ÉTAT DE L'EUROPE AUX DIVERSES ÉPOQUES
formait. le calcaire eonchylien, G*est alors que parurent pour la première fois le& espèees de calmars (fig. 583) qui renfermaient les
corps nommés bëlemniteSf dont les débris jusqu'alors inconnus sont si nombreux, depuis le lias jusqu'à la iin de la craie. Enfin il s'y montra de nouveaux mollusques à coquilles bivalves;, et d'abord la gryphée arquée qui pullula pendant un moment pour disparaître ensuite lorsque le lias fut formé, et faire place a de nouvelles espèces du même genre (g 257 à 267).
Il se formait aussi dans ces mers, 4X)mme aujourd'hui dans les nôtres, des resdft madréporiques, dont le groupe corallien (g 266), nous offre maintenant les débris, et qui annoncent dans nos contrées une température moyenne analogue alors à celle des mers intertropicales.
Sur les terres, àe% lacs d'eau douce nourrissaient sans doute des paludines, et des cours d'eau entraînaient des hélices dont le groupe portlandien Fig. 383. Caîtnar (g 185) nous offre aujourd'hui les dépouilles.
à béiemkes. fl devait exister aussi sur le sol plusieurs es-
pèces d'insectes qui servaient de nourriture aux ptérodactyles et dont les débris annoncent des coléoptères et des névroptères voisins des buprestes et des libellules. Il s'y trouvait aussi de petits mammifères marsupiaux dont les couches de Stonesfield nous offrent le squelette (g 264). Mais ces êtres semblent avoir été en petit nombre, si l'on s'en rapporte au peu de débris qu'on a encore rencontrés; et il ne se trouvait avec eux aucun des grands animaux qui caractérisent l'époque parisienne.
g 565. Végétation de V époque, — La flore n'était plus celle qui a fourni tant de débris au terrain houiller; les lycopodiacées, les fougères gigantesques avaient disparu, et il semble que beaucoup d'espèces nouvelles avaient été créées depuis les époques pénéennes et triassiques. C'étaient alors les cycadées et les conifères (g 264, 265) qui l'emportaient de beaucoup sur toutes les autres familles. Probablement il se trouvait déjà quelques palmiers dont on rencontre les fruits dans le lias; aussi les combustibles charbonneux qui se sont formés à cette époque, sont-ils fort différents de ceux que nous trouvons dans la grande formation houillère. Ces matières sont en même temps beaucoup moins abondantes, ce qui annonce une grande différence entre l'étendue des terres d'alors et celle des continents qui devaient exister pendant la période carbonifère.
t20 GËOLOGIE.
g 366. É|fto4|«e eréiMée. — Après le système de soulèvement
de la GMe-d'Or (g 544) qui a relevé une partie des dépôts jarassî* ques au-dessus des mers, la forme et la disposition des terres an milieu des eaux ont encore considérablement changé. Leurs contours sont indiqués aujourd'hui à la surface du globe par les limites inférieures des dépôts crétacés émergés, et, en les cherchant, M. de Beaumont en a dressé la carte suivante (fig. 384).
Les trois tles méridionales de Tépoque précédente se sont maintenant réunies, mais non sans quelques modifications dans leurs contours. Les restes de la Belgique et les parties voisines de la France ont été submergées, et Bruxelles, qui était précédemment au milieu des terres, se trouve maintenant sur la côte. Arras et Dunkerque sont au milieu même des mers. Un détroit s'est fait entre Perpignan et Bayonne, offrant quelques tles à son entrée. Enfin un affaissement s'est fait au milieu des anciens terrains de l'Allemagne et a déterminé un lac entre Dresde, Prague et Brunn.
Par compensation, les Vosges, battues par la mer aux siècles précédents, furent enclavées dans le continent qui joignit TEifel au plateau central de la France. L'espace de mers qui séparait ces contrées ftit comblé, et Langres, Nevers, f^yon, se trouvèrent en terre ferme; un isthme se forma vers Poitiers pour lier aussi la grande tle qui se trouvait à Touest. Un rivage s'étendit alors des environs de Cracovie jusque vers Perpignan par Ratisbonne, dont la position ne fut pas changée, Zurich et Lyon. Un immense golfe se forma entre Bruxelles et Oxford, s'enfonçant jusqu'à Poitiers.
11 s'est maintenant reformé, entre Salzbourg et Avignon, une '| nouvelle lie qui marque encore une fois l'emplacement futur des '% Alpes, et sur laquelle Briançon, Turin, Trente, Inspruck, etc., pouvaient de nouveau r<etrouver leurs places; la Suisse était alors un canal qui séparait cette tle de la terre ferme. L'tle de Toulon s'est maintenue, ainsi que la Corse, et. quelques petites tles jurassiques marquent les environs de Marseille.
