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EFFETS ANCIENS ATTRIBUABLES A L EROSION DES EAUX

8 214. Moreeileinait des terrains. — Nous avons VU les eaux agir par Tacide carbonique qu'elles renferment, parleur poids, par leur action délayante, par les mouvements de translation qu'elles peuvent avoir, par leur choc, comme dans les vagues de la mer, et dégrader ainsi nos continents (g 89 à 103), ou produire des vallées d'érosion (§ 1 75). On peut inférer de là que, dans chacun des bouleversements que les mouvements divers du sol ont nécessairement déterminés, les eaux, jetées brusquement tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, ont dû, comme de nos jours pendant les tremblements de terre {§ 53), ravager, morceler, modifier de toutes les manières les dépôts préexistants. Beaucoup de circonstances peuvent donc être expliquées par l'érosion des eaux et les dénudations qn^eWes ont pu opérer.

D'abord, lorsque nous voyons dans une contrée des buttes plus ou moins nombreuses de matières sédimentaires (fig. 154), dont les

Fig. 154. Collines produites par dénudation.

sommets se trouvent au même niveau, et dont les couches se correspondent, nous sommes portés à les considérer comme les témoins de grands déblayements que les eaux ont opérés à de certaines époques. C'est ainsi que nous pouvons expliquer toutes les découpures que présentent les grès sur la pente orientale des Vosges, cet assemblage si remarquable de quilles de toutes les formes qu'on voit à Adersbach ^en Bohême ; les buttes nombreuses qui couvrent le Ross-Shire en Ecosse, les buttes gypseuses des environs de Paris, toutes composées des mêmes couches placées à la mêiùe hauteur, le morcellement des plateaux basaltiques qui couronnent les collines dans certaines localités; enfin la rupture de certaines coulées de lave qui avaient barré les vallées, comme celles de la Sioule et de la Mone en Auvergne, ou même les avaient remplies, comme en certaines parties du Vivarais J 170), où le déblayement a dû s'opérer sur la largeur en laissant des témoins de chaque côté (fig. 139). Les vallées qui découpent nos terrains meubles sont évidemment produites de la même manière, et il n'est pas douteux que la plupart de celles qui sillonnent les terrains solides n'aient été modifiées pai

Térosion des eaux après les ruptures qui leur oui donné naissanee; e'est ainsi que nous pouvons expliquer radoucissement de toutes leurs parois dans un grand nombre de localités. Les grands lacs qui se trouvent parfois à leur extrémité, comme sur les deux pentes des Alpes en Suisse et en Piémont, peuvent être attribués à Taffouillement des eaux qui les parcouraient au moment de quelque grande catastrophe, et venaient déboucher avec violence dans la plaine qui les termine.

g 215. Une multitude d'autres faits conduisent aux mêmes résultats. Lorsque, dans l'intérieur des mines, nous voyons des couches qui ne seconrespondentplus,etquedès lors une partie du terrain a dû être soulevée (&g. 155), nous nous demandons naturellement,

Fig. 155.

Fig. 156.

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si le pays est plat, ce que sont devenues les couches dei f qui devaient former un monticule entre b et c. Il est clair qu'elles ont dû être déblayées, ce qu'on ne peut concevoir que par une action postérieure des eaux. De même, quand nous voyons un filon présenter un dike à la surface du sol (g 72), nous concevons qu*il n'a pu se former ainsi, et que la partie découverte a dû être jadis encaissée comme celle qui Test encore aujourd'hui ; le terrain environnant a donc été enlevé après coup, au moins sur toute la hauteur de la saillie. Il s'est passé nécessairement quelque chose de semblable dans les points où des filons affleurent à la surface du sol (fig. 156); car il n'est pas probable que les matières en fusion se soient immédiatement arrêtées à fleur de terre, et il est à présumer que les terrains ont été démantelés et quelquefois recouverts postérieurement par des déblais divers. Nous comprenons aussi comment tant de masses basaltiques n'offrent plus aujourd'hui aucune trace des matières scoriacées dans leur voisinage (g 180, ISl). Il est possible que ces débris aient été entraînés postérieurement par l'action des eaux, et peut-être en est-il de même des scories qui auraient pu accompagner l'apparition des trapps (g 198).

