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d'autre ou sur quelques dépôts de sulfate de chaux qu'elles corrodent de diverses manière^. Chargées plus ou moins d'acide carbonique, elles exercent leur action sQr les roches calcaires, soit dans le^eîn de la terre, d*où elles revienjm^t^.|ormer des tufs à la surface; *' soit dans les hautes montagnes, simo'u^âu moment de la fonte des ^'-^'loeiges. Dans ce dernier cas, l'eau, qui s'empare généralement de l'acide carbonique renfermé dansTajr, en contient beaucoup plus qu'en tout autre teiçips,j)ar*sïïîtê3^4a basse température à laquelle elle se trouve^^Jîouiiîit le long ^gsma^s,^ calcaires, elle y forme des sillons vertîcauk, qui s'appi^foodiss^nt de plus en plus et provo- (juent quelquefois des éboiïtènién)é plus ou moins considérables.jCes effets se font remarquer surtout dans les Alpes et les Pyrénées, là où les neiges séjournent pendant une partie do l'année et se fondent petit à petit dans la belle saison. Dans les Ck^v^nncs et le haut Jura, les gouttes de pluie corrodent les saillies calcaires et les blocs isoléâ

nom de sahes, parce que le liquide renferme souvent des matières salines et entre autres le sel commun et le sulfate de chaux.

Ces éjections de matières vaseuses produisent, comme les éjections de scories dans les volcans (g 58), des cônes, ordinairement peu élevés, qui portent aussi au sommet une cavité cratériforme fréquemment remplie de boue liquide que le g^z soulève, et à travers laquelle il se dégage en grosses bulles dont chacune projette au dehors une portion de la matière terreuse. Il y a parfois, sur. une surface peu étendue, une grande quantité de ces cônes en activité, et dont quelques-uns atteignent 7 à 8 mètres de hauteur; d'autres, en grand nombre, petits à Tétat naissant, remplacent successivement ceux dans lesquels les phénomènes cessent d'avoir lieu et s'agrandissent de plus en plus par les matières rejetées. Quelquefois cette réunion de cônes se trouve au sommet d'une butte de 50 à 200 mètres de hauteur, formée de matière argileuse qui paraît être évidemment le résultat des anciennes éjections : le milieu en est souvent un lac de boue dont la surface est consolidée ça et là. Dans ^rt^ineâ c^ti^es^n trouve souvent de ces buttes entièrement d^^K^^, ou louTaégagement de gaz, d'eau et de terre a cessé entièrem^t; mais il arrive quelquefoisom&lps phénomènes s'y TéASûtMnent avec violence; que de lépjî^mblements de terre.se font sentir, que tout à coup des blocs de terre desséchée sont lancés au loin, et que des coulées de boue se frayent un nouveau passage : on assure même qu'il y a parfois, pendant quelques minutes, dégagement de fumée et de flammes.

Ces phénomènes se présentent en un ass^z grand nombre de li^ux à la surface de la terre. Il existe beaucoup d^^gâjz^ou Maccalubes, dans le Modénais, et il s'en trouve en Sicile, Saïre^Arragona et Girgenti. Pallas en a observé en Crimée, dans la presqu'tle de Kertche, i l'île de Taman; M. de Humboldt en a décrit et figuré dans la province de Garthagéne, dans rÂmérique méridionale, et l'on en cite à Vîle de la Trinité et dans l'Hindoustan.

g 82. Famaroiie*, cieyser. — Ces deux sortes de phénomènes sont encore des effets qui se manifestent de l'intérieur de la terre à l'extérieur. On nomme fumarolles des éruptions de vapeur à i 00 degrés qui s'échappent des crevasses du sol sous la forme de colonnes blanches^ parfois de 10 à 20 mètres de hauteur, et souvent avec bruit comme si elles sortaient d'une chaudière à vapeur, ce qui indique la pression qu'elles supportent alors dans le sein de la terre. On observe les fumarolles non-seulement dans les cratères des voltans actils et dans les solfatares, deux circonstances où elles sont généralement peu considérables^ mais au milieu même de certaine

PHËNOHËNES VOLÇAIOQVES ACTUELS. H

terrains calcaires, où elles prennent un grandMËTeloppement : c'est ce dernier cas qui se manifeste en ToscaneTon les jets de va- IMur groupés parlO, 20, 30 & Monte Cerboli,. Castel Nuoto, Honte Botondo, se tronvent disposés sur une ligne â peu prés droite, de 30 à 40 kilomètres, qui semblent indiquer une feule.