% 367. Peu de choses cependant avait changé dans les êtres orga* iiisés; en même temps qu'il se trouvait diverses espèces de fougères, végétaient sur le sol les cycadées, et surtout les conifères, qui, devenant de plus en plus abondantes, donnaient lieu aux amas de lignites qu'on trouve dans les terrains crétacés (g 282). U y avait peu de mammifères terrestres, car on n'en observe aucun débris dans les terrains de craie, quoiqu'on en ait déjà rencontré dans les dépôts jurassiques; mais il existait divers cétacés, lamentins et dauphins, dont quelques-uns ont apparu déjà dans les mers précédentes. Les reptiles divers étaient encore, parmi les animaux en état
ËTAT DE L-EUROffi AUX DIVERSES ÉPOQUE?. SQf
de vivre sar la terre, les Ëtr«s les pins flevés de la création; leurs espèces étaient nombreuses; parmi elles se distinguaient l'iguanodon, sanrien gigantesque de 80 mètres de long, le- mégalosanre et diveis crocodiles. Les tortues fluTia tiles, les poissons et les nwllusqueg
Fig. 3M. J/er crliiice>:
oduB r«liti«M det Mrre» <t des meps dans l'Europe ocàieu penduil la dipM do Mrrtjn critKi InffiricBr,
, d'eau douce vivaient snr les bords dé& lacs ou dans IciVrs enux. les ' mers nourrissaient des bacuiites et des (urrilites (Hg. 302, 505), dont rien n'indique Texistence antérieure, et qui,^ vers )a fin de r.r^[K)que disparaissent totalement, en même tem|)s que tons les céphalopodes à coquilles cloisonnées persillées. C'est aloi^ que se ^ montraient les vrais squales, qui ont continué jusqu'à nos joursi ' quoique leurs dimensions aient considérablement diminué.
g 568. Époque du terraiii pariston. — Le soulèvement du mont Viso, en relevant les premiers dépôts crétacés autour des terres découvertes, comblant en grande partie le canal de Perpignan et le golfe de Marseille, n'amena qu'un léger èhangement dans le contour des mers, où la sédimentation se continua par les dépôts crétacés supérieurs. 11 n'en fut pas de même du soulèvement des Pyrénées, qui a produit une des plus grandes convulsions que l'Europe ait éprouvées; tout en a été ébranlé, et la plus grande partie de ce qui était alors sous les eaux s'est trouvé poussé au dehors pour former un immense continent (g 546). C'est ce que prouve le peu d'extension des sédiments parisiens, qui, se trouvant concentrés dans deux bassins peu étendus, l'un entre Paris, le cap Lizard, Cambridge et Maestricht, l'autre entre Bordeaux et Dax, nous montrent que les mers pénétraient peu dans les terres d'aloi^. Au milieu du golfe du Nord se trouvaient deux îles crétacées, les Weaids de l'Angleterre et le pays de Bray de la France. On voit ces détails dans la carte (ûg. 585), publiée, il y a quelques années, par M. Élie de fieaumont, dont nous avons supprimé la mer du Vicentin, parce que les dépôts, qu'on avait alors rapportés au calcaire parisien â cause des cérites et des nummulites, appartiennent en réalité à la craie supérieure.
g 569. La faune de Tépoque parisienne était très-différente de celle qui avait existé préeédeimaent. Les sauriens gigantesques avaient disparu ; mais il restûide grands crocodiles, des chéloniens marins et terrestres, et la terre enfin était peuplée de mammifères (g 286). Cem-ci étaient alors des pachydermes analogues aux tapirs, comme les anoplotheriums.et paleotheriums, qui devaient avoir à peu près^ les formes (g 5^5), et (Jjii.yivaient en même temps que qtjteiques.-èarnassiers du genre chi^n» etc. Dans les mers lesbeiemnites et toutes les coquilles cloisoitnées persillées avaient disparu ; les nautiles seuls, étaient restés, ^ ils vivaient alors avec*le cerpthium giganteum qui avait commîencé à la fin de l'époque ccétaeée .(g 280), pour disparaître au milieu de Fépoque suivante. 11 y existait • aussi beaucoup de mollusques plus ou moins rapprochés de ceux qui vivent dans les ipers actuelles (g 284). -
ÉTAT DE L'EUROPE AUX DIVtltSËS ÉPOQUES.
Fjg. 3S5. Utr fariMmt lUmi iEuropt ^ceUmieit.
Fig. SSe. f«M Ile eéptfti iu unaà feriila.
mm, e. AnopLolbariiuD conuotui
iU GÉOLOGIE.
A ceV Agé de notre planète, la Qare de l'Europe s'était sdcon modiûéc : les cycadées avaient disparu, et les conifËres, présentant encore de nouvelles espèces, auxquelles s'étaient jointes des dicotylédones, se trouvaient avec des palmiers jusqu'au centre de TEiirope. Ces derniers, repousses aujourd'hui jusqu'en Afrique, annoncent évidemment nne température moyenne plus élevée que celle dont nous jouissons, et qui s dû Être alors d'environ 22", comme mainlenani dans la Basse-Egypte.
Des cours d'eau existaient nécessairement sur le continent, et c'est par là qu'on peut expliquer les dépôts de lignites, les débris de mollusques d'eau douce, qu'on trouve par place au milieu des dépôts marins. Oïl est conduit surtout à supposer un de ces cours d'eau débouchant vers Laon et amenant les dépôts lacustres du Moissonnais, et un autre quelque part, entre Exeter et Oxford, qui formait au sud-ouest des Wealds les dépôts de l'Ile de Wight. .autour de l'aris, les eaux du golfe étaient adoucies sur les bords par de nombreuses sources thermales qui donnaient naissance au calcaire siliceux, au milieu duquel se formaient la meulière sans coquilles et le gypse (g 285).
g 370. Épo4B« «e ta molanM. — C'est après le soulèvement de Corse (g 347) que la molasse s'est déposée au sein des eaux : ce qui s'est fait non-seulement dans tout ou partie des mers précédentes, mais QQ encore dans des lieux , mêmes oti les dépôts parisiens avaient manqué, et oA par conséquent les terres étaient alors à découvert [g 528). Il en résulte qu'il a dû se faire ^à ^j et là divers affaissements et par suite des mers on des lacs, où les nouveaux dépôts sédimentaires se sont formés. Les limites înfii-
Ei 1» r 1 ». , , , rieures de celte forma-
Fjg. 381. Frmie è ttpoqitt de la nulaïu. . . , ,
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