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Caradoe ou de Bala, 332; c’est le premier mu. rima. Dans le groupe intermédiaire de Llandovery, le nombre des espèces s’abaisse à 193; il se relève à 3*22 dans celui de Wenlock, second maiima, pour diminuer encore, dans celui de Ludlovv, à *23(5, et retomber à 20 seulement dans les lile-stones ou second minittut qui précède à son tour un nouveau développement de la vie, celui de la période dévonienne.

Ces modifications dans la richesse de la faune ne se reproduisent pas de la même manière lorsqu’on vient à considérer séparément les classes, les ordres ou les familles. Ainsi, les polypiers s’accroissent sans intermittence du groupe de Llaudeilo à celui de Wenlock , on ils atteignent leur maximum de développement, pour diminuer très-brusquement dans celui de Ludlow. Les crustacés , qui forment à eux seuls plus de la moitié de la petite faune des dalles à Lingules, atteignent, au contraire, leur maximum dès le groupe de Caradoe, diminuent très-sensiblement dans celui de Llandovery, se relèvent un peu pour se maintenir au même niveau dans ceux de Wenlock et de Ludlow, et, dans les tile-stones, constituent encore la moitié de leur faune si réduite. Les brachiopodes , représentés dans les sept étages, suivent un développement analogue à celui des polypiers , mais plus graduel et plus régulier. Enfin les céphalopodes , après avoir éprouvé une diminution de moitié dans le groupe de Llandovery, atteignent leur maximum dans celui de Ludlow, ce qui n’a lieu pour aucune des autres divisions «oologiques.

Si nous envisageons maintenant la distribution des espèces communes à plusieurs étages, nous trouverons que sur 198. ou un peu moins du quart du total, 128 sont communes à deux étages, 53 à trois, 15 à quatre et 2 seulement à cinq ( Stenopnra ftbrosa et Orthis elegunhda), depuis l’étage de Llandeilo jusqu’à celui de Ludlow. Ainsi, aucune espèce connue n’a vécu pendant toute la période silurienne.

Cette marche inégale du développement de la vie pendant la formation silurienne d'Angleterre n’est point un fait parti-

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culier à cette période ni à ce pays ; c’es! au contraire la règle de tous les temps et de tous les lieux. Partout nous trouvons des oscillations analogues et partout la preuve qu’il n’y a point eu de destruction complète de toute une faune à un moment donné, ni ensuite création d’une faune entièrement nouvelle.

France. — On a déjà vu que les auteurs de la Carte géologique de la France avaient, par l’observation de la direction des couches, reconnu deux grands ensembles de dépôts dont ils avaient publié la description dans le premier volume de l’ Explication de cette Carte. Il nous serait impossible de donner ici une idée satisfaisante du grand travail de MM. Dufrénoy et Ëlie de Beaumont, exécuté avant l'établissement de la classification complète du terrain de transition, telle qu’elle résulte des recherches faites depuis dans d’autres parties de l’Europe. Nous devons donc nous borner à mentionner les récentes applications qui en ont été faites pour retrouver, dans certaine partie de notre pays, les représentants exacts de quelques-unes des divisions établies dans les états voisins.

Des études ultérieures pourront compléter la séparation de ces divisions qui, sur cette carte géologique de la France, sont comprises sous les désignations de terrain de transition inférieur , moyen et supérieur , le premier correspondant au système cambrien, le second au système silurien, le troisième au système dévonien.

Le travail qui a sans doute le plus eflicacement contribué à cette coordination est la coupe faite par M. de Verneuil avec le concours de M. Triger, lors de la réunion de la Société géologique au Mans en 4850. Cette coupe, qui s’étend de Silléle-triiillaume à Sablé, comprend la série des formations silurienne, dévonienne et carbonifère fort bien caractérisées à la fois par leurs fossiles -et leurs relations stratigraphiques.

