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ACTION ACTUELLE DES EAUX

moins qn'oQ puisse voir, et les moraines latérales sont généralement mal circonscrites. Mais on a remarqué que toute la surface inférieure est recouverte d'un grand nombre de £locs et de graviers, qu'on ol> serve aussi dans la masse même. Ce sont les blocs de glace détachés de ces glaciers, aussi bien que les glaces formées sur la côte (§ 104), qui charrient les débris de roches dans toutes les directions.

Il n'est pas inutile de remarquer que les pentes des glaciers sont toujours plus fortes que celles des rivières et ne descendent jamais au-dessous de 3 degrés. Ce doit être par conséquent aussi la pente minimum des amas de débris accumulés par eux. sur les flancs de la vallée ; de sorte qu'on a un moyen de distinguer les moraines latérales restées sur les pentes, d'avec les dépôts qui pourraient avoir été faits par des courants dont les inclinaisons sont toujours beaucoup plus faibles (g 97,i.

g 106. Usure^ poliMMic^ 0trie« et eamielare* de» roehe«. —

Maintenant que nous avons vu les mouvements des glaciers, Faction des eaux courantes pour enlever et entraîner des blocs plus ou moins volumineux, et les charrier sur les glaces flottantes, étudions quelques actions dont nous n'avons pas encore parlé, en y joignant celle du transport des sables par les vents.

Il n'est pas rare de rencontrer dans le midi de la France, en Provence et en Languedoc, des parties de roches calcaires polies et brillantes, qui doivent évidemment cette manière d'être à l'action des sables fins que les vents soulèvent sur les grandes routes et font mouvoir aveeune grande vitesse. Lesrochesdu désertsont également polies, quelquefoiscomme corrodées,de la même manière. Les sables transportés par les eaux produisent plus souvent encore les mêmes effets, non-seulement- sur les calcaires, mais encore sur les roches les plus dures, dans le lit des ruisseaux, sur lequel on ne peut alors marcher qu'avec précaution. Les blocs de roches transportés par les eau^ torrentielles produisent çà et là des sulcatures plus ou moins profondes (g 92), aussi bien sur le fond du lit que sur les parois latérales qui suivent la direction du cours d'eau. Ces sillons sont trèsvisibles après un orage; mais ils s'effacent ensuite en grande partie, quoique cependant on en découvre encore des restes longtemps après. Rappelons aussi les sillons tortueux qui se font dans les montagnes (g 93), ainsi que sur les bords de la mer par l'action du flux et reflux (g 100), et enfin les cannelures qui ont lieu sur les rochers calcaires par l'action des eaux chargées d'acide carbonique (g 89).

Il est fort à présumer que les glaces flottantes des mers polaires exercent une action très-puissante sur les flancs des rochers qu'elles rencontrent, et sur les sommets des montagnes sou^-marines. n

semble que des masses qui s'élèvent jusqu'à 90 mètres au-dessus des mers, dont la partie plongée atteint un volume sept à huit fois plus considérable, poussées souvent avec violence, doivent pouvoir, non-seulement briser les montagnes, mais encore user, polir, strier, sillonner leurs roches dans diverses directions, suivant que les vents les poussent dans un sens ou dans Tautre; c'est ce que beaucoup de géologues ont pensé, et cependant il faut dire que le fait en lui-même n'a pas été immédiatement vérifié, et que certains voyageurs exposent des idées tout à fait contraires.

g 107. Une action plus positive est celle que les glaciers exercent à la surface des roches sur lesquelles ils peuvent glisser. C'est un fait rigoureusement établi que sur le fond d'un glacier, partout où l'on peut pénétrer, les roches sont usées, polies, arrondies siïr leurs angles et converties en ce qu'on nomme les roclies moutonnées. Les surfaces sont aussi recouvertes d'une multitude de stries rectilignes, très-fines, et de sillons qui suivent en général la direction de la vallée, divergent là où le glacier s'élargit, etc.; c'est ce qu'on voit trèsclairement en se fourrant sous le glacier, là où la chose est possible, et déblayant tous les menus débris et la boue qui en forme le fond. Les parties latérales sont usées, polies et striées de même partout où la glace les touche, et môme sur les parties surplombantes; la glace que Ton brise dansceè points renferme encore les cailloux et les grains de sable qui ont gravé ces empreintes. Ces stries latérales sont parallèles entre elles et à la surface du glacier; mais elles se relèvent souvent jusqu'à l'angle de 45% ce qui tient à l'exhaussement de la masse de glace, qui détermine alors. deux sortes de mouvements; l'un en aval qui tend à produire des stries horizontales, l'autre de bas en haut qui en produirait de verticales; la résultante est la moyenne quand les deux forces sont égales.

Les fragments de roches qui passent sous les glaciers sont triturés, broyés de toutes les manières, souvent arrondis, et en général couverts de stries; c'est par la présence de ces débris striés qu'on peut distinguer les débris accumulés par un glacier de ceux qui ont été formés par des cours d'eau dont les cailloux sont toujours unis à la surface.

g 108. Dépdto de détritas forméft par les eaux. — Nous nV

vous considéré jusqu'ici les eaux que comme des agents destruc« teurs; mais, par cela même que sans cesse elles dégradent nos continents, il faut bien qu'elles créent quelque part de nouveaux dépôts en proportion de ce qu'elles enlèvent.

Si les mers, quand elles sont profondes, battent en général nos continents en brèche^ il arrive aussi que, dans leurs ondulations,

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