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NOTIONS PRÉLIMINAIRES

peu considérables, mollement arrondies, dont les pentes se confondent doucement avec le sol environnant, pris comme niveau de la contrée. Un tertre ou une butte est une colline détachée, isolée au milieu de la plaine, ou surmontant tout à coup une colline plus surbaissée et plus large. Un rocher est souvent un tertre de ma-^ tières solidement agrégées, pouvant se soutenir sous toutes lesïbrtnes, et dont les flancs sont plus ou moins irréguliers, quelquefois â pic. Enfin, sous le nom de montagnes, on comprend toujours une * masse très-élevée au-dessus du plan qui sert alors de niveau. On conçoit que toutes ces dénominations n'ont rien de nettement déterminé et que leur application est souvent fort arbitraire. • Une montagne, quelle qu'elle soit, s'^élève prefsque toujours en pente douce depuis son pied jusqu'à une certaine hauteur, ce qui tient souvent à l'accumulation de ses débris, qui ont formé des talus plus ou moins inclinés. Plus haut les flancs deviennent plus rapides, tantôt unis, tantôt déchiquetés de toutes les manières, souvent abrupts ou taillés en gradins. Vers le sommet se présentent encore, quelquefois successivement, de nouvelles pentes, des escarpements à pic, des cimes enfin de toute espèce. Les variations que présentent ces différentes parties donnent aux montagnes des configurations diverses, le plus souvent en rapport avec la nature des matières qui les composent, et dont quelques-unes ont reçu des noms' particuliers.

Fig. 5. Fig. 6. Fig. 7. Fig. 8.

Diverses form&s uc montaynen.

Lorsque le sommet d'une montagne présente une masse conique (fig. 5) plus ou moins rapide, comme on Tobserve surtout dans les pays volcaniques, on lui donne le nom de piton^ depti? ou de put/, qui s'applique souvent alors à la montagne entière. S'il est arrondi en boule, comme on le voit fréquemment dans les Vosges, il prend le nom de ballon. Les sommets terminés en pointes aiguës, en crêtes dentelées (fig. 0), qui appartiennent aux terrains de gneiss {Minéralogie y' % 171, note)^ élevés â de grandes hauteurs, comme dans les Alpes, prennent le nom d'aiguilleSy de dents, de cornes, suivant les aspects qu'ils présentent. On nomme tour ou cylindre des sommets taillés à pic (fig. 7), qui ressemblent de loin à des fortifications; c'est ce qu'on observe souvent dans les pays calcaires,

dont les montagnes sont aussi caractérisées par des flancs taillés en gradins (fig. 8), par des escarpements formés d'assises horizon» taies, et par des terminaisons en plateaux.

g 14. mammitm découpée par le» wmnée». — Les ^collines OU les

•montagnes qu*on aperçoit au loin, à l'extrémité d'une plaine, ne { sont fréquemment que les flancs d'un plateau plus ou moins élevé au-dessus de celui qu'on occupe soi-même. Or, ces plateaux, et ' particulièrement ceux qui sont très-élevés, nous offrent encore une circonstance importante â remarquer. Il est rare qu'ils soient entiers dans toute leur étendue, et le plus souvent le massif qu'ils

N constituent se trouve découpé par des entailles profondes fréquemment ramifiées, rayonnant en différents sens, qui le partagent de diverses manières en se prolongeant sur le plateau inférieur, où elles viennent déboucher. C'est cette circonstance qui les a fait considérer comme des groupes de montagnes, tandis que dans le fait, ils ne forment souvent, dans toute leur étendue, qu'une seule et même masse, morcelée par des vallées plus ou moins nombreuses. Les plates-formes des différentes pièces dont ils paraissent composés, tantôt entièrejnent séparées, tantôt réunies par. des lambeaux irréguliers, se trouvent sensiblement sur un même plan, et les couches qui composent la masse se correspondent sur les pentes des ravins qui les sillonnent. Quelquefois aussi le massif se trouve divisé par des vallées rayonnantes qui se réunissent en un point central où se présente un vaste enfoncement; on remarque alors sur le bord de ce bassin des montagnes plus ou moins élevées, qui ne sont que les extrémités des masses partielles dans