Près de Sillé, un grès blanc feldspathique ou une arkose S'appuie sur le porphyre, puis viennent au-dessus un calcaire siliceux, un schiste argileux , un calcaire magnésien et un

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conglomérat à pà!e schisto-talqueuse, le tout jusqu’à présent sans fossile, et pouvant être rapporté au système cambrien ou à la base du silurien. La grande assise schisteuse de Parennes, qui règne ensuite, renferme de nombreuses traces organiques. C’est l’horizon des schistes-ardoises exploités au sud d’Angers et qui se prolongent à l’O.-N.-O. à travers une grande partie de la Bretagne par Bain, Poligné, la Hunaudière, Châteaulin, et qu’on retrouve au nord avec les mêmes fossiles à Vitré, Siouville, Cherbourg (Manche), Bomfront (Orne), etc. C'est enfin le représentant des schistes de Built et de Llandeilo dans le pays de Calles. Les fossiles, étudiés surtout par M. de Verneuil et par M. Marie Rouault, sont particulièrement des Trilobites : Calymene Trittlani , ('. Arago , C. Verneuitt. Asaphns Gnettardi , Ogygia Desnmresti , Ilia-nus gigantrus. ! . Beaumont i , Aeidaspis Burhii, P/mrops ( Dtdmtmia ) socialis, P. Dujardini , Placopuria Tournemini, Cheirurus clariger, I.ichas Heberti , Trinucleut Pongcrardi, etc., crustacés qui montrent plus d'analogie avec ceux des couches du même âge en Espagne et en Bohême qu’avec ceux des îles Britanniques.

Les assises suivantes sont des conglomérats, des grès siliceux rouges et blancs, avec des couches subordonnées d’ampélite remplies de Graptoliles rolonus et testis, que nous retrouverons en Suède et en Amérique. Les grès siliceux ont leurs équivalents entre Rennes et Fougères (Ille-et-Vilaine), à Jurques et à May (Calvados). Contemporains du groupe de Caradoc, ils y renferment le Bellernphon bilobatus, le Conularia pyramidata , des espèces de Dahmmia , Y Havuilonolus Brongniarti , Y IL rara , espèces de Bohême et d’Espagne. YOrthis rcdu.r, se rattachant ainsi aux schistes sous-jacents.

Une seconde assise d’ampélite est accompagnée de boules de calcaires noirs avec Graptoliles priodon , quelques Orthocératites {(). pelagium et gregarium) et la Cardita interrupta. Ce dernier fossile se trouvant, en Angleterre comme en Suède et en Bohême, dans des schistes inférieurs à la faune du

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groupe de Wenlock, M. Murchison pense que la division silurienne supérieure manque en France, ou la série générale se montre comparable aux localités de l'Allemagne et de la Russie, dans lesquelles le système dévonien succède immédiatement au système silurien inférieur. Ces calcaires noirs à ampélites sont d'ailleurs connus depuis longtemps à Saint- Sauveur (Manche), à Feuguerolles (Calvados), à Saint-Jeansur-Erve, à Saint-Aubin de Loquenav (Sarthe), et les assises qui leur succèdent sont, comme nous le verrons, dévoniennes.

Nous venons de dire que dans cette coupe les assises inférieures aux schistes à trilobites étaient sans fossiles; mais en Bretagne, dans le Cotentin et dans le Bocage normand, on peut trouver l’équivalent du groupe de Potsdam représenté par des schistes rouges, des grès et des poudingues. Les grès à Sml il h us linearis , J. Hall ( Tigilli/es , Mar. Rou.), à Linguies et bilobites [Frima, Mar. Rou., Cruzianites , d’Orb.)de Bain, de Montfort-sur-Meu, Pont-Rean, Guichen et probablement ceux de Gahard, avec ces nombreuses empreintes de formes bizarres, forment un horizon constant dans tout l’Ouest, et l'on doit y rapporter les grès A empreintes bilobées de Vauxd’ Aubin, près d’ Argentan, sortes de Cruziana, ceux du Roule à Cherbourg, avec ces mûmes Scolithes et Linguies, ceux de Montebourg, de Montcastre, de Mortain, au sud, et des environs de Falaise (Calvados), ceux de Saint- Léonard (Sarthe), etc. 1