Ces jets de vapeurs entraînent toujours divers agents qui, A cette hante température, attaquent plus ou moins lesroehes environnantes. Au Vésuve, ils renferment de l'acide chlorhydrique; i la solfatare de Ponzzoles, du gai sulfureux et de l'acide sulfhydrique; en Toscane, ils entraînent de l'acide borique, qu'on'reconnalt dans les lagunes, ou lagoni, résultant de leur condensation, et qui pénètre quelquefois avec du soufre, du gypse, des osydes de fer, dans les fissures des roches à trave» lesquelles les phénomènes se manifestent.

Fig. 3i. ceyttr de i'hlande.

Sons le nom de Geyser (fig. 37], qui signifie jaUlUsant suivant les uns et furieux suivant les autres, on désigne des sources jaillissantes d'eau bouillante, les unes continues, les autres intermit- - tentes, dont on trouve un grand nombre en Islande. On en indique d'an grand volume, mais il en est une surtout qui, de demi-heuie

70 GfiOLOGIE.

Ces sortes de cavités, surtout lorsqu'on les trouve dans les montagnes, loin de toute chute d'eau aujourd'hui connue, portent le nom de chaudière et marmite des géanUt pot-holes des Anglais. \^ g 95. Bébàeie de» ia«0. — Les lacs qui se forment quelquefois dans les vallées par suite des avalanches ou des éboulements qui sont venus les barrer offrent encore dans leur débâcle quelqne chose de plus effrayant que les courants ordinaires, par suite de la masse énorme d'eau qui peut s'écouler alors en quelques moments A peine a-t-il commencé à se faire un écoulement par quelqpies fissures, que l'ouverture initiale augmente avec une prodigieuse rapidité, et qu'à l'instant, en quelque sorte, toute la digue est emportée. Un volume énorme d'eau se précipite alors avec une violence extrême, et rien ne peut résister à l'action combinée de la masse et de la vitesse, qui va quelquefois jusqu'à 15 et 20 mètres par seconde. Tout est culbuté, et les roches les plus solides, pour peu qu'elles fassent éperon sur la^ direction du courant, sont à l'instant arrachées, brisées, transportées à de grandes distances, et même en blocs énormes. Le déblayement est si complet à l'origine du courant et dans les passages étroits dont la pente est rapide, que le roc mis à nu semble avoir été taillé par la main des hommes : c'est ce qui arriva lors de la débâcle du lac qui s'était formé dans la vallée de Bagne en 1818, et ce dont on voit encore des traces sur les flancs des vallées qui furent ainsi barrées dans la Galabre pendant les tremblements de terre de 1785.

On ne peut douter, en voyant de tels résultats, que si, par l'effet de quelques commotions souterraines, il se formait une fissure dans la digue d'un grand lac, comme le lac Érié, par exemple, il ne se creusât en peu de temps une brèche profonde, exactement comparable aux défilés qu'on observe si fréquemment dans les vallées (g 19), et qu'on est si fortement tenté d'attribuer à des débâcles de lacs placés jadis les uns au-dessus des autres, comme le sont aujourd'hui ceux de l'Amérique du Nord.

g 96. Tmrremtm »«iiieux. — 11 se fait aussi par une cause ou par l'autre, des torrents de matières boueuses, dont les ravages ne sont pas moins terribles. Quelquefois il arrive, comme en Irlande, que des tourbières (g 124), placées sur de très-légères pentes, après s'être gonflées, bombées plus ou moins en retenant l'eau des pluies, ne peuvent plus résister à la première averse et se mettent en mouvement. Elles s'écoulent alors, malgré la consistance de la pâte et la faiblesse des pentes, avec une prodigieuse rapidité, et renversent tout ce qui se trouve sur leur passage. C'est ce qui est également arrivé après l'éboulement de la Dent du Midi, dans les Alpes,

