ÉTAT DB L'EUROPE AUX DIVEBSES ÉPOQUES
in Longmynd et du Morbihan, devait déji se trouTer an-deuiu des eaux, et se liait peat-&tre i une grande terre (xut s'Ëtendait dfl
Toulon i Inspruck, en joignant peut-être an «ud l'tle de Cor»; rien, en eriei, snrtoulecette étendue, n'indique le terrain silurien. Il existait sans doute quelques terres dans les Pyrénées camme dans les Vosges et kforSt Noire, ainsi que dans le centre de l'Allemagne et dans la presqu'île Scandinave.
Les mers de oetle époque ren Terni aient, comme celles o<i se sont formés les calcaires de Sala (g ^31 ), des trilobites (8 935), des spirifùrcs, des prod'uctus, diverses sortes de térébratQles(8333),des polypiers plus ou moins analogneià ceux des reKi&(g ISl), ce qni nons
3iO GÉOLOGIE.
montre que la. température a'était pas distribuée comme aujour-. d'hui sur le globe (g 25 à 28, 157 à 141). Les terres émergées sem-' blent avoir été privées de végétation, car jusqulci on n'a trouvé ' aucun dépôt de combustibles dans les dépôts siluriens soulevés.
g 354. Époque déTonieiuBe. — Le système du Hundsruck dirigé 0. 31* S., en soulevant les dépôts siluriens, est venu augmenter retendue des lies précédentes, en créer de nouvelles, et surtout imprimer à leurs côtes sa propre direction. C'est ce qu'on voit pour les îles d*Ângleterre sur la carte (fig. 376), pour les terres nouvellement émergées à l'ouest de Francfort, comprenant les Ardennes, TEiffel, et le Hundsruck-Taunus, comme aussi pour celles qui se sont formées au sud-ouest de Strasbourg, qui allait rejoindre peutêtre l'ancien continent, enfin pour l'allongement du plateau central de la France jusqu'aux Pyrénées. Cette catastrophe a comblé l'espace compris entre les deux lies de Bretagne et joint Cherbourg à leur ensemble, tendant ainsi à réunir cette contrée d'une part avec l'Angleterre, de l'autre par Poitiers avec le Limousin. Elle a donné une grande extension aux terres Scandinaves, sur plusieurs parties desquelles les dépôts siluriens n'ont pas été troublés depuis.
La végétation dut alors prendre une grande extension comme le montrent les dépôts d'anthracite renfermés dans les strates dévoniennes, et dont les plantes appartiennent déjà aux familles de l'époque suivante. Dans les mers il n'existait plus que quelques trilobites; mais il s'y trouvait des spirifères, des productus, des orthocères, divers céphalopodes analogues aux nautiles ef aux argonautes; les encrines s'y multipiikitnt de manière é former presque à elles seules les marbres de Flandre et de Belgique. Il s'y trouvait de nouveaux polypiers, et surtout les poissons sauroldes (g 256) ainsi que les cestracions, les hybodons qui représentaient la famille des squales.
g 355. Époque houillère. — Le système des Ballons, en amenant au jour certaines parties des dépôts devenions, est venu encore une lois modifier les terres émergées et en créer de nouvelles, comme on le voit sur la carte (fig. 376]r que M. Élie de Beaumont a bien voulu dresser pour nous. Cette nouvelle révolution a probablement réuni la Bretagne au plateau central de la France, et prolongé ce continent dans la même direction jusqu'à l'île de Corse. Elle a sou- Jevé le terrain dévonien, que nous voyons aujourd'hui dans les Pyrénées et les Asturies, et a formé une île nouvelle entre Cologne et ^Dublin, en modifiant dans le même sens les terres soulevées entre Exeter et Bristol Ce mouvement s'est étendu en^Écosse, dans les îles Shetland et en Scandinavie, dont il a accru de nouveau la sur- £Bice, ainsi que celle de U Russie iusqu'â la mer Blanche (g 235).
ÉTAT DE LÏUBOPE iCX DIVERSES ÉPOQUES. 311.
C'«st dau l« men de cette époque qoe se «ont formée les dépAts , honîUets d'Angletene et de Belgique. On en recomutt les rivagesan md, entre Cologne et Liège, ptiit vers Arras et Bonlogne, enfin vers Uriatol «t vera Corke. C'est snr eétte direction que se trouvent tous
Fig. ne. lUrt K latttt hftrtMeeariaiH^.
les dépôts honillers, depuis la Belgique jnsqn'an centre de l'irlan de.
Ad nord de cette lie M trouvent les dépAis cartwnifËres qui s'éten-
éent de Dert>y i liverpool, et se lient i ceux de l'Irlande, du ooi^
de rAngleterre et de l^Écosse, en suiyant la direction du Uùndsnick. On ne sait pas jusqu'où la formation pouvait s'étendre, mais quelques dépôts charbonheux du Hanovre semblent indiquer qu'elle se prolongeait au moins jusqu'à cette latitude.