Dans le midi de la France, un petit nombre de points ont offert des traces de faune silurienne. Ainsi, à Nielliez, près de Pezenas (Hérault), MM. Fournet et Gralf ont fait connaître une suite de couches dont les fossiles, suivant M. de Verneuil, représenteraient, quoique sur une bien petite échelle, les faunes silurienne, dévonienne et carbonifère. Les schistes

I. Voy. P. Dilimicr, Bull. Soc. gé ol. de France, : 1 * sér., vol. XIX, p. 910, 1803. — /d. vol. XX, p. 120, 1803. — Stratigraphie du terrain primaire du Cotentin , 1800. — Boimscnt, Essai géol. sur te départ, de ta Manche (Ment. Soc. des sc. nalur. de Cherbourg, vol. IX, 1803).

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verts y ont offert de grands Asaphus, puis d’autres couches avec des fossiles siluriens inférieurs, et plus haut des bancs avec Graptolites et Cardiola inlerrupla.

Enfin, dans les Pyrénées françaises, la distinction du système et des groupes est encore plus obscure; sur quelques points ont été citées des assises avec (iraptolites, Cardiola inlerrupla , Orthoceratilea bohemicum et gregarium , mais aucune- trace de la division inférieure n’a été signalée, et jusqu'à présent il semble que la plus grande partie des schistes et des calcaires marbres qu’on y exploite appartiennent au système dévonien.

Espagne. — Quelques travaux avaient été exécutés sur le terrain de transition du sud de l’Espagne par M. Leplay, mais ce n'est réellement que par suite des recherches continuées pendant plus de dix aimées consécutives par M. E. de Verneuil, accompagné de M. E. Collomb et de quelques autres géologues, puis par cellesdeM. Casianode Prado et d’A. Paillette, que les divers termes de ce grand ensemble de dépôts nous sont aujourd'hui connus. La Carte géologique de l'Espagne et du Portugal, publiée en 1S04 par les premiers de ces savants, nous en montre la distribution géographique à la surface de la Péninsule, comme les descriptions publiées antérieurement nous en indiquent les caractères pétrographiques et paléontologiques.

D’après cette carte, le système silurien, en y comprenant les schistes cristallisés métamorphiques de la Sierra-Nevada au sud, occuperait près d’un tiers de la surface totale de la Péninsule. Ainsi, dans les Pyrénées, il forme une large bande un peu arquée, dirigée au N.-O., et coupant l’axe de la chaîne en écharpe de Campredon sur son versant sud à Argelez. au pied de son versant nord. Une surface silurienne considérable s’étend de la côte nord de la province d’Oviedo, au sud, dans celle de Salamanque, où elle s’appuie contre la chaîne primaire du Guadarrama, à l'extrémité orientale de laquelle se trouve encore un autre massif du même âge. Dans la partie méri-

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dionale, un vaste triangle est formé île roches contemporaines, entre üporto, au N. -U., le cap Saint-Vincent au S., et Aleasaz à l’extrémité orientale de la Sierra-Morena, interrompues çà et là par des îlots de gneiss et de granité ou par des lambeaux tertiaires. Vers le centre, plusieurs bandes, dirigées N. -O., S.-E. dans les provinces de Terruel, de Catalogne, de Logrogno, et d’autres courant N.-E., S. -O. dans celles de Tarragone et de Barcelone, complètent cette répartition.

Presque partout les roches appartiennent , par leurs fossiles, à la division inférieure du système. Dans la Sierra- Morena et les montagnes de Tolède, ce sont des schistes noirs qui se délitent facilement et où domine le Calymene Tristuni, avec d'autres trilobites ( Illœnm lusitanien» ou Sulteri, Asaphus nobilis , Calymene Arugo, Pliarops sorialis, P. Dujardini, Dalmania sorialis et Phillipsii , Tri nucléus Goldfussi, Homalonotas rarus. Placopariu Tourncmini), l’ Orthorerat iles duplex , le Bellerophon bilobatns , le Bédouin Deshayesiana , et quelques Graptolites. Beaucoup de ces fossiles se trouvent, ronune on l’a vu, dans les schistes à trilobites de l’ouest de la France , d’autres dans les couches du même âge en Bohême, tandis que le Bellerophon et l’Orthocératite caractérisent aussi la division inférieure du nord de l'Europe, de la Scandinavie et de l’Angleterre. M. C. de Prado a fait voir que c'était à cette zone qu’appartenait le riche gisement de cinabre d’Alinaden.

