‹ Géologie et Sources Minérales et Thermales de la Savoie: Source de l'Échaillon en Maurienne (Examen des Eaux et des Sédiments)Chapitre 5 sur 36 · AN NT) ERA · texte numérisé non relu

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cieux renseignements sur les eaux exploitées ou réperées sont fournis par Barbier dans La Savoie thermale et minérale.

En ce qui nous concerne, nous nous proposions de déterminer, sur la plupart des sources du département, certaines propriétés physiques et chimiques, mais nos premières recherches en Maurienne révélèrent un changement important dans la composition des eaux de l’Echaillon, et nous nous arrêtames à leur analyse, ainsi qu’à celle de leurs sédiments.

Ces eaux et ces sédiments sont d’ailleurs intéressants par leur radioactivité, émanations du raduim et du thorium, sur lesquelles des essais remarquables ont été faits, en 1904, par M. G.-A. Blanc, professeur à l’Université de Rome, et, en 1923, par M. le Docteur Chevallier, moniteur de physique biologique à la Faculté de Médecine de Lyon.

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Généralités sur les Eaux Minérales.

On a désigné souvent comme éau minérale « celle dont la saveur fait une impression assez sensible sur l'organe du goût pour indiquer la présence de quelques corps minéraux ». Beaucoup d’autres définitions ont été données. Aujourd’hui, on admet que l’eau minérale est « une eau de source naturelle, dont l’usage provoque sur l’organisme humain des modifications pouvant être utilisées favorablement ».

La ligne de démarcafion entre les eaux potables et les eaux minérales est difficile à établir. Les premières peuvent quelquefois être de véritables eaux « médicinales », tandis que des eaux chargées en sels ne sont pas reconnues comme minérales. Le terme « médicinal », dont s’est servi Chevreul, semble évidemment mieux convenir que celui de « minéral » et mieux s’adapter au sens de la définition admise.

Les eaux minérales sont, les unes d’origine superficielle, dites d'infiltration, vadeuses ou neptuniennes, et les autres d’origine profonde, ignée, dénommées vierges, primitives, hypogènes ou plutoniennes.

Les eaux d'infiltration ou neptuniennes proviennent des eaux de pluie, de neige, de cours d’eau, pénétrant

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dans le sol soit par des formations graveleuses ou détritiques à éléments meubles (perméabilité directe), soit par des roches fissurées (perméabilité indirecte). Elles traversent des terrains variés, se chargent en sels, gaz, et remontent à la surface en un point où la perméabilité des couches n'offre rien de particulier, mais où l’observation géologique montre une fracture verticale du sol : faille, filon, pli très accentué. La température en dépasse rarement 25° à 30°. La minéralisation est surtout faite de carbonates et sulfates terreux.

Les eaux vierges ou plutoniennes sont formées dans les régions ignées du centre de la terre par la distillation pyrogénée des roches primitives. Leur débit rythmé est constant, indépendant des saisons, des phénomènes météorologiques. Leur température est, le plus souvent, chaude. Elles sont caractérisées par des éléments chimiques des profondeurs : arsenic, bore, brome, chlore, cuivre, fer, fluor, iode, silicium, sulfures, azote argon hélium néon etc...

En ce qui concerne spécialement les eaux thermominérales, diverses théories ont été émises. La plus ancienne admet que les eaux superficielles prennent leur minéralisation aux dépens des matériaux du sol, et leur température au contact des couches internes dans leur pénétration en profondeur.

Pour Elie de Beaumont, Suess, A. Gauthier, les eaux thermo-minérales ne sont que le produit des émanations gazeuses se dégageant des roches internes, se liquéfiant au contact de l’oxygène de l'air dans les couches supérieures et se minéralisant dans le parçours.

Les deux hypothèses sont justifiables et l'on conçoit très bien aujourd'hui les deux origines, artésienne et volcanique.

En vue de l'exploitation, les eaux minérales sont soumises à un captage, qui empêche leur déperdition, ainsi que celle des gaz. Il évite la contamination, et augmente parfois considérablement le débit. Le captage consiste à prendre les eaux à leur point d’émergence naturel, à les amener isolées à la surface et, suivant la distance au niveau du sol, on a recours aux | forages ou aux galeries de mines.

L’embouteillage nécessite des soins tout particuliers. Il doit se faire dans un local fermé, à l’abri de la poussière. Les bouteilles sont lavées avec de l’acide sulfurique au 1/10, rincées avec de l’eau pure stérile et avec de l’eau minérale même. L’embouteillage et le bouchage suivent immédiatement cette opération. Les bouchons auront été mis au préalable en bains alcalins, rincés à l’eau pure stérile et à l’eau minérale. On peut les désodoriser, les désinfecter avec la solution de formol à 10 gr. par litre. Le bouchage est souvent fait aujourd’hui au moyen de capsules métalliques fixées sur le col de la bouteille par des appa-

reils compresseurs spéciaux.

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