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DÉPOTS ACTUELS FORMÉS PAR LES EAUX

entrelacés, arrêtés çà et là dans les ensablements, et qui finiront par être complètement ensevelis dans les alluvions. La masse de végétaux que ce fleuve transporte à la mer est telle, qu'on a été jusqu'à révaluer à plusieurs millions de mètres cubes par heure.

Les courants établis dans les mers transportent également des masses immenses de végétaux, de plantes marines et de débris organiques de tous les climats, qui se déposent dans les anses que ces fleuves marins rencontrent sur leur passage. C'est ce qu'on remarque à l'égard du courant atlantique, qui longe les côtes de l'Amérique, jusqu'aux régions glacées du Nord, où les courants polaires accumulent les débris de ces contrées avec ceux des autres parties du monde. **

Les lacs qui reçoivent les débris charriés par les rivières se remplissent petit à petit de tous ces matériaux; c'est ce qu'on voit dans quelques-uns d'entre eux, où il s'est fait ainsi des marais et des atterrissements considérables. Il doit en être de même du fond des mers, où, en définitive, viennent aboutir toutes les eaux avec leurs limons et leurs sables; on conçoit qu'il doit s'y faire à la longue des dépôts épais qui s'augmentent de toutes les dépouilles des nombreux animaux qui pullulent dans ces vastes abtmes.

g lli. DépèU des matières lenae» en «oIhUoii. — Si les eaux dégradent et entraînent différentes matières, elles en dissolvent aussi quelques-unes (g 89), et les déposent ensuite par évaporation sous la forme de sédiments solides, quelquefois même plus ou moins cristallins. C'est à l'infiltration de ces eaux, par exemple, que sont dues les stalactites de toute espèce qui se forment dans les diverses cavités souterraines, et dont la masse est surtout considérable dans les cavernes des pays calcaires. Mais il y a plus : certaines eaux sont assez riches en matières dissoutes et assez abondantes pour donner lieu à la formation de dépôts fort étendus à la surface de la terre. Ce sont surtout celles qui, au moyen de l'acide carbonique, tiennent en solution une grandaquantité de carbonate de chaux, et qui, fournies par des sources abondantes ou nombreuses, donnent lieu à des ruis^aux, et même à des lacs, au fond desquels se forment journellement ce qu'on nomme les tufs calcaires, dont il existe des dépôts trèsr^onsidérables. Presque partout on trouve de ces eaux; et, pourpeu qu'en parcourant une contrée calcaire on ait la moindre volonté de rechercher ce qu'elle peut offrir à l'observation, il est impossible de n'en pas remarquer les effets. Ici, en s'éparpillant sur un terrain plat ou sur la pente d'une vallée, ces eaux incrustent les plantes qui y croissent naturellement, et, de ces incrustations agglomérées et superposées, il résulte des rochers plus ou moins con-

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sidérables dont la masàe se consolide par les nouvelles eaux qui circulent dans les vides et en réunissent toutes les parties. Là, en roulant sur la pente d'un terrain dépourvu de végétation, ces eaux déposent des couches minces et successives qui en suivent les ondulations, et dont l'ensemble forme des masses compactes plus ou moins épaisses qui s'accroissent journellement. Ailleurs il n'est pas rare de voir les débris qui gisent au pied des montagnes ou des escarpements, cimentés plus ou moins solidement par la matiëré'que ces eaux déposent entre leurs parties. Lorsque les eaux se rendent dans des marécages, elles en incrustent aussi toutes les plantes, et il arrive souvent alors qu'elles en recouvrent toute la surface d'une croûte sur laquelle se développent parfois de belles prairies; mais peu agrégées, mal supportées par les incrustations inférieures, ces croûtes superficielles offrent fréquemment un imminent danger à quiconque voudrait les traverser, par les fondrières qui se déclarent subitement sous les pas : les animaux surtout, attirés par la verdure, y sont fréquemment pris. Ce n'est qu'à la longue, par les eaux de même nature qui viennent successivement se perdre sous ces voûtes, que la base du dépôt prend plus de solidité, et qu'on peut ensuite le franchir avec une certaine sécurité, mais non sans trouver les traces des accidents qui y sont arrivés. Dans les lacs ou se réunissent de telles eaux, il se forme des couches horizontales de matières calcaires plus ou moins solides, qui se remplissent souvent de coquilles fluviatiles, et même de coquilles terrestres que les ruisseaux y entraînent journellement des terres voisines.

Si un grand nombre de dépôts de tuf calcaire sont encore aujourd'hui en voie de formation, comme ceux de Vichy, de Saint- Âllyre, près de Glermont, où ils ont formé un pont au-dessus du ruisseau de Tiretaine, d'un assez grand nombre de lieux en Bourgogne, en Quercy, dans les Cévennes, etc., il en est beaucoup où il paraît évident que les sources ont perdu considérablement de leur ancien volume, et plus encore où elles sont entièrement taries depuis un temps immémorial : mais dans ceux-ci même on reconnaît encore facilement l'origine des dépôts, par leur position en dehors des séries continues de formation dont nous parlerons dans la suite, et par la présence, la disposition et la nature, fluviatile ou terrestre, des débris organiques qu'on y rencontre.

g 112. C'est aussi par des eaux plus ou moins chargées de carbonate de chaux que les sables rejetés par les vagues, soit dans les lacs d'eau douce, soit dans les mers, sont journellement consolidés. On cite à cet égard les sables du lac Supérieur dans l'Amérique septentrionale^ ceux qui s'amoncellent dans le golfe de Messine, en

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