ACTION ACTUELLE DES EAUX. li

en 1835. Une masse énorme de débris formant une boue noire qui renfermait â peine un dixième d'eau, portant même à sa surface des blocs énormes, s'écoula avec une extrême rapidité jusqu'au Rhône, où elle se précipita en faisant refluer ses eaux avec une grande force sur l'autre rive. Dans d'autres circonstances les eaux de pluie détrempent des matières argileuses peu solides, s'amassent au milieu d'elles, et, en un certain moment, les digues du réservoir venant à se rompre, il se fait un torrent de boue épaisse, rempli de fragments de roches et même de blocs suspendus dans la masse ▼isqneuse, qui s'écoule avec une rapidité effrayante, culbutant tout et creusant des ravins profonds. Tel est le cas des Nants sauvages, dans la vallée de l'Arve, sur la pente nord des Alpes. Les éruptions boueuses de Java et du Pérou (§ 78) ont produit plus de désastres dans leur course sur la pente du terrain que par l'accumu-* lation même du limon dont elles ont couvert la contrée.

g 97. Pentes des «orrentu et des riTières. — Les eaux courantes produisent des effets d'autant plus désastreux que les pentes snr lesquelles elles se meuvent sont plus rapides; mais il ne feut pas croire qu'il soit nécessaire pour cela que leur lit ait une inclinaison considérable. Les torrents les plus impétueux, formant un lit continu et entraînant dBS blocs de l mètre de côté ou de diamètre, n'offrent que des pentes de 1 à 2 degrés : beaucoup de rivières coulent avec une grande vitesse sur un sol beaucoup moins incliné, et des pentes de 5 à 4 minutes donnent à peu près, pour la rapidité, la limite des rivières navigables; nos fleuves les plus rapidesy qui offrent, à la vérité, une eertame profondeur d'eau, comme le Rhin, le Rhône, etc., ne présentent même que des pentes de 1 à â minutes, et, dans plusieurs parties de leur cours, ils coulent sur des pentes de 4 à 8 secondes seulement. Ces données sont trèsr-importantes comme terme de comparaison ; car on voit alors quels effets prodigieux pourraient produire de plus fortes pentes et de plus grandes profondeurs. 11 n'est pas nécessaire de pousser bien loin l'exagération; car, si nos torrents de 1 à 2 degrés de pente peuvent rouler des masses de i mètre de diamètre, quelle serait leur force avec des pentes doubles ou triples? Que serait-ce, sans changer de pente, si la profondeur d'eau devenait égale à celle de nos grands fleuves? 11 est clair que la boue la plus épaisse pourrait acquérir alors une vitesse énorme et capable des plus prodigieux effets. Si les rivières cessent d'être navigables par la rapidité au delà des pentes de 5 à 4 minutes, quelles seraient, malgré la faiblesse de rinclinaison, la vitesse et la force avec de plus grandes profondeurs? Que ne doit-il pas s'être passé quand nous voyons, par di-

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vers pliénomènes, que des eaux courantes ont pu remplir des yal lées de plusieurs centaines de mètres de profondeur? On conçoi donc facilement les dégradations les plus épouvantables, le transport des blocs les plus volumineux, sans sortir à peine des limite des phénomènes actuels,(g 214 à 217, 307 à 309).

g 98. Aelion de» vacaes et des marées. — Si les eaux qui bu

mectent continuellement le pied des montagnes peuvent en délayer, en désagréger les couches inférieures, et provoquer Tébou lement des parties qu'elles mettent en surplomb, < il est clair qu< des eaux continuellement agitées, lancées parfois avec une foret extrême sur les continents, doivent aussi avoir une. action prodi* gieuse sur les côtes. Les flots ont en effet une énorme puissance là surtout où des rochers abrupts se . trouvent immédiatement exposés aux vagues d'une mer ouverte. Le choc est quelquefois tel que la terre tremble sous les pieds; que les digues les plus solides ne peuvent résister; que des blocs énormes de pierre sont arrachés, portés au loin dans les terres, poussés à contre-pente sur le rivage, lancés quelquefois verticalement par-dessus les jetées, où ils roulent ensuite comme de légers cailloux : de puissants bancs de sables et de galets sont souvent déblayés, et des contrées entières se trouvent en un instant détruites ou couvertes de débris.

