‹ Géologie et paléontologieChapitre 88 sur 190 · CI. A SRI FIC \ Tl «N · texte numérisé non relu

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On a vu ce que Werner, puis ses disciples et ses continuateurs, entendaient par terrain de transition ou intermédiaire, et les travaux publiés de 1820 à 1830 jetèrent peu de lumière sur cette grande série de roches qui avaient immédiatement succédé au terrain primaire en le recouvrant sur une infinité de points.

Le Manuel géologique de II. T. de La Bêche, qui parut en 1830, fut en quelque sorte la dernière expression de l’état de choses, on pourrait dire chaotique , qui existait encore à cet égard.

Vers ce temps, on essayait en France d’établir une première division très-rationnelle dans l’ensemble des couches comprises entre les dépôts houillers et les schistes cristallins. MM. Dul'rénoy et Élie de Beaumont, chargés d'exécuter la 'carte géologique de notre pays, y reconnurent un grand caractère stratigraphique : savoir, l’existence de deux directions principales flans les strates qui les constituent , les uns étant dirigés, E. 25° N., à l’O. 25° S., les autres, E. 15° S., à l’O., 15° N. Ces directions, qui traduisaient des phénomènes physiques importants et distincts, pouvaient, on le conçoit, servir à caractériser deux séries de dépôts différents. Les premiers étaient les plus anciens, les seconds avaient précédé l’ère carbonifère ou mieux celle de la houille proprement dite.

TERRAIN DE TRANSITION

Mais ce résultat, tout utile qu’il fût, ne pouvait que trèsdiflicilement dépasser, dans l’application, la limite du champ observé par les géologues qui l'avaient obtenu, et de plus il ne laissait pas entrevoir le moyen de bien caractériser les sousdivisions qu’une succession si considérable de couches devait nécessairement comprendre. Il fallait des conditions plus favorables que celles où ils se trouvaient placés pour qu’on pût appliquer à ces roches anciennes les principes que W. Smith. W. Ruckland et Alex. Brongniart avaient, comme on l'a vu, déduits de l'étude des dépôts secondaires et tertiaires. Si ces principes étaient vrais, s’ils n’étaient pas le résultat de circonstances locales ou de faits mat observés, l’examen approfondi du terrain de transition devait les confirmer, et ils devenaient alors de véritables lois. Les autres moyens de classification ou de coordination chronologique étaient par cela même d’une utilité secondaire ou restreinte à des questions de détails, et les dénominations de terrain ardoisirr et de terrain anth.ra.rif ire, employées plus anciennement par M. d’Omalius d’Halloy, étaient sujettes aux mêmes objections.

Ce fut en 1830, dans l’ouest de l’Angleterre, particulièrement dans les comtés de Herford, de Radnor et de Shorpshire, que M. Mtirchison, étudiant les assises inférieures au grand étage désigné sous le nom de rieux gris rouge , reconnut qu’elles renfermaient des fossiles entièrement dillérents de tous ceux des roches placées au-dessus.

En continuant ses recherches, il put, deux ans après, y' tracer quatre divisions, caractérisées cliacnne par des fossiles particuliers. Ces divisions, groupées deux à deux, formèrent deux séries principales, l’une inférieure . l’autre supérieure , plus facilement applicables à la géologie des régions éloignées. Enfin, en 1835, M. Murrhison désigna cet ensemble de dépûts sous le nom de système silurien, d’après la région où ils étaient le mieux développés, et qu’habitaient anciennement les SYbrrr»-.

Les quatre divisions qui te composaient reçurent également des dénominations locales qui furent, suivant leur

CLASSIFICATION

ancienneté relative, de bas en haut : les étages de Uandeilo , de Caradoc, de Wenlock et de Ludion-, Cette classification lut ensuite accompagnée de tous les développements et de toutes les preuves stratigraphiques et paléontologiques dont elle était susceptible dans l’important ouvrage que publia M. Murcbison en 1839, sous le titre de Silurian syslem.

