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RÉSDMÉ DES FAITS DE L*ÉPOQUE ACTUELLE

g 429. D'après Texposé et la discussion des faits réunis dans les chapitres précédents, nous regardons comme établis en principes généraux de la science les divers résultats suivants :

A. Faits relatifs au globe en général.

1® La distribution de la chaleur à la surface du globe tient a la disposition et à l'étendue relative des terres et des mers, à la forme insulaire ou continentale et à la position des côtes.

Les parties orientales des continents sont plus froides que les parties occidentales, et l'intérieur est plus froid que les côtes; les tles ont une température plus uniforme, et la différence des étés aux hivers est peu considérable. Dans l'état actuel , la flore des côtes et des îles des mers australes présente des espèces dont les analogues ne vivent sur les continents du nord qu'entre les ti^opiques.

S* La masse du globe a été primitivement fluide; car, autrement, elle n'aurait pu se renfler à Téquateur, prendre la forme d'un sphéroïde de révolution, et augmenter de densité de la surface au centre.

5° Cette fluidité primitive est le résultat d'une fusion ignée, puisque la température va encore en augmentant de la surface à l'intérieur du globe, de telle manière qu'à 5 Idlomètres il y aurait déjà 1 00 degrés, et qu'entre 20 et 40 tous .les silicates seraient en pleine fusion.

4* La couche consolidée du globe, très-mi iice aujourd'hui relativement au rayon de la masse en fusion, a dû être encore infiniment moindre dans les premiers temps du refroidissement; par conséquent les dislocations, les mouvements divers du sol, ont été plus faciles encore qu'aujourd'hui.

• B. Effets des tremblements de terre.

S"" Dans les tremblements de terre, il se fait des crevasses plus ou moins étendues, plus ou moins profondes; des montagnes s'engloutissent, d'autres apparaissent subitement : des lacs s'écoulent à travers leurs digues rompues, ou se perdent dans des conduits souterrains, résultats évidents des crevasses faites à l'intérieur de la terre.

6* Dans ces phénomènes instantanés il se fait des soulèvements de terrain considérables, ou bien des affaissements qui ne le sont pas moins ; mais il s'en fait aussi en différents lieux avec lenteur et progressivement sur des espaces très-étendus. L'observation montre qu'il a dû s'en faire également à des époques antérieures.

G. Résultat des phénomènes volcaniques.

7* Les phénomènes volcaniques nous offrent aussi des soulèvements du sol, des crevassemenls profonds, des excavations plus ou moins vastes, à couches inclinées en dehors, qui forment ce qu'on nomme les cratères de soulèvement. Il s'élève du sein de la terre des montagnes coniques, tantôt pleines, tantôt offrant un canal vertical au centre, et un cratère au sommet, qui sont composées ou de matières cristallines, ou de matières poreuses et scoriacées; ces montagnes sont quelquefois isolées, quelquefois groupées, et le plus ordinairement alignées sur une même fente.

8^ Les éruptions commencent souvent par des déjections de ma- Uèrcs pulvérulentes, dont 1 accumulation forme les tufs volcaniques

autour des volcans; les laves se font jour soit par le cratère culmi* nant, soit par des crevasses latérales, quelquefois même très-loin du foyer principal.

9* La forme des courants de laves varie beaucoup, suivant Finclinaison des pentes sur lesquelles ils coulent. Sur des terrains inclinés il ne s'arrête que de faibles courants, qui se réduisent à une bande étroite en forme de gouttière, offrant un bourrelet de chaque côté, très-mince é la partie supérieure, et se terminant par un culot retenu dans le sac solide et tourmenté qui se forme par le refroidissement. Les grands courants ne s'arrêtent que quand ils sont parvenus sur un sol horizontal : ils ne laissent alors après eux, sur les pentes rapides, que des traînées minces de fragments incohérents et scoriacés ; sur les pentes faibles ils laissent des dépôts disloqués, formés de grandes pièces bousculées les unes sur les autres. Ce n'est que sur uu sol horizontal que la lave s'accumule en galettes ou en nappes, plus ou moins épaisses, dont la surface est alors sensiblement unie.

lO"* Les caractères des laves, après le refroidissement, sont en rapport avec l'inclinaison des pentes sur lesquelles elles se sont arrêtées : la matière est scoriacée et fragmentaire sur des pentes rapides: elle est poreuse et disloquée en larges blocs sur les pentes douces. Ce n'est que dans la plaine ou dans les bas-fonds que, accumulée sur une grande épaisseur, elle devient compacte, cristalline, plus ou moins porphyroïde dans la partie inférieure et souvent divisée en colonnes prismatiques verticales. La partie supérieure du dépôt présente alors une masse poreuse plus ou moins épaisse.

