‹ GéologieChapitre 4 sur 77 · J^ NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

J^ NOTIONS PRÉLIMINAIRES

[ g 22. ée«aiemefit de* eaux. — C'est par les vallées que s'écoulent les eaux produites par les brouillards, les pluies, la fonte des neiges. Ces eaux se rassemblent dans les gorges, les vallons, les vallées transversales, et forment les torrents, les ruisseaux, les rivières et les fleuveà, pour se rendre à la mer ou dans quelque grand lac. Ces courants présentent dans leur maréhe des circonstance» complètement en rapport avec celles des vallées par lesquelles ils se dirigent; ils sont d'une rapidité effrayante dans les parties où les vallées se rétrécissent, et reprennent un cours lent et tranquille là où elles s'élargissent, en y formant quelquefois des lacs plus ou moins étendus. Les pentes rapides, les escarpements, produisent sur ces courants ce que Ton nomme rapides, sauts, chutes, cascades et cataractes, dont tous les pays de montagnes nous offrent i des exemples. /

§25. Plaines situées à diverses hauteurs.— On nomme plaine tout espace sensiblement uni n'offrant que des ondulations peu 'marquées, relativement à son étendue. 11 en existe à toutes les hauteurs, depuis le niveau des mers jusqu'au milieu des montagnes les plus élevées. On les distingue en plaines basses et en plaifies hautes ou plateaux, sans qu'on puisse fixer positivement où finisisent les unes et où commencent les autres, tant il y a de hauteurs intermédiaires. C'est en quelque sorte par des plaines successives, eC comme de terrasse en terrasse, que s'élèvent principalement les continents au-dessus de l'Océan ; les grandes chaînes qui les tra^ Versent ne sont, pour ainsi dire, que des accidents au milieu des terrains plats élevés, comme on le voit, par exemple, sur le plateau central de la France, dans les montagnes de la Margeride et de la Lozère, qui dominent toute la contrée.

Parmi les plaines basses, on peut citer, sur les confins de l'Europe, les steppes desRirghiz, où 1,800 lieues carrées de pays se trouvent au niveau de l'Océan, ou môme au-dessous, car Astrakan et tous les bords de la Caspienne se trouvent plus bas que le niveau de la mer Noire. C'est la plus vaste dépression que nous con«naissions; car la mer Morte, et les plaines environnantes, qui sont également au-dessous de la Méditerranée, ne peuvent être mises en comparaison. Ces plaines se lient par des pentes insensibles à celles de l'Ukraine et de la Lithuanie, jusqu'à celles du llolstein, du Jutland, etc., de manière à offrir en Europe une immense étendue de pays plats. Toutes les parties du monde offrent également des plaines basses très-considérables, et l'Amérique renferme peutêtre les plus vastes du globe, comme celles où se dessinent les nooh breuses ramifications de l'Amazone, de la Plata, etc.

te GÉOLOGIE.

8 24. Les plaines hautes les plus élevées au-dessus des mers se trouvent au centre de TAsie, où elles ne le cèdent en rien aux plaines basses des autres continents. Celles qui forment la haute vallée comprise entre la chaîne du Kouenloun et celle de Tllimalaya, et qui constituent le Tibet proprement dit, se trouvent à 3,600 mètres au-dessus du niveau des mers. C'est la plus haute que nou& connaissions, car toutes celles qu'on avait confondues sous le nom général de plateau du Tibet sont beaucoup plus basses; Timmense désert de Cobi, entre le Kouenloun et la chaîne volcanique deThian- Chan, n'a pas plus de 1,200 mètres dans ses parties les plus élevées. En Amérique, le plateau de Quito se trouve à 3,000 mètres d'élévation, et celui du Mexique à 2,000. Ce dernier, qui a 50 lieues de large, se prolonge à 150 lieues vers, le nord gans presque subir d*abaissement. Nous n'avons rien de comparable en Europe, ni pour retendue ni pour la hauteur, et cependant on peut citer le plateau qui couronne les montagnes de la presqu'île Scandinave» les plateaux de la Croatie et de la Carniole, ceux des Ardennes, du Limousin et de l'Auvergne, desCévennes, etc. , qui en sont du moins dé^ exemples en petit.

§ 25. 0i0tribuiioM de 1* ehaleur k la sai^aee du fflobe. —

Si la surface terrestre était partout homogène, la distribution de la chaleur y serait déterminée par les latitudes, le mouvement du soleil et les phénomènes qui en sont la suite. Les lignes qui joindraient les points d'égale température, en quelque partie de l'année que ce fût, seraient toutes parallèles entre elles et se confondraient avec les parallèles terrestres; mais il n'en peut être ainsi pour une surface composée de. parties hétérogènes, de terres et de mers, qui agissent différemment parleurs pouvoirs émissifs et absorbants. Les configurations de ces parties, leurs positions, leurs étendues relatives, la hauteur des terres au-dessus des eaux, la nature du sol, l'abondance ou l'absence de la végétation, etc., changent nécessairement la distribution théorique, et c'est par l'observation seule qu'on peut reconnaître ce qui en advient.