. «^ . lesquelles le massif total se trouve partagé.

y ,' V. § 45. Chaînes de montacnes. — Il existe aussi, parmi les protubérances de la surface du globe, des dispositions allongées qui s'étendent à de grandes distances, et qu'on donne le plus souvent encore comme le résultat d'un groupement de montagnes à la file les unes des autres : c'est ce qu'on nomme les chaînes de montagnes. On dépeint souvent une chaîne, pour la représenter dans sa plus grande simplicité, comme formée par deux plans inclinés réunis en une arête, tels que sont les deux pentes d'un toit; mais celte simplicité, tout au plus applicable â quelques rides allon* gées de la surface terrestre, est tout idéale, et dans la réalité il y a plus de complication. On a comparé plus heureusement une ehatne de montagnes à une arête de poisson ; en effet, on y oIh serve une masse centrale dirigée suivant une certaine ligne, et des branches latérales ou chaînons, à peu près perpendiculaires à la direction générale, qui se correspondent de part et d'autre, et

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f^avancent à des distances plus ou moins grandes. Ce n*est qu'aux extrémités d'une chaîne que les branches deviennent divergentes et forment ce qu'on nomme la patte d^oUy caractère qu'il est bon de remarquer» en ce qu'il assigne des limites locales aux phéno« mènes qui ont produit ces dispositions de montagnes.

Les branches d'une chaîne sont le plus souvent divisées comme la chaîne elle-même; elles présentent des rameaux perpendiculaires à leur direction et divergents â l'extrémité. Ces rameaux se •subdivisent encore, et souvent il en est de même de leurs différentes parties, pour ainsi dire à l'infini.

Généralement le centre de la chaîne est la partie la plus élevée» et les branches latérales s'abaissent successivement jusqu'à leur extrémité; on peut en dire autant des rameaux relativement aux branches. Cependant il arrive fréquemment que, dans certaines parties d'une branche ou d'un rameau, quelquefois à l'extrémité, le terrain se relève brusquement, et même à une hauteur plus grande que partout ailleurs.

On remarque aussi que les pentes sont rarement égales sur les deux versants d'une chaîne; c'est ce qu'on observe dans le Jura, dont lea pentes sont extrêmement douces du côté de la France, et pour ainsi dire abruptes vers la Suisse; dans les Pyrénées, où les pentes sont généralement plus rapides du côté de l'Espagne que du côté de la France ; dans les Alpes, dans les Vosges, et mieux encore dans les Andes, qui s'inclinent si rapidement du côté de l'océan Pacifique, etc.

Le faite d'une chaîne présente ordinairement une ligne plus ou moins onduleuse dans toute son étendue. Son élévation est aussi extrêmement variée : ici les sommets se portent brusquement jusqu'à plusieurs milliers de mètres; là ils restent à quelques centaines seulement, et ailleurs ils prennent toutes les hauteurs intermédiaires de manière à produire les plus grandes inégalités. C'est en général à l'endroit où se rattachent deux branches latérales opposées que se trouvent les plus grande» hauteurs, et entre deux branches voisines il existe le plus sauvent une grande dépression qu'on nomme coL Nous reconnaîtrons plus tard à quoi tiennent toutes ces circonstances auand nous aurons acquis des données , suffisantes sur la composition et la formation des montagnes. ^j^L^ % \^. Croiaemeni de« eludliie0. — Les chaînes de montagnes sont nombreuses à la surface du globe, et dirigées dans tous les sens; d'où il arrive qu'en certains lieux elles se coupent mutuellement de toutes les manières, et forment des réseaux plus ou moins compliqués. Les points de croisement, qu'on nomme noeuds^ pré*

sentent souvent des élévations subites beaucoup plus considérable» que partout ailleurs.