11* Les fentes produites par l'action volcanique restent quelquefois ouvertes dans le haut, ou s'y remplissent de rapilli ; mais, dans le bas, elles sont remplies de laves, qui forment alors des filons*, ou dikeSf communiquant quelquefois a des nappes plus ou moins étendues dont ils ont fourni la matière.

12* Les vapeurs qui, dans les éruptions volcaniques, se dégagent des laves, des cratères, des solfatares, exercent une action puissante sur toutes les matières environnantes, les désagrègent, les réduisent eu poussière ou en bouillie, et, séparant leurs éléments» enferment fréquemment de nouveaux composés.

D. Effets des agents extérkursi

13* L'air atmosphérique, les alternatives de sécheresse, d'humidité et de gelée, exercent une action sensible sur la plupart des matières minérales qui se trouvent à la surface du globe. C'est de leurs

dégradations par ces agents que résultent souvent les escarpements rapides que présentent les hautes montagnes» les éboulis qu'on trouve à leur pied sous des angles très-variables, et qui, en se superposant, produisent des espèces de couches inclinées, plus épaisses |Vers le bas que dans le haut. Cependant il est difficile d'attribuer [uniquement à ces effets les grandes désagrégations que présentent certaines roches à leur surface, et en particulier les granités de quelques contrées, qui parattraient plutôt avoir été décomposés par des vapeurs émanées du sol.

14* A la faveur de Tacide carbonique qu'elles prennent à l'air, les eaux rongent successivement les dépôts calcaires, surtout dans les hautes montagnes; mais elles agissent plus puissamment encore en délayant certaines roches, entraînant les parties peu agrégées, et laissant ainsi sans appui les couches supérieures : elles donnent alors lieu â des dislocations et à des éboulements plus ou moins considérables.

i5* Les mouvements dont les eaux peuvent être animées joignent i ce premier effet une force d'impulsion qui est quelquefois prodtgieuse ; de là les falaises produites par les vagues sur les côtes qui bordent nos mers, les dislocations, les déchirures et les découpures de toutes les îles exposées à la fureur des flots.

16* Les eaux courantes, se trouvant animées d'une grande vitesse, arrachent, culbutent, entraînent tout ce qui se trouve sur leur passage dans les vallées qu'elles parcourent, dont elles dégradent et sillonnent les flancs en même temps qu'elles les approfondissent successivement. Ces effets dépendent de l'inclinaison du sol et de la profondeur des eaux ; ainsi, dans nos torrents les plus fougueux, capables de rouler des blocs de ^ mètre de diamètre sous une faible profondeur, la pente ne va pas à plus de 2- degrés; dans nos fleuves les plus rapides, le lit n'est pas même incliné de plus de 3 4 4 minutes.

•n** Au moyen des sables et des cailloux qu'elles charrient, les eaux creusent à fleur d'eau des cavités plus ou moins profondes sur les falaises de nos rivages, des sillons sur les plages, dans les vallées et à la surface des rochers dans les montagnes; enfln elles forment des cavités profondes nommées marmites des géants, au pied des cascades ou à l'endroit des remous de nos rivières. 11 est à présumer que les glaces flottantes sillonnent également les flancs des rochers qu'elles rencontrent et les sommets dés montagnes sous-marines.

18* Les matériaux solides arrachés aux roches, étant ballottés, roulés par les eaux, s'arrondissent successivement par leurs frottements mutuels, et constituent ce qu'on nomme les galets, lescail- '

loux. roulés, les graviers, les sables et le limon. Transportés par les ruisseaux et les rivières jusqu'aux parties inférieures de leur cours, ces débris se déposent çà et là, et s'accumulent dans les lacs et dans les mers, en formant des' amas immenses, souvent à de trèsgrandes distances des points d'où ils sont arrachés. Jetés sur les rivages par les vagues, ils forment sur les côtes des levées de galets et de sables, du sommet desquelles partent les dunes, et des cordons littoraux qui constituent les véritables barrières que la mer elle^ même a opposées à ses flots.