Les chroniques et les traditions des contrées maritimes nous offrent de nombreux exemples des changements successifs, des désastres instantanés qui ont eu lieu dans un grand nombre de localités. 11 s'en est fait d'immenses, et chaque jour il s'en fait de nouveaux, sur les côtes plates, sableuses, qui bordent les mers dans les diverses parties du monde. Nous en avons des exemples fameux depuis les bouches de l'Escaut jusqu'au canal de Jutland, cù Ton a vu se produire le Bies-Bosch, le Zuyderzée, le DoUart, etc., dans des marées extraordinaires, et où se sont opérés d'innombrables changements dans les îles, depuis le Texel jusqu'aux bouches de l'Ëlbe, dans les détours du Lymûord, ou sur les côtes du Gattegat et de la Baltique. D'immenses coupures, des anses, des golfes profonds, s'y sont formés à diverses reprises pendant les tempêtes, et s'y forment encore tous les jours par l'action ordinaire des vagues, qui tantôt apportent des masses de sable, et tantôt détruisent les digues qu'elles avaient jadis formées.

§ 99. Ce n'est pas seulement sur les terrains meubles que l'action des flots se manifeste; elle a lieu également sur les roches les plus solides, et de là des modifications journalières dans les falaises qu'on trouve sur les côtes de France et d'Angleterre et dans toutes les Dar lies du monde. Plus la côte ââtabru{>tei plus elle est exposée

ACnOH ACTUELLE DES EAUX. 73

am dégradations des vagues, par ta raison que, brisant immédiatement les flots, elle eo éprouve le choc dans toute sa force. Sur les cAtcs plates, au contraire, le flot, courant sans obstacle, s'avance tant que sa force le lui permet, et jusqu'à ce qu'il ait successivement perdu toute sa vitesse; il apporte alors, en sables et cailloux roulés, beaucoup plus qu'il ne détruit, même sur les terrains les plus meubles. La disposition naturelit»

des couches solides est lantût opposée, tantôt favorable à l'action des flots : elle est opposée, ' lorsque cescouches, étant unies

et bien homogènes, sts trouvent inclinées vers la mer,(flg. 45), parce que le retour d'une vague Of. *s. Aciim lia vagua sur in fUau le long du talus diminue l'aoineiinét, lion de la vagua suivante, dont

le reste de force est uniquement employé A remonter sur le plan : ce n'est alors qu'à l'aide des crevasses et des fissures qui se trouvent dans la roche que les eaux parviennent à l'entamer. Il n'en est plus de mSroe lorsque le terrain présente ses tranches i l'action des eaux (%. 40 et 47); les parties inférieures, attaquées continuellement par K|. 4B. Kg. il.

les chocs réitérés des riots, que rien ne contribue i diminuer, m d^ gndent et se creusent successivement, et d'autant plus vite qne te matière est plus délayable ou plus facile â désagréger : les couches supérieures, qui se trouvent alors bientAt mises en surplomb, ne tardent pas à s'ébranler et à se précipiter dans la mer. C'est ainsi qne des parties considérables de eûtes ont été bouleversées à diverses époques, que des promontoires ont disparu, que d'autres ont été coupés et sépari^s du continent. Ces effets deviennent trâs-raptdei dans les lieux ob une mer profonde engloutit a mesure les

blocs détachés, ou dans ceux où la force des vagues est aases pni^ saate pour ballotter les débris, les user les Uns par les antres et les déblayer sncceBsivement, de manière que le pied de l'escarpemeat reste toujours à nu : c'est ce qui arrive surtout quand le resserrement de deux côtes opposées détermine de forts courants, comme dans la Hanche, entre la France et l'Angleterre, dans le canal Saint-Geoi^es, etc., oA les eaux de l'Atlantique, arrêtées dans leur cours, viennent battre avec fureur. Dans ces localités, la mer gagne constamment sur la montagne, et avec plus ou moins de rapidité, suivant le degré de résistance du lerrain. Il existe en effet un grand nombre de narrations qui indiquent les dates des principaux éboucjnents, ou l'existence de phares, de tours, d'habitations, de vil^ Oges môme, qui ont été snccessivement abandonnés, et qui ont (ijourd'hui complètement disparu.