g 216. L'action prodigieuse que nous avons vue exercée par les vagues, et les résultats qu'elle a produits de nos jours, nous con-

RFFETS AKCIENS AnRlBUABLES A L'ÉROSION DES BAOl, 111 duisent i penser aussi que toos tes lambeaux de roches qtii forment partout des Iles et des écueils près des c6tes, ou des groupes bizarres au milieu des mers, sont également les restes de quelques grands morcellements opérés dans les matières faciles à désagréger, ou dans les masseafÎBsuréesparlesdiveramouvementsdu sol, dont certaines parties ont été enlevées postérieurement, soit par le choc répété des flots, soit par dssdébâcles sQbitea.C'est ainsi qu'on peut expliquer lesaccidentsdesfalaisesde craie d'Ëtret3t(fig.l57) et les découpures des roches porphyriques ou granitiques des Iles Shetland (6g. 158), dont nous avons déjà produit des exemples i^iOl). On conçoit, enfin, que des détroits plus ou moins étendus aient pu se fonner par les deux actions combinées des courants d'eau et des déchirures que le sol a pu subir, par soi/lËTement ou par affaissement, à des époques délanninées.

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On Toît donc qu'on peut attribuer à l'action des eaux une multitude de rails que nous ne saurions expliquer autrement. Nouspon- Tons, effectivement, discerner leurs, dégradations au milieu des montagnes et des vallées, reconnaître l'action des courants parles sillons qu'ils ont tracés sur leur route, découvrir les anciennes falaises qui bordaient les mers aux différents âges, et par là apprécier leurs limites aussi bien que par toutes les autres drcoD stances. Toutefois la pensée doit soigneusement restreindre l'action immédiate dea eaux aux matières meubles ou peu cohérentes; car, lorsqu'il s'agit de matières dures qu'elles attaquent lentement, on est mtdnit i concevoir que les curants et les vagues n'ont pu agir

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efficacement que quand les terrains avaient été préalablement disposés par les fissures ou les détériorations diverses, que les mouvements du sol ont occasionnées dans les roches.

g 217. VMiire, sUioBBeaMBi, irmmmfrt. — Lorsque nousvoyons certaines montagnes, comme dans le Jura suisse et dans les Alpes, avoir leurs surfaces moutonnées, polies» striées, cannelées sur des étendues plus ou moins considérables, nous pouvons supposer, soit que des glaciers ont existé dans ces lieux, y ont produit de^ effets analogues à ceux qui résultent de leur glissement (gl07); soit que des courants chargés de débris divers qu'ils entratnaien|; ont passé en un certain moment sur ces terrains (g 92 à 97). Lorsque sur des étendues considérables, comme en Suède, en Finlande, eu Laponie, en Angleterre, dans TAmérique du Nord, etc., nous trouvons des montagnes usées à la surface, façonnées suivant une forme allongée et dans une certaine direction, creusées de sillons parallèles, souvent profonds, nous ne pouvons nous empêcher de* concevoir de grands courants charriant des matières solides, rochers ou glaçons, qui ont produit ces effets. De même, quand nous voyons des blocs de roches plus ou moins volumineux, qui sont jetés au hasard sur toute espèce de terrain, loin des lieux d'où ils peuvent provenir, nous sommes naturellement conduits à des idées de transport par des courants s'ils sont arrondis, par des glaçons ou des torrents boueux si leurs bords sont aigus, ou enfin par des glaciers si leur accumulation, leur dispersion, peuvent rappeler les moraines (g 92 à 107).

g 218. MoreellemiiBt des dolomiMi. — Il ne faut pas confondre avec les morcellem nts produits par les eaux certains accidents qui peuvent résulte i* des retraits occasionnés par métamorphisme; ce qui a lieu prob/J)leme^t dans les dolomies du Tyrol, des Gévennes, etc. Là les masses de ces matières sont fréquemment fendillées, déchiquetées de toutes les manières à la surface, surtout au sommet des montagnes ou des plateaux, à peu près comme les dépôts calcaires découpés par les eaux. Or le changement du carbonate simple en double carbonate, spécifiquement plus lourd que la moyenne des composants, nécessite la contraction des masses soumises à la dolomisation; par conséquent celles-ci ont dû se fendre et se fissurer dans tous les sens, et les dégradations qu'elles nous présentent ne sont que la suite de ces effets.

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