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EFFETS ANCIENS ATTRIBUABLES A L'ACTION VOLCANIQUE

comme ci-dessus, des dépôts fonnés au contact des couches sédimentaires et des matières en fusion qui les ont soulevées.

§ 210. Nousdévons nousborner ici à une indication générale, et renvoyer pour les détails au travail de M. Fournet, Études des dépôts métallifères* Mais il est nécessaire d'ajouter un mot pour ne pas laisser confondre'les amas et les filons dont nous venons de pader, avec certains dépôts de minerais de fer oolitique qui se trouvent

dans les terrains de sédiment. Parmi

ceux-ci, les uns forment des couches

plus ou moins étendues au milieu des

formations calcaires, les autres ont rem-

ptff rexiérieur. peu profondes, qui communiquent par-

fois à des cavernes (fig. 153); ce sont alors des faits d'un ordre tout différent de ceux que nous avons décrits, et dont nous aurons plus tard l'occasion de parler.

§ 211. ConeliMioii générale) luétamorphiiime. — De tOUS les

faits que nous venons de citer, et dont nous aurions pu augmenter prodigieusement le récit par les détails que présentent les nombreuses, localités où l'on peut en observer de semblables, il faut évidemment conclure que les roches cristallines, qui toutes sont formées par des silicates extrêmement variés et mélangés entre eux, ont été produites par la voie ignée; qu'à différentes époques elles ont disloqué, soulevé, bouleversé tous les dépôts de sédiment^ en ont modifié la masse de toutes les manières, et que c'est à ces grands phénomènes que sont dus et tout le désordre apparent qu'on observe à la surface du globe, et tous les changements successif dont on aperçoit les traces à chaque pas.

Lorsqu'on a vu (§ 187 à 206) les calcaires terreux ou compactes devenir cristallins à l'approche de ces diverses sortes de roches, se remplir de substances diverses qu'ils ne contiennent plus à une certaine distance, se charger de magnésie en se fendillant de toutes parts, et se changer en dolomie, comme ailleurs ils se changent en gypses ; lorsque les argiles schisteuses, les matières arénacées sont converties en jaspes divers, se chargent de mica, d'amphibole, et prennent les caractères du gneiss, des schistes micacés et talqueux ; lorsque enfin les grès sont devenus des bancs de quarz grenu, peut-on trouver étonnant .que la plupart des géologues actuels adoptent l'idée de changements complets opérés dans un grand nombre de dépôts de sédiment, et qu'on s'appuie sur ce métamor^ phisme, aperçu depuis longtemps par Hutton, Playfair et le doc» teur MaccuUoch, pour expliquer une multitude de faits que nous

présentent les dépôts anciennement désignés sous les noms de terrains primitifs et de terrains de transition ? On peut être conduit â supposer quelquefois un peu d'exagération, tant les faits paraissent extraordinaires; mais il faudrait se refuser à Févidence pour nier qu'il y a des calcaires saccharoïdes, des dolomies, des roches schisteuses plus ou moins cristallisées qui résultent d'un changement opéré sur des calcaires terreux ou compactes, sur des argiles, des sables, etc., formés par sédiment ; n'est-il donc pas naturel de penser que telle en a toujours été l'origine ? ,

Ces idées, devenues plus frappantes aujourd'hui, parce qu'elles sont exprimées par un mot propre, ne sont cependant pas absolument nouvelles : tous les ouvrages de géologie en sont réellement remplis, et les faits n'y sont pas moins remarquables, quoique exposés en d'autres termes. Il n'y a pas une description de contrée, en remontant même au temps de Saussure, dont les travaux sont encore si remarquables par la fidélité des détails, où l'on ne cite expressément les passages nombreux de divers dépôts arénacés aux roches de cristallisation, des grauwackes schisteuses aux schistes talqueux, aux schistes micacés, et de ceux-ci au gneiss, ou bien le passage des grès de diverses sortes aux granités et aux porphy res sur lesquels ils s'appuient, etc. N'estrce pas là reconnaître positivement le fait des modifications que nous nommons aujourd'hui métamorphisme f et auquel seulement le temps a permis de joindre plus de détails et plus de précision ? /

g 212. II est certain qu'en partant, par exemple, des grauwackes schisteuses, et se dirigeant vers quelque montagne, quelque îlot de cristallisation, on voit ces matières prendre des caractères plus cristallins, et, quelquefois, sans perdre les débris organiques qu'elles renferment, se remplir de substances minérales nouvelles ; c'est ainsi qu'en Bretagne ces schistes se remplissent de macles, quelquefois de staurotides auprès de tous les dépôts granitiques. Ailleurs, comme dans les Vosges, dans les montagnes du Var, on les voit passer au micaschiste, et celui-ci au gneiss, qui arrive insensiblement au granité. Or» comme si la liaison intime qu'on aperçoit ne suffisait pas, ces micaschistes, puis les gneiss eux-mêmes, ren« ferment des veines de schiste carburé ou de graphite, même des veines d'anthracite, qui rappellent les dépôts qu^on trouve plus loin dans les grauwackes, et qui sont assez marquées pour avoi déterminé des recherches de combustible.