Lorsque les masses de débris tombés des falaises ne sont pas immédiatemenl déblayées, il en ré- ' suite (fig. 48) nn rempart naturel contre les vagues, qui viennent s'y briser avant d'atteindre le pied de l'escarpement; ce n'est alors qu'à la longue que ces débris peuvent Être usés, arrondis, et enlevés petit à petit, ce qui dépend du degré de solidité de la roche dont ils sontformés. On imite autant que possible ces remparts naturels en amenant des blocs de pierres au-devant des talus que l'ont veut préserver, soit sur les eûtes de la mer, soit sur les bords des rivières.

g 100. L'action des vagues se manifeste aussi sur les falaises et sur les plages par des érosions diverses. Ici ce sont de longues cannelures horizontales, à Heur d'eau, qu'on remarque surtout sur les roches calcaires ; M, ce sont des cavités réelles qui s'enfbncent horizontalement dans la masse du terrain, dont les parois sont tantfit déchiquetées, tantôt unies, et marquées de cannelures circulaires qui attestent le roulis des matières dures dans leur intérieur; l'ouverture en est tanlAt plus large, tantôt plus étroite que le ond. Ces cavités sont analogues aux marmites des géants (g 94), mais creusées par la vague dans les parois verticales des roches. Sur les plages, on voit aussi des cannelures plus ou moins profondes, perpendiculaires aux rivages, qui sont 'produites au moyen des débris que le flux et le reflux font constamment mouvoir.

àCTIOH ACTUELLE DES EAUX. 76

S 101 . BseapiM d« niptare». — Quand on a observé l'effet joarnalier des vagues sur les continenb, on est naturellement conduit à penser qne les nombreux accidents qu'on remarque sur les côtes et dont on ne peut préciserlesdaUsonteu la même- origine. Si l'on doit attribuer à l'action des flots les excavations qu'on trouve an nivean des mers, sur les falaises calcaires, il paraît naturel de leur impnter aussi certaines arches qui traversent tout un promontoire- Cependant cette action ne s'exerce immédiatement qne sur les matières délayables ou faciles à désagréger, comme la craie, lesargiles, les matières arénacées, et elle est infiniment lente sur les matières diires;ilya des points où, depuis lesépoqueshistoriques, elle n'a produit aucun effet. Dès lors il ne suffit pas, pdur expliquer les faits, d'admettre uniquement la force érosive des eaux, ni m&me l'effort impétueux des vagues : il faut encore remarquer que les tec" rains sur lesquels cette action s'exerce ont été fissurésde toutes les manières, soit par des actions antérieures, utit dans le moment même, perdes tremblements de terre (§32, 133), et que c'est ainsi qu'ils ontcédé à l'action combinée des forces auxquelles ib étaient exposés. C'est par ce moyen, ainsi que par l'action des glaces flottantes entraînées des pôles, qu'on parvient à se rendre compte des rochers isolés, des îles qui avoisinent nos continents, de ces grandes coupures au travers desquelles la mer trouve un passage, de ces groupes de rocb ers découpés qni forment des réci& au milieu des mers, enfin de tous ces démembrements si communs et ù variés qu'on observe sur les côtesdeFranceet d'Angleterre, dans les nombreuses lies qui s'étendent vers les mers du Nord (fig. 49 et 50), et dans un nombre infini de localités.