Si quelques roches siluriennes supérieures existent en Espagne, ce serait seulement, comme en France, des schistes noirs, avec des houles de calcaire^ noirs, renfermant des Graptolites, Y Orthorerat ite» bohemirum . 10. xtyloidum et la Carditu interrupta. signalés aussi dans la Sierra-Morena, puis sur la pente sud des Pyrénées prés d’Ogasa, de Saint- Jean-de-la-Abadessas et sur le versant sud de la chaîne de Girone h Barcelone, où des Orthocératites ont été trouvés par S. P. Pratt.

. En gisement très-singulier de la faune la plus basse, celle

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de Potsdam, a été signalé en 1861) par M. G. de Prado dans la province de Léon, sur le versant méridional de la chaîne Cantabrique. Ce sont deux bandes de calcaire rouge, de 40 mètres d'épaisseur, comprises entre de puissantes assises de grès ferrugineux, verticales, parfaitement concordantes et regardées comme dévoniennes, auxquelles succèdent d’autres assises plus récentes du même système, recouvertes par les couches carbonifères; de sorte que toute la série silurienne serait représentée par sa faune la plus ancienne seulement et placée encore dans une position très— difllcile à expliquer. Sur 17 espèces déterminées par MM. de Verneuil et Barrande, il y avait 7 trilobites dont 3 [Conocephalites Sitlzeri, C. coronatus. Arionellus cetirep/uiliu) sont propres à cet horizon en Bohême. Le genre Paradoxide' s'y trouve aussi exclusivement, puis 2 Agnoslus indéterminés; les genres Lcpcrdilia et Cupulus n'avaient pas encore été rencontrés dans des couches aussi basses. Les trilobites, relativement moins nombreux ici que dans les autres gisements du même âge, ne forment que les 2/5 du total, et les brachiopodes sont représentés par 5 espèces dont 1 Discina et 3 Or llu's, comme le Trorhocystites bohcmicus représente le groupe des cystidées parmi les radiaires.

Les riches mines de galène argentifère près de Garthagène, datls la Sierra-Almagrera, de la Sierra de Gador, au pied sud de la Sierra-Nevada, se trouvent dans des roches cristallines métamorphiques traversées de roches dioritiques que M. de Verneuil ne rapporte qu’avec doute au système silurien, et qu'il ne serait pas éloigné de regarder comme beaucoup plus récentes, peut-être même triasiques.

Portugal. — I). Sbarpe a signalé, près d’Oporto, des roches siluriennes inférieures, très -redressées, exploitées comme ardoise et renfermant les fossiles des couches correspondantes d’Espagne, de France, avec quelques-unes d’Angleterre. Par suite d'un renversement, les couches carbonifères avec des empreintes île plantes semblent passer dessous. Ges couches sont comprises entre deux rangées de roches éruptives : l'une

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de granité porte la ville d’Oporto, l’autre à l'est est syénitique.

\I. C. Ribeiro, chargé de la carte géologique du Portugal, a expliqué depuis la position anormale des assises carbonifères précédentes et a fait voir que les roches schisteuses de lachaîne de Busaco, prolongement de celles de Vallongo, près d’Oporto, renfermaient le Trinucleus Pongerardi , le Calymcne Tristani , le C. Arago de la Bretagne, avec le Pluirops soeialis de la Bohème. Ces couches paraissent être surmontées, vers le milieu de la chaîne, par des schistes ferrugineux endurcis qui représenteraient le grès de May (Calvados) ou de Caradoc. Enfin, un schiste argileux bleuâtre, avec Graplolites ludemis , Cardiola interrupta , Orlhoçeratiles et d'autres mollusques, représenterait ici, comme en Espagne et en France, le terme le plus élevé de la série silurienne que recouvre transgressivement la formation carbonifère du pays.