Il est donc évident que toutes les roches que nous venons de citer, quelles que soient les différences qu'elles présentent, ne sont que des modifications, des métamorphoses d'un seul et même tout;

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et, eômme c'est en approchant des roches granitiques» produites évidemment parla voie ignée, que ces métamorphoses deviennent de plus en plus marquées, il est clair que c'est é Finfluence de ces dernières qu'elles sont dues. La même influence se manifeste sur les grès des divers âges dans les points où ils sont en contact immédiat avec les granités : les modifications sont telles, qu'on a même donné â ces matières un nom particulier, celui d'ar^ose. D'un côté, elles passent alors par toutes les nuances au granité ; de l'autre, elles se remplissent de substances diverses qu'elles ne renferment pas ailleurs, et qui sans doute y sont venues après coup (g 151), par Faction des sources thermales, ou par des injections diverses : c'est ce qu on voit, par exemple, dans le.; Vosges pour le grès houiller et le grès rouge, dans les Cévennes pour le grès bigarré, en Bourgogne pour le grès du lias, dans le Velay pour les grès tertiaires, en quelque sorte les plus récents.

Auprès des éjections poiphyriques, les schistes présentent fréquemment des modifications d'un autre gejire. On voit alors les parties les plus évidemment sédimentaires passer par degrés à des matières compactes feldspathiques qui conservent plus ou moins leur sehistosité) et qui finissent par renfermer des cristaux de feldspath ; ailleurs, ces mêmes matières passent à des argiles solides renfermant des veines calcaires, puis des noyaux de la même sub« stance, et qui prennent tous les caractères des amygdaloldes, ne perdant que petit à petit leur structure schisteuse ; c'est ce qu'on voit dans la Bretagne, dans les Ardennes, dans le Forez , dans les montagnes de Tarare, etc.

Les mômes phénomènes se font remarquer entre les grès divers et les porphyres qui les ont traversés. La matière arénacée se durcit successivement, prend plus de compacité, et se lie enfin de telle manière avec le porphyre, que l'on ne sait où lun commence et l'autre finit; c'est ce qu'on voit en France dans les Vosges, dans le Morvan, dans les montagnes du Var.

Tous ces faits appartiennent réellement, à quelques détails près, à l'ancienne géologie, et il n'y a que la manière de les concevoir qui soit changée. Tout se réunissant pour démontrer que notre globe est resté longtemps incandescent â peu de profondeur, que des matières à l'état de fusion plus ou moins pâteuse se sont fait jour, à diverses époques, à travers la croûte solide, nous concevons que les dépôts de sédiment ont été modifiés, métamorphosés de diverses manières par l'influence de tous les phénomènes ignés corrélatifs, et d'autant plus que ceux-ci ont été plus actifs et de plus longue durée.

§ âl3. On comprend une partie de ces métamorphosés par nne simple action de chaleur (g 134). Tantôt ces dépôts sédimentaires, même les calcaires sous une forte pression» auront été fondus» et, ces éléments se réunissant de différentes manières, il se sera formé des substances définies» mélangées ensemble ou disséminées dans Tune d'elles ; tantôt seulement la texture d^ ces dépôts aura été changée» sans fusion préalable» comme il arrive aux barres de fer de nos fourneaux» ou au verre soumis à une température incapable de le fondre» et dans lequel cependant il se fait une cristallisation nouvelle.

Cette action de la chaleur ne suffit pas toujours seule» et il faut en concevoir une autre» dont on ne se rend pas exactement compte» en vertu de laquelle des substances particulières ont dû être portées au milieu des dépôts qui n'en renfermaient pas les éléments. On conçoit jusqu aun certain point l'introduction de Facide sulfurique qui se produit quelquefois dans les phénomènes volcaniques (§78); maison ne comprend pas également celle de la magnésie et des diverses espèces de silicates» et à leur égard tout est encore à pea près hypothétique. Toutefois on peut comparer ces faits à la cémentation, au moyen de laquelle on convertit le fer en acier; phénomène qui ne se manifeste pas seulement au contact des matières charbonneuses» mais qui se propage au loin dans llntérieur du métal» qui a môme lieu A distance, comme il résulte des observations de M. Laurent. On sait aussi» par les expériences de ce savant, comme par beaucoup d'effets observés dans les usines, que le peroxyde de fer» les oxydes de chrome, etc., se volatilisent et pénètrent dans la masse des corps qui les enveloppent. Les expériences de M. Gandin, au chalumeau à mélange détonant, ont fait voir aussi que la silice» la magnésie, la chaux, sont aussi des oxydes volatils, le premier à la température de fusion, les autres avant de se fondre. Enfin, M. Daidinger a montré qu'en chauffant à 200^ un mélange de carbonate de chaux et de sulfate de magnésie, il y a double décomposition, formation de dolomie et de sulfate de chaux. Ce sont là évidemment des faits qui conduiront tôt ou tard à l'explication de tous les phénomènes de métamorphisme et d'intrusion des matières étrangères dan^ les dépôts de sédiment» soit en filons, soit é l'état de dissémination.

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