M. Sedgwick, en dirigeant ses recherches flans le pays de Galles et le nord de l’Angleterre, y reconnut une autre série de couches jugées plus anciennes encore, à laquelle il donna le nom de système cambrien (1836). Mais ses caractères paléontologiques avaient été d’abord mal appréciés, et plusieurs de ses assises durent, par la suite, remonter dans les divisions établies par M. Murcbison, tandis que d’autres leur restèrent décidément inférieures, surtout celles dans lesquelles on n’avait pas jusque-là rencontré de fossiles. Plus tard, en I8/|5, des restes organiques ayant été découverts dans certaines couches , placées entre l’étage de Llandeilo et ce même système cambrien , obligèrent d’introduire un nouveau terme à . la base du système silurien. Cette division se trouva bientôt pleinement justifiée par la découverte que M. J. Barrande fit en Bohème d’une faune beaucoup plus riche, mais offrant les mêmes caractères essentiels, occupant la même position, et qui ne tarda pas à être constatée plus au nord, dans la presqu'île Scandinave.

De 1837 à 1839, MM. Sedgwick et Murchison, après avoir fait des observations comparatives dans le Devonshire, et guidés par les déductions paléozoologiques de M. Lonsdale, furent amenés à des conclusions plus inattendues peut-être que les précédentes : c'était la démonstration de l’existence d'un représentant, jusque-là méconnu, de cette grande assise du vieux grès rouge dont nous avons déjà parlé , mais avec des caractères minéralogiques très-différents et des fossiles qui n’étaient pas connus non plus flans ce même grès. Ces fossiles indiquaient, par leurs formes générales, des types intermédiaires entre ceux du système silurien qui les avaient

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précédés et ceux du système carbonifère qui les avaient suivis. Ces déductions, étendues ensuite par les auteurs au Bas-Boulonnais, à la Belgique, à l’Eifel, aux provinces rhénanes, au Fichtelgebirge et au Harz, révélèrent tout un ensemble de dépôts reliés par des caractères communs, et qui reçut alors, en y comprenant le vieux grès rouge de l'Angleterre et de l' Écosse ( old red sandstone), le nom de système dévonien.

Enfin, MM. Murchison, de Verneuil et de keyserling, ayant consacré les étés de 1840 et 41 à parcourir la Russie d’Europe et les deux versants de l’Oural , remarquèrent que les sédiments appuyés au pied occidental de cette chaîne, et placés entre les roches secondaires proprement dites et la série carbonifère à laquelle ils se rattachaient par la présence de certaines formes organiques, offraient un développement beaucoup plus complet que les dépôts correspondants ou contemporains connus en Allemagne sous les noms de grès rouge ( rothe todt Licgende), de schistes cuivreux et de zechstein, en Angleterre sous ceux de calcaire magnésien [magnesian limrstone) , de conglomérat, etc., et ils n'hésitèrent point à désigner le tout sous le nom de systètne permien, emprunté au gouvernement de Perm, où ces couches acquièrent une très-grande importance. Les caractères de leur flore et de leur faune, qui déjà avaient engagé M. Deshayeset M. Bronn (1835) aies rattacher plutôt aux dépôts carbonifères sous-jacents qu'à ceux du trias au-dessus, déterminèrent aussi les géologues que nous venons de citer à adopter le même rapprochement.

C’est ainsi que fut définitivement constituée, dix ans après les premiers essais de sir R. Murchison, et environ cinquantecinq ans après ceux de Werner, cette grande unité complexe à laquelle nous conservons la dénomination de terrain de transition ou intermédiaire, dénomination peu importante en elle-même, mais qui a sur les autres l'avantage de l'ancienneté et de ne rien préjuger. Ce terrain comprend donc aujourd’hui les systèmes cambrien, silurien, dévonien, cnrboni-

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CLASSIFICATION

fïre et permien, avec leurs principales sous-divisions, comme les représente le tableau ci-dessous :

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