Exemple! de rochers roiiipia faronnii par le

8 102. Cailloux roulétf. — Dans les ravages que produisent les eaux courantes, les débris qui se trouvent arrachés au^ montagnes sont transportés plus ou moins loin, selon que les inclinaisons du sol permettent à la force du courant de se conserver sur des distances plus ou moins considérables; mais, à mesure que les pentes diminuent, la vitesse décroit successivement, et successivement aussi les plus gros blocs restent en arrière au fond de la vallée» puis ceux de moindre dimension, et ainsi de suite jusqu'aux sables et limons, qui sont souvent transportés à d'énormes distances. Dans ce roulis de différentes matières, les blocs et les fragments, se heurtant pendant leur transport, se frottant les uns sur les autres et contre la paroi solide du terrain, perdent successivement leurs arêtes et leurs angles, et finissent par être complètement arrondis, par former ce qu'on appelle des cailloux roulés ou galets, qui peuvent être plus on moins volumineux. Toute la partie inférieure des torrents, làot le terrain s'aplanit suffisamment, où la vallée s'élargissant permet aux eaux de s'étendre en diminuant de profondeur, et par conséquent de vitesse, se trouve généralement couverte de ces cailloux, qui s'amassent quelquefois en quantité immense, et à travers lesquels, dans sa tenue ordinaire, le ruisseau serpente de différentes manières dans un lit qu'il s'est formé, et dont il change souvent aux diverses crues. Les rivières et les lacs dans lesquels les torrents se jettent, et où ils perdent par conséquent leur vitesse, s'encombrent aussi journellement de ces cailloux, et c'est, par exemple, la cause de l'élévation continuelle du lit du P6. Les graviers et les sables, qui ne sont que des cailloux fins, les limons qui résultent de l'usure générafe et des parties terreuses déblayées, sont toujours transportés au loin, soit immédiatement dans les lacs ou les mers, soit dans les rivières, qui les déposent successivement sur leurs bords, et surtout vers leurs embouchures, que l'on voit alors s'encombrer de plus en plus (§108).

g 103. 11 se fait aussi des cailloux roulés en quelque sorte sur place, par l'action des flots sur les roches éboulées. C'est ainsi que, sur les côtes de France et d'Angleterre, les silex des craies sont arrondis, usés les uns par les autres, et co;istituentdes bancs de galets considérables. Quelque chose de semblable a dû s'opérer dans des points qui sont aujourd'hui à l'intérieur des terres, où Ion trouve des cailloux roulés, des blocs arrondis, à peu de distance des rochers dont ils ont été détachés : c'est ce qu'on remarque surtout fréquemment autour des buttes basaltiques de la partie sud des Gcvennes, soit au milieu des masses de débris qui en forment les pentes, soit dans les alluvions qui composent les plaines voisines.

ACTION AOTUErj.f: DES EAUX. 77

Dans les torrents boueux (g 96), qu'à la vérité on n*a jamais vus parcourir de grands espaces, les blocs et les fragments paraissent s'arrondir beaucoup moins que dans les cours d'eau ordinaires. Une circonstance remarcjuable de ces torrents, c'est que les débris qu'ils renferment sont généralement déposés sur les bords des ravins qu'ils ont creusés, et au niveau même que la masse visqueuse atteignait, précisément comme s'ils avaient nagé à la surface : c'est ta disposition que présentent les débris le long des Nants sauvages de la vallée dé SallenQbe.

g i04. Transport des roehes par îeé ^Imee» flottantes. — Si

des- cailloux, des blocs plus ou moins considérables, peuvent être roulés par les eaux à des distances souvent très-grandes de leur place originaire, il est aussi d*autres moyens de transport que nous devons signaler ici, parce qu'ils nous fourniront quelques explications de certaines particularités des dépôts les plus modernes. Pour peu qu'on ait examiné ce qui se passe dans nos climats au moment de la débâcle des glaces d'une rivière, on aura vu les glaçons soulevés par la crue des eaux emporter avec eux des masses de cailloux roulés ou môme de terre arrachée au rivage. Or les choses se font plus en grand dans les régions froides, comme la Russie, la Nouvelle-Zemble, les côtes du Groenland, du Canada, etc. Les glaces, étant plus épaisses, soulèvent des blocs plus ou moins volumineux, au moment de la débâcle, et les emportent plus ou moins loin comme sur des radeaux. Ces glaces viennent bientôt échouer çà et là sur les rivages, puis en se fondant y laissent les blocs à peine émoussés sur leurs arêtes et leurs angles, et indiquant ensuite la hauteur de la crue parleur position. Quelquefois on trouve des blocs de granit du poids de plusieurs milliers embarrassés et suspendus dans les branches d'arbres qui bordent les rivières à des distances plus ou moins grandes.