Foîine des lignes thermales. — Les recherches de M. de Uumboldt font voir que, dans l'état actuel de la terre, les lignes d'égale température ne conservent le parallélisme entre elles et à l'équateur que dans le voisinage de la zone torride. A partir à peu près du trentième parallèle, ces courbes se relèvent vers les pôles, et plus ou moins suivant le degré de chaleur auquel elles correspondent, ce qui fait qu'elles sont plus ou moins inclinées entre elles. Cela se fait dans l'hémisphère boréal par deux inflexions dont l'une porte les sommets convexes des courbes sur l'Europe occidentale, et

NOTIONS PRÉLIMTNAraES. 17

Fantre lèa seconds sommets du même genre sur la côte ocr.iden* taie d'Amérique; les sommets concaves se forment d'une part en Asie, et de l'autre sur la côte orientale de rAmérique. C'est ce qui résulte surtout du tracé des lignes d'égale température moyenne annuelle, qu'on nomme plus spécialement lignes isothermes.

Les autres lignes d'égale température moyenne de tel ou tel point de l'année se comportent de même, en oscillant autour des précédentes ; mais les lignes isochimènes et isothères (d'égal hiver et d'égal été) s'écartent encore plus des parallèles terrestres : les premières, comme les lignes isothermes, d'autant plus qu'on se porte davantage à l'est; les secondes, exactement en sens contraire. C'est vers les sommets convexes des lignes isothermes que se trouvent les plus petites différences entre les saisons; vers les sommets concaves, au contraire, il s'en manifeste d'énormes, commede — IS'^à-hlO^ de — IT'^à + lsS etc.

§ 26. Froid des parties orientales des continents. — Ces dispositions des lignes thermales'sont l'expression de divers faits remarquables dans la physique actuelle du globe : elles montrent que les parties orientales des deux grands continenls sont aujourd'hui plus froides que les parties occidentales, comme pn le voit au Labrador et au Canada d'un côté, et en Sibérie de l'autre. Sur l'ancien continent la température moyenne annuelle diminue de plus en plus sur un même parallèle à mesure qu'on s'avance de plus en plus vers l'est, comme on le voit dans le tableau ci-dessous:

lieux,

I Amsterdam.

I Varsovie.

(Copenhague.

Moscou.

Kasan.

Christiania.

Dpsal.

Pétersbourg.

Tobolsk.

Il en est de même en Amérique, où le climat est beaucoup plus doux à l'ouest des Alleghanys qu à l'est. Les deux continents offrent de même, entre leurs côtes, des différences considérables : ainsi le Labrador, le Canada, les États-Unis, sont beaucoup plus froids que la Scandinavie et toute la côte européenne, comme on le voit dans les exemples suivants :

Température

Attitudeg.

Longit, orient.

moyenne.

Oàfi

iS GÉOLOGIE.

AMiBIQUB ORIEMTAU.

EUROPE OCdOlIITAU.

lieux. Latitude. Température

LUux, Latitude.

Température

moyenne.

Naïn. 57- 8' 3d,4 Québec 45* 4T 5^,6 New-York. 40- 40' 1**,1

Stockholm. 59* 90* Nantes. 47* 13' Naples. 40* 50*

moyenne.

g ^1., Froid de Vintérieur des continents. — L'intérieur des grands continents est généralement plus froid que les côtes, les tles, ou les contrées avancées en pointes au milieu des mers. En Bretagne, en Ecosse, en Irlande, etc., on cultive en pleine terre les plantes du Midi, et les hivers sont plus doux qu'à Milan et dans toute la Lombardie; mais, par la même cause, les étés sont moins chauds, fréquemment brumeux, pluvieux, et quelquefois même neigeux. Dans les îles des mers australes on trouve des fougères arborescentes, des palmiers, toutes les plantes des pays chauds, jusqu'à des latitudes de 55*^, tandis qu'il n'en existe pas traces sur les continents du Nord, et qu'il faut remonter jusqu'aux tropiques pour les retrouver. Voici quelques exemples :

' CUVAT COKTINENTAL. GUMAT MARITIIIE.

Lieux. Latit. Tèmp. Hiver. Été. lieux. Lotit. Temp. Hiver. Été,

moy. mou.

Bude. 47* 29' 10^,6 — 0«i,6 îl* 4 Nantes. 47» 13* 12^,6 4^,7 18d,8

Vienne. 48- 1* l(y*,3 H- 0^,4 a0«i,7 St.-Malo. 48- 39' 12^,1 5^,7 18<i,9

Kasan. 55» 48' 34,1 — 16<i,6 18d,8 Édimb. 35* 57' 8^,8 3<*,7 14d,6

^^g 28. Climats extrêmes. — Le3 directions inverses des lignes isochimènes et isothères' nous donnent ces climats extrêmes, où à des hivers rigoureux succèdent des étés brûlants; c'est ainsi qu'à New-York, par 40® 40', on trouve les hivers de la Norvège et les étés de l'Italie; à Moscou, à Kasan, on trouve les hivers de la Laponie et les étés de la Touraine ; à Pékin, par 39» 54', on a les hivers d'Upsal et les étés du Caire. Voici des exemples en chiffres j

Moy. d'hiver. Moyenne éCété.

- lld,8 19d,5

Toutes ces circonstances thermales sont le résultat de l'arrange*

Lieux.

Latitude.

Température moyenne.

Pékin.

New-\ork.

Québec.

Zurich.

Bude.

Prague.

Gœttingue.

Varsovie.

Moscou.

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