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DÉPOTS ACTUET.S FORMÉS PAR LES EAUX

plusieurs points des côtes d'Angleterre, aux Antilles, et principalement â la Guadeloupe» à la Nouvelle-Hollande, et dans la plupart des îles de la mer du Sud. Ces matières arénacées deviennent souvent assez solides pour être employées dans les constructions, et en divers lieux elles sont journellement extraites des bords de la mer pour cet usage.

g 113. Députe siiieenx. — Un assez grand nombre d'eaux minérales, et surtout celles qui sont chaudes, renferment, en même temps que le carbonate de chaux, une certaine quantité de silice : de là plusieurs tufs calcaires qui sont plus ou moins siliceux. Mais il y a aussi des sources où la silice est assez abondante pour former des dépôts considérables de tufs siliceux hydratés, tantôt à peu près purs, tantôt entremêlés avec diverses matières. Nous avons déjà cité les tufs des geyser, en Islande (g 82), dont les dépôts, de 3 à 4 mètres de puissance, s'étendent quelquefois très-loin. On en connaît de plus ou moins analogues, fournis également par des eaux chaudes, et souvent mélangés de matières étrangères, dans les monts Rocheux aux États-Unis, dans Tlnde, et aussi à Saint- Michel des Açores, où ils se trouvent par petits lits alternatifs, et par veines, dans des matières argileuses que les mêmes eaux amènent en abondance de Tintérieur de la terre. Dans tous il se trouve aussi des débris organiques, particulièrement végétaux, dont quelques-uns sont passés à Tétat siliceux, tandis que les autres ont dis* paru et ont seulement laissé leurs empreintes.

g 114. 0lruetnre des dépèto de aédimeBi. Effets de chute. ~ Si Ton examine les dépôts de détritus qui se forment au pied des montagnes par la destruction journalière des roches, on reconnaît que leurs pentes présentent des inclinaisons très-variables, dont les plus fortes ne vont jamais à 45*, et dont les plus faibles ne descendent guère au-dessous de 20*; les- variations entre ces limites se trouvent en rapport avec la grosseur, la forme des fragments et

les circonstances de chute. De là il résulte que, si, à des éboulements successifs, il se fait des variations dans la forme des fragments, danslescirconstances de chute, on aura une accumulation de dépôts dont les pentes seront successivement plus fai- « ... ^ , ^'Au , . blés, et qui offriront à peu près

^ la disposition a, ^,(7, a, 6 (ng. 51)

où chaque accroissement est plus épais dans le bas que dans la

partie supérieure. Il est évident que la même chose pourrait ayoir lieu dans les eaux stagnantes, privées de tout mouvement; d'ot il suit qu'à la chute d'une rivière dans un lac à parois rapides il pourrait se former des talus considérables très-inclinés, et que, par différentes crues qui amèneraient successivement des matériaux de grosseurs et de formes diverses, il se ferait aussi des dépôts analogues à ceux que nous venons de citer.

g 115. Effets d'entraînement. — Si en quelques points, même sous les eaux, il peut se faire quelques dépôts à couches inclinées entre 20 et 45 degrés, il ne faut pas en conclure pour des dépôts établis sur des espaces où les eaux courantes» s'étendant librement, peuvent pousser les débris arrachés de toutes parts. Ici les pentes des talus sont beaucoup moins rapides; jamais elles n'atteignent le minimum des pentes d'éboulement, et elles ne parviennent même à 10 ou 12 degrés que dans des cas exceptionnels qu'offrent des torrents d'une grande rapidité, à l'endroit où ils se précipitent dans une vallée transverse, et où il y a autant chute qu'entraînement. Le lit des rivières les plus rapides est infiniment moins incliné (g 97), et les dépôts successifs se font dans la plupart à peu près horizontalement. Les graviers et les sables que les vagues poussent sur les côtes se déposent aussi sous des angles trè&-faibles, et des pentes de 10 degrés sont des exceptions, même dans les localités exposées aux plus fortes lames; le plus souvent elles sont beaucoup au-dessous, et presque horizontales.

Il arrive souvent, pendant l'entraînement des matières par des courants d'eau, et dans les crues des rivières où il se fait im remaniement du fond, qu'il s'opère des effets analogues à ceux que produisent les vents de mer sur les dunes (g 87). Des rides se forment en travers du courant; les matériaux divers, poussés parHles7 sus ces buttes initiales, s'accumulent derrière elles, en formant des talus d'éboulements successifs qui donnent au dépôt la structure (fig. 52). Si le fleuve vient à changer de régime, il arrive bientôt que la surface ondulée du premier dépôt se trouve nivelée, et il se fait par-dessus des dépôts tranquilles (fîg. 53), dont le prudent se

Fig. 52.

