‹ Géologie et Sources Minérales et Thermales de la Savoie: Source de l'Échaillon en Maurienne (Examen des Eaux et des Sédiments)Chapitre 30 sur 36 · SAS · texte numérisé non relu

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Disposition schématique pour la mesure

” des gaz sur place.

(D’après A. CHevaLLier)

Des récents travaux de M. le Docteur Cho lee il résulte que l’eau de la Source Chaude possède en RUÉREN TN de radium une activité de 0,36 nilliruts crocuries par litre, à l'émergence.

Les gaz libres, en abondance à cette dernière source, retinrent l'attention de M. Chevallier. Il les

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mesura sur place, au moyen d’un dispositif spécial évitant le mélange avec l’air du bassin : une cloche en tôle recouvrant le griffon était reliée par un tube mince parfaitement étanche, long de 5 m. 50, à un flacon laveur contenant de l'acide sulfurique. De suite après le flacon laveur était un cylindre déperditeur surmonté de l’électroscope. Dans ces conditions, un litre de gaz renfermait 11,5 millimicrocuries d’émanation de radium. A distance, après transport, le résultat obtenu était de 11,15 millimicrocuries.

Les Sédiments des eaux de l’'Echaillon se révélèrent, dans une étude comparative faite par M. Blanc, les plus puissants parmi ceux des eaux de la Savoie. La radioactivité fut déterminée par la chute de potentiel en volts subie en une heure par l’électromètre, soumis à l’action de 10 gr. de la substance desséchée et pulvérisée, le terme de comparaison étant l'effet produit par 10 gr. de nitrate d’urane. Voici les chiffres publiés :

Chute de potentiei Nature de la substance en volts, par heure

Echaillon Sédiment brun foncé au griffon du bassin CHAN MR. des RAA TAN SE RARE 936.0 Dépôt provenant du réservoir de distribution 312.0 Dépôt provenant du puits Fodéré .......... 122.9

Salins-Moûtiers

sédiment ocreux au griffon Grande Source 128.8 ES dans ‘le canaliser. à 72.0 —— — dans le canal (Petit Source) 56.0

Chute de potentiel Nature de la substance en volts, par heure

Aix-lesBains

Barégine (Source Alun) ............... Re 19.4 Dépôt grisâtre dans le canal .............. 11.2 Boue grise au griffon (Source du Soufre).... 4.9

Challes-les-Eaux

Boue grise chargée de soufre .............. 3.9 Nitrate ”d'urane sit et eee 5.752.0

Les sédiments du bassin chaud étaient donc d’une activité six fois inférieure seulement à celle du ni-

trate d’urane.

M. Blanc, constatant que l’activité des sédiments,

dans certains cas, n’est pas proportionnelle à la teneur.

des eaux en émanation du type radium, en arriva à conclure que, pour l’Echaillon, elle était due en majeure partie à des principes radioactifs du type thorium. Il ne put toutefois, « après des efforts patients et prolongés, obtenir la séparation d’une quantité de thorium chimiquement appréciable ». Il arriva à concentrer l’activité en des quantités infimes de substance.

« Le procédé consistait à attaquer le sédiment par l'acide chlorhydrique étendu, ce qui avait pour effet de faire passer en solution la plus grande partie du fer, tandis que presque toute l’activité du type thorium restait dans le résidu insoluble. Ce résidu, traité par l’eau régale, évaporé à sec et repris par l’acide chlorhydrique dilué fournissait par fitbation une so-

lution contenant encore une petite quantité de fer. De cette solution, on obtenait par l’ammoniaque un précipité d’hydrates que l’on traitait par une solution d'acide oxalique ; après filtration, on calcinait le résidu insoluble et on le reprenait ensuite par un mélange d’acide sulfurique et d’eau ‘en parties égales. Cette dernière solution filtrée donnait, par l’ammoniaque, un précipité d’hydrates présentant une activité et un pouvoir émanant plusieurs centaines de fois supérieurs à ceux d’un égal poids de thorium. »

Si donc des substances ne contenant pas ce dernier corps étaient douées d’une activité « du type thorium le plus pur », il fallait admettre que les phénomènes observés chez les sels de thorium, eux-mêmes, n'étaient pas dûs à un propriété intrinsèque de cet élément, mais « à des traces d’un nouveau corps intensément actif ». :

Ces résultats étaient confirmés par les travaux de MM. Elster et Geitel, puis par ceux de M. Hahn. physicien anglais, sur la thorianite, minerai de l’île de Ceylan.

M. W. Ramsay, au Congrès international de Liége, en 1905, proposait, pour le nouveau corps radioactif, le nom de « radiothorium ».

M. le Docteur Chevallier a identifié, par l’étude de la radioactivité induite, la production, pour l’Echaillon, d’émanations du thorium signalé par M. Blanc, et les sédiments qui lui parurent les plus actifs furent prélevés non au fond, miais sur les parois du bassin

chaud.

Utilisation des eaux, des sédiments

Nous savons déjà que la réputation des eaux de l'Echaillon fut grande à une certaine époque, grâce au docteur Favre, de: Saint-de-Maurienne, qui, vers 1696, « les mit fort en vogue bien au delà de la Maurienne et de la Savoie » (1). Le roi Charles-Emmanuel de Sardaigne, en 1740, en faisait usage. Giobert, en 1822, consacre tout un chapitre aux, propriétés merveilleuses de ces eaux, « qui sont une véritable eau naturelle alcalino-méphitique ». Leur efficacité a été reconnue dans « un grand nombre de maladies à étiquettes différentes, mais dépendant pour la plupart de la diathèse arthritique acquise, héréditaire directe ou dérivée » (2).

| Actuellement, on emploie surtout les eaux de l’'Echaillon en bains. On a recours beaucoup à l’action thérapeutique de l’émanation du thorium provenant des sédiments. M. le Docteur Chevallier, au moyen d’un appareil inventé par lui, fait respirer l’émanation aux malades et les résultats obtenus dans des cas d’anémie grave, d’uricémie, sont indiscutables et du plus haut intérêt.

Les sédiments, en application sur certaines plaies, amènent une cicatrisation rapide.

(1) J.-A. Giobert. Des eaux thermales et acidules de l'Echaillon en Maurienne, Turin, 1822.

(2) Docteur Danjou. Radioactivité des eaux thermales de lEchaillon. Saint-Jean-de-Maurienne, 1909,

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