Quelquefois plusieurs chaînes marchent à peu près parallèlement, et l'espace qu'elles laissent entre elles offre une vaste plaine élevée dont elfes forment les limites. Un des plus beaux exemples de cette disposition est fourni par les chaînes de Mouztagh et de Kouenloun, par le Eatchi et THimalaya, au centre de TÂsie; les Alpes et le Jura» qui laissent entre eux les plaines de la Suisse, en sont un faible exemple en Europe,

g 17. Les chaînes, en se croisant de toutes les manières» forment ce qu'on nomme en géographie des systèmes de montagnes^ auxquels se rapporte la topographie des diverses contrées; mais ces prétendus systèmes, auxquels llmagination a fréquemment ajouté, n'offrent souvent que peu d'importance sous les rapports géologiques, si on les considère isolément. Nous verrons qu'il faut y ajouter det considérations particulières qui conduisent à des idées d'un ordre plus élevé, et qui se lient aux grands phénomènes dont le globe terrestre a dû être le théâtre (g 529 à 551). Ces Mts conduisent à reconnaître que les chaînes du même ordre sont placées à la sarface du globe de manière à se trouver sur un grand cercle, ou parallèlement, et à occuper la moitié de sa circonférence. Les chaînes d'un autre ordre sont disposées sur un grand cercle différent, plus ou moins incliné sur le premier, etc. Citons quelques exemples : si l'on veut jeter les yeux sur un globe, on verra que les AUeghanys, les Pyrénées, les Apennins, les montagnes de la Croatie, les Karpathes, le Zagros de la Perse, les Gathes du Malabar, sont autant de chaînes qui offrent la même direction, et sont toutes parallèles â un grand cercle qui passerait par la première. Si l'on considère la partie des Alpes qui se dirige du Valais en Autriche, on verra qu'un grand nombre d'autres chaînes lui sont parallèles, telles que les montagnes de l'Espagne, le Taurus, le Caucase, l'Atlas, le Balkan et les chaînes qui viennent à travers la Perse se lier à rnimalaya,(g 551, fig. 575).

g 18. Caraetères des vallées. — On nomme vallées les espaces vides qui séparent les différentes parties d'un massif, les diverses branches d'une chaîne, où enfin deux chaînes elles-mêmes.

Considérées dans une chaîne, les vallées sont, comme les chat« nous, ^rpendiculaires à la direction générale, et se nomment vallées transversaleSf parce qu'elles coupent les chaînes en travers. A. ces vallées viennent aboutir perpendiculairement les vallons, qui séparent les rameaux de chaque branché, comme â ces vallons viennent se rendre les gorges diverses qui séparent les subdivisions.

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Les grands espaces situés entre deux chaînes sont fréquemment nommés vallées longitudinales; c'est là que viennent déboucher, à peu près à angle droit, les vallées transversales qui se trouvent de, part et d'autre.

Q.es vallées desgranjjg ^g^^î^ ^^ ^ît ^^^^^\ chaînes, sont quelquefois étit^iî,^profonaes'et à p^/itiîs^scîSfi^eis ; c'est ce qui

s est surtout remarquable dans les hautes régions de l'Asie centrale et de l'Amériq ue équa toriale, où certaines vallées présentent des

7>; V .ufl^res verticales effroyables, dé i,500 à 2,600 mètres de profondeur, fréquemment si étroites, qu'il suffit de quelques blocs roulés en travers pour y former des ponts naturels^Ces fissures abruptes forment généralement un caractère des pays à plateaux élevés, où toutes les rivières (soiUjortement encaisséesn non-seulement on les observe en Asie et en Amérique, niais la presqu'île Scandinave nous en offre encore de beaux exemples, quoique la hauteur des parois soit moins considérable ; la Croatie, la Garniole, nous en présentent également, quoique sur une échelle moins étendue. ^

Cette configuration n^est cependant pas celle que présentent le a plus ordinairement les vallées; presque toujours il arrive que leurs j> pentes, quoique fréquemment escarpées, deviennent du moins \^ abordables en divers points ; leurs fonds et leurs flancs peuvent ^^ souvent recevoir des habitations, et des chemins qui servent de /^ passages habituels à travers les montagnes. ^

Nous avons fait remarquer que les branches latérales d'une Ç

chaîne se correspondent de chaque côté du faîte ; il en est de ^

même des vallées, et il arrive généralement qu'après en avoir suivi une sur l'un des versants, on en trouve une autre au sommet pour descendre sur le versant opposé; cette correspondance a lieu par Téchancrure que nous avons indiquée entre les sommets qu'on observe à la correspondance des chaînons (g 15). Ce sont ces échancrures qu'on nomme cols dans certaines localités, passages ou ports dans d'autres, et quelquefois brèches.