Dans les mers circumpolaires, les glaciers, qui descendent souvent des montagnes jusqu'à la mer, se trouvent remplis, tant à la surface de leur masse que dans leur intérieur, de blocs de roches plus ou moins volumineux, de fragments et de graviers, la plupart à arêtes vives, et en quantités considérables. Or l'éboulement de ces parties inférieures dans la mer produit des glaces flottantes qui emportent avec elles tous ces débris.

Tous les voyageurs ont rencontré de ces fies de glaces flottantes en pleine mer et charriant ainsi les débris des montagnes dans toutes les directions. Ces sortes de radeaux viennent échouer çà et là sur les côtes, dans les anses, dans les bassins, à l'embouchure des fleuves où ils se précipitent, et y laissent des débris qui peu-

78 GSOLOGIE.

yent y être panrenns de très-loin. D'antres glaçons, an contraire, se brisent ou se fondent au milieu des mers, et, laissant aller les débris» déterminent çà et là des dépôts adventifs plus ou moins étendus» qui s'opèrent presque toujours dans la même direction, parce que c'est toujours aussi dans le même sens que, tous les ans, les courants de glaces flottantes se font sensiblement Le nombre des blocs charriés ainsi sur les côtes diminue à mesure qu'on avance vers Téquateur.

g i05. Traïuvore par les slaeiers. — Les glaciers (voir Mm^ ralogie)f qui occupent les hautes vallées des grandes chaînes de montagnes, sont aussi des moyens de transport extrêmement.remarquables. Diverses circonstances permettent à ces dépôts de se mouvoir constamment et de descendre sur la pente des terrains qui les supportent ; or leur surface se trouve couverte de fragments et de blocs tombés des montagnes environnantes, et il arrive que le tout est charrié lentement de l'extrémité supérieure à l'extrémité inférieure, et que des blocs, souvent d'une énorme dimension, se trouvent portés, sans avoir subi de frottement, à des distances considérables du lieu de leur origine. Ces débris, par suite de divers phénomènes dans le détail desquels nous ne pouvons entrer, s'accumulent toujours sur les parties latérales du glacier contre le flanc de la vallée, et, souvent aussi, par l'influence des vallées latérales qui amènent leur contingent, en longues bandes sur le milieu : il en résulte de petites collines allongées, qu'on désigne sous le nom de moraines. Tous ces débris, parvenus à l'extrémité inférieure du glacier, culbutent dans la vallée sur sa pente, et forment à son pied d'autres moraines, quelquefois assez élevées. Or, s'il arrive qu'après avoir augmenté pendant un certain temps, par suite d'une série d'étés froids, le glacier diminue par une succession d'étés chauds et prolongés, les moraines de diverses sortes restent sur le terrain abandonné par les glaces, et forment, les unes des espèces de digues plus ou moins hautes au fond et en travers de la vallée, les autresdelongues bandes surses flancs et à une hauteurplus ou moins considérable. Ce sont alors autant de dépôts adventifs où l'on trouve entassées pêie-mèle, en fragments et blocs de toutes dimensions, toutes les roches de la vallée. Souvent on reconnaît de ces délaissements en divers points, même à d'assez grandes distances, qui ii>< diquent les états des glaciers à diverses époques.

Sur les terres polaires, les glaciers descendent jusqu''à la mer, â la surface de laquelle quelquefois ils surplombent, et leur extrémité est souvent coupée à pic par suite des blocs qui s'en détachent journellement; il en résulte qu'il n'y a pas de moraines terminales, du

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