Sardaigne. — Pour compléter ce qui se rattache à cette formation dans le sud de l'Europe, nous dirons encore que les études d’A. de la Marmora dans l’île de Sardaigne, et. les déterminations zoologiques de M. Barrande y ont constaté, dans la partie méridionale , l'existence de couches siluriennes inférieures, caractérisées par les Orthis lusitanien, lestudinaria et vespertilio , et de couches supérieures avec les Orthoceratites ibex et grfgarium, la Cardiola interrupta, une Avicule,’etc., au-dessus desquelles s’étendent des lits d'anthracite avec les plantes des dépôts carbonifères.

Région de* Aipe*. — La grande région des Alpes doit sans doute renfermer quelques équivalents de ce système, mais l’état très-altéré des couches permet rarement de les reconnaître. Néanmoins, sur son versant nord, à Dieten, près de Werfen , f Orlhoçeratiles gregarium , la Cardiola interrupta , le Cardium anomale, annoncent des assises supérieures analogues aux précéden es.

Ardenno. — Si , remontant au nord pour gagner ensuite l’Allemagne centrale, nous recherchons les affleurements de

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ia formation silurienne , nous les trouverons bien développés dans l’Ardenne, sur la frontière de la France, en Belgique, et se prolongeant un peu dans la Prusse rhénane. Ils constituent plusieurs massifs entourés de couches dévoniennes et dont les principaux sont celui de Rocroy qui, dans le sud de l’Ardenne, s’étend d'Hirson à Louette-Saint-Pierre, et celui de Stavelot qui, au nord, s'étend de Dochamps à Schevenhutte (Prusse). Ces deux massifs sont composés de schistes ou phyllades, de roches quartzeuses ou quartzites pénétrés de nombreux filons de quartz blanc ou laiteux, et sur un point de roches d'apparence ignée. Les ardoises exploitées de temps immémorial sur les communes de Fumay, de Deville, de Rimogne et de Monthermé dans le massif du sud sont, comme on sait, fort estimées. Jusqu’en 1860, aucun fossile déterminable n'avait encore été trouvé dans ces couches, dont l'âge ne pouvait être par conséquent regardé comme absolument connu, et les petites divisions qu'on avait essayé d'y établir n’avaient, par cela même, aucune importance réelle. Mais les recherches de MM. Gosselet et G. Dewalque, dans les roches inférieures qui encaissent, au N. dans le Brabant et au S. dans le Condros, le bassin bouiller de Namur, y ont fait découvrir à Grand-Manil, près de Gembloux, d’une part, et à Fossç de l’autre, des fossiles incontestablement siluriens inférieurs, particulièrement des trilobites ( Trinucleus , llomalonolus, Lichas, tncrinurus , Zethns, Dalmaniics, etc.), le Lcptwna depressa , 5 espèces A'Orthis, des Graptolites, l’ Halysitcs catcnuhfria, etc.

Massif du Han. — La grauwacke des anciens géologues, qui constitue la plus grande partie du Ilarz, entourant le massif granitique central, avait été d’abord rapportée au système dévonien par MM. Sedgwick et Murchison; mais depuis, le second de ces savants a reconnu, dans la partie occidentale de la chaîne, des roches plus anciennes devant appartenir à la formation silurienne supérieure. Les fossiles recueillis et décrits par MM. Ad. Roemer et G. Giebel ont montré que, sur 96 espèces, 5 seulement étaient dévoniennes, 2 communes

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§HS systèmes dévonien et silurien, et 18 identiques avec des espèce siluriennes supérieures de la Bohème. La présence du Graplolite « pn'adon ajoutait encore à la valeur prédominante de ces dernières.

s»xe. — Dans la Saxe, le Thuringervvald et les provinces voisines, les travaux de MM. Naumann, Cotta, Geinitz et Pichter ont mis hors de doute l'existence du système silurien et même de plusieurs de ses divisions comparables avec celles de l’Angleterre, aihsi que M. Mure bison a pu le constater; mais, sans nous y arrêter davantage , nous croyons plus utile de présenter une esquisse du bassin de la Bohême, qu’a si bien exploré M. J. Barrande et devenu, par suite de ses recherches, un terme de comparaison extrêmement précieux pour le système silurien de l'Allemagne et tnème de contrées plus éloignées.