Fig. 53.

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Structure produite par V entraînement des matièrea.

distingue par la structure particulière qu'il doit aux circonstances de sa formation. Ces effets résultant du mélange de dépôts tran-

nfiPOTS Acrn:Eî.s popmés par les eaux. 87

quilles et de dépôts rapides se voient très-clairement dans les atterrissements qui bordent nos rivières, et surtout dans les deltas qui terminent leurs cours, lorsque les eaux y ont creusé quelque ravin. On reconnaît alors que la masse du dépôt est formée d'assises sensiblement horizontales, à surface plus ou moins ondulée (fig. 54), qui se distinguent les unes de$ autres par la grosseur des parties

Fig. 54. Structure obiervée dans les atterrissemetUt des rivières,

composantes, par la couleur, par des structures que les accumulations rapides ont produites, soit en poussant les matières dans le sens du courant habituel, comme dans les dépôts a et b, soit en sens inverse comme dans le dépôt c, qui indique des contre-courants formés à un moment ou à l'autre . Souvent il se fait çà et là des amas particuliers, d, qui sont ordinairement formés de graviers plus grossiers, ou de débris organiques divers.

Rappelons que derrière les différents obstacles qui peuvent s'opposer à un courant il se fait souvent des accumulations de débris, allongés entre les deux branches latérales formées dans la masse liquide, et qui se continuent jusqu'à leur réunion : c'est oe qu'on voit fréquemment derrière les piles des ponts.

8 116. Effets des mouvements oscillatoires, — Les grandes masses d'eau, sujettes, comme les mers, à des mouvements ondulatoires, nous présentent encore un autre ordre de faits: non-seulement les matières suspendues s'y déposent en couches horizontales, mais encore les plus faibles agitations ne permettent à aucune particule matérielle de se fixer d'une manière stable sur des plans sensiblement inclinés, et tendent au contraire à combler toutes les inégalités du fond. Il est impossible, à la ytnté, de constater immédiatement ces effets au fond des mers; mais le nombre immense de sondages exécutés par la marine dans toutes les mers nous montrent clairement que tous les fonds mouvants ont des inclinaisons extrêmement faibles^ que des pentes de | degré sont déjà rares, et qu'au-dessus elles sont tout à fait exceptionnelles : d'où il résulte que dans ces grands amas d'eau les couches formées par les dépôts successifs doivent être tout à fait horizontales. Nous voyons d'ailleurs ce fait de la manière la plus claire dans certains lacs en tout

es cÉowtiiE.

on en partie desséchas, oti l'on rencontre des alteniativfls de couches (le tonte espèce nettement horizontales; c'est ce que présentent le lac Bakie, en Ecosse, le lac Supériear et le lac Uuron, en Amérique. On reconnaît le mfime fait dans les fonds de mer soulevés qu'on rencontre en tant de lieux différents, et que nons avons indiqués en Suède et au Chili,(g 33, 35).

-Gettedisposition des matières diverses suspendues dans les eaux, et rassemblées lit par lit sur le fond des marais, des rivières, des ' lacs, des mers, est ce qu'on nomme la slratitication: les dépôts i enx-mëmes sont dits alors sfrafi/!^s. Cette circonstance distingue i éminemment les dépQts formés par voie aqueuse de ceux qui ont I été produits par la fusion ignée, qui sont le plus souvent massift ou divisés irrégulièrement. j

g 117. Mature du *épàU^ déiwia orsaBtqne*. — Les Couches d'alluvion sont formées de cailloux roulés, de graviers et de sables, et aussi de limons plus ou moins analogues aux matières qu'on nomme argiles. Elles sont plus ou moins consolidées, tant sons leur propre poids que par les eaux chargées de carbonate de chaux ou de matières diverses qui peuvent les pénétrer. Dans les lacs, on voit des mames calcaires et argileuses, qui ont surtout la propriété de se durcir à l'air, comme on l'observe dans quelques lacs à demi desséchés d'Ecosse, daua les pierres de formation moderne qu'on tire de quelques marais de Hongrie, et dans celles du lac Supérieur et du lac Uuron, aux Ëtala-Unis. On ne peut douter qu'il ne s'en forme de semblables dans les mers, puisque lenrs eaux sont souvent assez calcariféres pour consolider les sables rejetés sur les côtesi et la nature des dépôts soulevés en tant de lieux différents ne peut laisser aucune incertitude à cet égard.

g 118. Ces dépOts sont fréquemment remplis des débris de tout

les Êtres organisés' qui vivent actuellement à la surface du globe.

Dans les alluvions des rivières on trouve les débris des coquilles

tluviatiles qui vivent encore dans les mêmes lieux, (Sg. 55 à 57j,

Fig. SS. Fi;, KG, Fig. j7.

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