l’origine, le mode de formation des divers terrains et des diverses roches, traite des veines, des liions et des accidents de toutes sortes qui ont affecté les systèmes de couches de ce pays.
Parmi les desiderata laissés par ses prédécesseurs, on pouvait signaler surtout une connaissance minéralogique plus approfondie des roches pyrogènes, désignées sous les noms vagues de trapp, de whinslonr, de grünstcin, etc., et de leurs relations avec l’ancienneté des dépôts stratifiés dans lesquels on les observe. M. Boué s’est efforcé de jeter quelque lumière
1. I vol. in-8°, sans date. Il semble avoir été écrit vers 18*20, et d’un auti? cftté on trouve en tétc un Addenda mentionnant un fait signalé en 1831 »•* d'autres se rapportant à l'année 1824.
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.sur ces deux questions restées obscures et nous parait y avoir réussi dans beaucoup de cas, en mettant la terminologie de ces roches en harmonie avec celle usitée de ce côté du détroit et en commençant à distinguer les roches trappéennes et feldspat biques accompagnant les poudingues- et les grès rouges d'avec les basaltes, les dolérites et autres roches pyroxéniques plus récentes. Si d’un autre côté la classification des grès rouges, des schistes argileux, des grauvvackes et des grès houillers laissait encore beaucoup d’incertitude, c’est que ce fut seulement quinze ans plus tard que la lumière se lit sur ce sujet si complexe.
Résumé. — Lue petite carte géologique d’ensemble de l’Ecosse et des îles voisines et une autre orographique et hydrographique complètent utilement ce travail, qui montre qu'alors cette partie nord des îles Britanniques était, sous le rapport géologique, tout aussi avancée que la partie sud.
L’hcosse avait donné lieu à d’excellentes monographies, avait vu naître des idées théoriques élevées et originales etassisté à des expériences d'un vil’ intérêt pour les appuyer; sous ce dernier rapport elle l’emportait sur l’Angleterre. En outre la science y avait suivi une marche toute différente; s'appuyant d’abord sur les principes de Werner, dont elle adoptait la terminologie, elle s’attacha ensuite à démontrer, par l'étude des faits, la réalité de la théorie opposée de .llutton. La Société nemérienne , la Société philosophique, puis la Société royale d'Edimbourg ne firent pas moins pour elle que n’avaient fait la Société royale et la Société géologique de Londres. Ainsi, de chaque côté de cette petite chaîne des monts Cheviots.'la géologie a marché d’une manière complètement indépendante, et, comme on vient de le voir, non moins fructueuse au nord qu’au sud.