§ 19. On juge presque toujours, en parcourant une vallée, qu'elle va en s'élargissant de sa partie supérieure à son extrémité ; mais c'est une pure illusion, qui tient à ce qu'on prend, dans le haut, le pied de l'esca^'^ment pour point de départ, sans faire attention à l'écartement des sommités. La véritable forme est précisément inverse, c'est-à-dire plus étroite dans le bas que dans le haut, ce qu'on voit clairement en l'observant de ces sommités mêmes.

Les vallées présentent sur leur longueur des évasements et des étranglements successifs; leur fond offre souvent des alternatives de pentes douces et de pentes rapides, ou même des parties abruptes,

et celles-ci correspondent aux étranglemekits, tandis que les autre? se montrent là où la vallée s'élargit. Il en résulte qu'une vallée se compQse souvent d'une série d'amphithéâtres ou de bassins placés les uns au-dessus des autres, et qui communiquent entre eux par des passages étroits dont le sol présente une pente rapide ou ud escarpement. Souvent il arrive que» dans là partie supérieure, la vallée se termine par un cirque dont les parois sont à pic, et dont le centre est quelquefois occupé par un lac.

g 20. Les vallées longitudinales, par lesquelles les grands fleuves s'écoulent, présentent fréquemment les mêmes caractères; elle» offrent aussi de grands bassins successifs, qui communiquent entre eux par une échancrure plus ou moins profonde des montagnes qui les entourent, et dans laquelle le fleuve se trouve tout à coup resserré. C'est ainsi que le Rhin, après être sorti du lac de Constance, qui forme son premier bassin, traverse les montagnes qui lient le Jura et la forêt Noire, où il est bordé et obstrué par les rochers. Arrivé à Bâle, il passe, en changeant de direction, dans le vaste bassin d'Alsace; puis à Bingen, après avoir serpenté dans la plaine, il coupe les montagnes de l'Eiffel, qu'il traverse par une gorge étroite qui ne laisse guère que son passage,, et dont il sort à Coblentz. Le Rhône, le Danube, l'Elbe et un grand nombre de fleuves sont exactement dans le même cas; et ce qui étonne surtout dans ces accidents, c'est que le plus souvent la communication d'un bassin à l'autre se fait à travers les parties les plus élevées, comme aussi les plus solides, des montagnes qui les entourent. Cette circonstance s'oppose a Tidée de digues rompues par le seul poids des eaux; car, s'il en était ainsi, il est clair que la rupture se serait faite au point le plus bas de l'enceinte, comme aussi dans les parties les moins résistantes.

. § 21. Les passages bordés d'escarpements à pic, que présentent Les vallées en divers points, prennent en général le nom de défiles, et souvent aussi de portes des nations, parce qu'ils ont fréquemment séparé des peuplades qui y trouvaient une défense facile, comme à la porte d'une muraille. 11 en est qui sont célèbres dans l'histoire; tels sont les défilés du Taurus et du Caucase, connus sous les noms de Porte Ibérienne, Porte Caspienne, Porte Aibanienne» Passe d'Issus, célèbre par le passage d'Alexandre; telles sont encore les Thermopyles, où les 300 Spartiates arrêtèrent l'armée de Xerxès; les Fourches Caudines, où les Samnites forcèrent les Romai;is à passer sous le joug, etc. Les parois de ces passages taillés à pic ont quelquefois des hauteurs considérables; il y en a dans les Andes qui s'élèvent jusqu à 1 ,600 mètres. . a

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