Bohème. — La disposition régulière du bassin et l'ordre suivant lequel les dépôts y sont rangés concentriquement étant des circonstances très-favorables à leur étude, M. Barrande y a reconnu trois faunes principales, comprenant huit subdivisions locales, dont une coupe, dirigée S.-E., .N. -O., de Przibrara à Beraun, met en évidence les relations stratigraphiques. Le bassin dont les parois sont formées de gneiss, de granités et de porphyres, comprend, dans son intérieur, des bandes successives se correspondant de part et d’autre de sa partie centrale vers laquelle les couches plongent de toutes parts, sauf celles du milieu ou les plus récentes qui sont simplement arquées en fond de bateau ; de sorte que ces innombrables assises siluriennes s’emboîtent les unes dans les autres comme une série de vases de plus en plus petits, et dont on voit les bords relevés aflleurant successivement à la surface, lorsque du centre on rayonne vers sa circonférence.

Comme dans les lies Britanniques, dit sir B. Murchison, à qui nous empruntons cette analyse, parce que, ayant lui-même étudié le pays, il pouvait, mieux qu'aucun autre, apprécier le • travail de M. Barrande, au gneiss et au granité succèdent de

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puissantes assises de schistes, de conglomérats et de grès sans fossiles, que nous avons rapportés au système cambrien.

L'assise fossilifère la plus basse qui leur succède, composée de schistes argileux (étage C de l’aliteur), renferme un ensemble de débris organiques qui correspond aux couches à Lingules de l'ouest, mais dont M. Barrande avait le premier fait sentir toute l’importance. Cette faune, qu’il a désignée sous le nom de primordiale , c'était, en effet, alors la plus ancienne connue, est surtout caractérisée par certains genres de trilobites ( Paradoxides , Conocephalus , Ellipsorcphalus , Sa o et A gnostus ) associés à quelques Orthis , à quelques cystidées, à des ptéropodes (Thera, etc.) ’.

La division suivante (étage I) de l’auteur), représentant particulièrement le groTipe de Caradoc, comprend des schistes et des quartzites remplis d'empreintes de Trinurlcm , à'Ugygia, d' Asapluis , d’Illarnus et de beaucoup d'autres trilobites. Parmi les brachiopodes, les Orthis, parmi les crinoïdes, les cystidées impriment encore à cette portion du système le ni une caractère paléozoologique que nous avons signalé plus à l'ouest et que nous retrouverons dans la Scand navie, la Russie et l'Amérique du Nord. La ville de Prague est assise sur ce terme de la série.

La base de la division silurienne supérieure (étage E de l'auteur) est composée de schistes noirs à Graptolites avec plusieurs strates de diorite et de trapps intercalés, puis viennent au-dessus des calcaires argileux gris, dont les fossiles indiquent sullisamment le niveau ( Cardiola intcrrupta , C. fibrosa , Phragmoceras ventrieosum. P. armatum ( Cylhoce -

I. Aux environ» de Hof, en Bavière, M. Barrande a reconnu, d’après des* échantillons que lui avait adressés M. Gümbel, qu’il existait une faune du même Age que celle-ci. Néanmoins ses types propres [Conoceplialites et Olenus) y sont associé* aux Calymeney lllœnus et Chpirurux de la faune suivante, indiquant un passage entre les deux et justifiant la réunion de la première au système silurien. Sur 22 espècos de cette localité, une seule se retrouve en Bohème, de sorte que les eaux, quoique très-voisines, devaient être déjà complètement séparées par la chaîne cristalline que nous voyons aujourd’hui.

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