19" Les glaces flottantes produites par les débâcles des rivières et celles qui cbaque année se détachent des côtes et des glaciers des mers polaires, charrient constamment, comme des radeaux, des blocs de roches plus ou moins volumineux, des amas de terre et de débris qui se trouvent ainsi transportés, sans être roulés, souvent très-loin du lieu d'où ils se sont éboulés, et vont former des dépôts adventifs sur tous les rivages, ou même au milieu des mers.

20" Les glaciers reçoivent à leur surface tous les débris qui s*éboulent des montagnes, et, en glissant sur le ibnd des vallées, transportent toutes ces matières des points les plus élevés des chaînes de montagnes jusqu'à leur partie inférieure ; il en résulte sur les flancs de la vallée et à leur extrémité des dépôts de blocs et de fragments non arrondis qu'on nomme moraines, et que l'on distingue par leurs pentes des amaà formés par les eaux.

21" Les glaciers, en glissant sur les pentes des vallées, en usent et polissent toutes les parties, tant sur le fond que sur les parties latérales, et même les parties en surplomb. Us les chargent de stries fines rectili^nes et de sillons, qui suivent en général la direction de leurs mouvements.

E. Dépôts formés par les eaux.

22" Les dépôts formés par entraînement aux embouchures des rivières présentent une série de couches ondulées horizontalement ; mais ces couches offrent souvent divers accidents de structure plus ou moins oblique, qui résultent de l'entassement rapide des matériaux poussés par les eaux. Ceux qui se forment tranquillement dans les lacs et dans les mers sont toujours en couches nettement horizontales, à surface parallèle, même pour les matières arénacées ; cette circonstance parait tenir aux agitations ondulatoires, qui tendent toujours à égaliser la surface des matières qui se déposent dans les bas-fonds.

25" Les eaux qui tiennent des matières en solution les déposent

petit à petit sur toutes les pentes qu'elles parcourent, et uniforme* ment sous toutes les inclinaisons; elles consolident souvent les matières arénacées dans lesquelles elles pénètrent, et forment, dans les lacs où elles aboutissent, des couches solides, horizontales, par une cristallisation plus ou moins confuse : c'est ce qui a lieu probablement aussi dans les mers.

' 24* Les dépôts formés sous les eaux renferment toujours une quantité plus ou moins considérable de débris organiques, les uns épars dans les matières arénacées, les autres constituant, presque à eux seuls, des couches ou des amas très-étendus. Ceux qui se sont formés dans les eaux douces contiennent des débris fluviatiles et terrestres; ceux qui se sont formés dans les mers renferment des débris marins. Cependant il y a fréquemment mélange ou alternance, surtout aux embouchures des rivières ; et il est clair qu'il doit même en être ainsi au milieu des mers, par suite de Tentraînement de toutes les matières qui sont journellement transportées par les rivières, puis poussées par les courants que présente rOcéan. C'est ainsi que les plantes des tropiques peuvent se trouver mêlées avec celles des pôles, les végétaux terrestres avec les algues et les fucus qui vivent dans nos mers.

F. Hescifs madréporiques et tourbières.

85* Les rescifs madréporiques, qui ne dépassent pas aujourd'hui les mers intertropicales, sont établis sur toutes les roches sous^ marines dont la profondeur n'excède pas 10 à 12 métrés; de là ils s'élèvent jusqu'à la surface des eaux, et constituent des îles basses qui se couvrent souvent de mousse et de végétaux, ou des rescifs souvent très-dangereux pour la navigation. Des' bancs analogues se présentent, à 200 ou 300 mètres d'élévation, au milieu de certaines lies, qui par conséquent ont dA être, soulevées du sein des mers à des époques assez modernes. .

26* Les tourbières, formées dans les dépressions du sol où des eaux peu profondes peuvent séjourner constamment, se trouvent éparses çà et là à la surface des plateaux plus ou moins élevés, comme sur celle des plaines basses, et suivent souvent la direction des vallées dont elles remplissent les anses. Ces dépôts présentent quelquefois diverses couches de combustible séparées les unes des autres par des matières argileuses, sableuses ou calcaires, remplies parfois de débris de mollusques fluviatiles ou terrestres et de ceux des grands animaux qui vivent encore les uns et les autres dans la contrée.

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