S 356. Outre ces dépôts qui paraissent s'être formés dans une véritable mer, il s'en trouve d'autres qui sont éparpillés à la surface de la France, de l'Allemagne, et qui par leur isolement indiquent autant de petits amas d^eaux, où la matière charbonneuse s'est déposée comme aujourd'hui la tourbe dans nos marais (g iS4 à 427). On en voit déjà vers Leioester, Birmingham et Coventry en Angleterre, mais il s'en trouve beaucoup d'autres sur la terre qui va de Cherbourg au delà de Perpignan où l'on voit les dépôts houillers de Bayeux, de Quimper, de Laval, de Vouvant vers Poitiers, placés sans doute dans les anfractuosités du système des Ballons; puis ceux dé la Bourgogne, du Limousin, du Forez, des Gévennes, etc., formant des lignes parallèles au système du Hundsruck, quoiqu'il y en ait de dérangées par le système du Rhin, enfin ceux de l'Alsace sur les lerres précédemment émergées. Vers Toulon se trouvaient des marais où se sont formées les houilles que nous connaissons dans cette partie de la France. 11 en existait de même sur les bords des terrains soulevés entre Cologne et Francfort, où se trouvent les dépôts houillers du pays de Trêves, puis plus loin ceux du Harz, etc. Enfin on en voit encore sur le groupe de terrain qui renferme la Saxe, la Bohème, la Moravie, que des mers houillères séparaient alors de la Gallicie. Il est remarquable qu'il ne se trouve pas de houille sur les terres Scandinaves, ce qui semblerait indiquer que cette contrée était alors stérile et privée de marécages.
g 557 . Quelques parties des terrains houillers sont restées à décou* vert jusqu'à nos jours, ou même se sont soulevées de plus en plus par les catastrophes suivantes; mais d'autres parties se sont évidemment affaissées depuis, ont été recouvertes de dépôts plus modernes, à travers lesquels on va souvent chercher le combustible à de grandes profondeurs, comme dans les Vosges sous le grès rouge, dans l'Aveyron et la Gorrèze sous le grès bigarré, dans les Gé venues sous le calcaire jurassique, à Anzin sous la craie, etc. 11 est dès lors à présumer qu'il y en a un grand nombre d'enfouis profondément et à jamais perdus pour nous, soit sous les sédiments divers, soit même sous le^ eaux, comme à Whitehaven en Angleterre où l'exploitation s'étend à plus d'un quart de lieue du rivage et à plus de 100 mètres de profondeur au^lessous du fond de la mer.
La végétation de l'époque houillère, favorisée peut'^tre par la forme insulaire (g 37), a dù être très^considérablé pour f(^rmer pab
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tout les immenses dépôts que nous connaissons. Elle se composait de lycopodiacées, de fougères, etc., toutes arborescentes, dont les analogues ne se trouvent que sous les tropiques, avec des conifères voi" sines des araucaria (g 242). Ce sont leurs débris accumulés qui ont formé la masse du combustible, avec les cryptogames qui croissaient alors sous les eaux, comme aujourd'hui dans les marais bourbeux^ et sons une température plusfavorable encore à leur développement.
Les eaux dans lesquelles se formait la houille paraissent avoir ren« fer;né peu de mollusques conchîfères, car on n'en trouve même pas dans les houilles marines, si ce n'est quelques anodontes ou mulettes qui annoncent des affluents d eau douce; les poissons étaient assez nombreux dans les marais et ils appartenaient tous aux genres po-* leoniscus et amblypterust vivant sans doute dans les ruisseaux qui serpentaient au fond des fractures abruptes des terrains anciens.
g 558. Epoque pénéemie. — Ce que la catastrophe du nord de TAngleterre (§340) présente de plus remarquable est le soulèvement de la partie la plus occidentale de TËurope, dans tout ce qui se trouvait situé vers le sud, qui a dès lors presque complètement échappé à la formation pénéenne (g 528), la plus grande partie de la mer carbonifère (fîg. 576) a dû être soulevée; la plupart des lies de TAngleterre ont dû dès lors se réunir entre elles et avec toutes celles situées précédemment à Test et au sud en une immense terre ferme, sur laquelle il n'y a pas de traces des dépôts formés à cette époque. On n*en voit en effet en Angleterre que dansle comté d'York (fig. 576), entre Nottingham et Sunderland, a Test du terrain houiller qui depuis cette époque a toujours été découvert, et où tout le dépôt pénéen est représenté parle tnagnesian limesiane. En France nous n'en avons que dans les Vosges, où la presqu'île formée vers Strasbourg à répoque précédente a dû maintenant s'affaisser, entre Nontbéliard etSaintDié, pour recevoir le grès rouge qui recouvrelesmaraishouil- 1ers. De là la mer pénéenne s'est étendue principalement au nord des terrains anciens qui marquaient le centre de l'Allemagne à l'époque houillère, etelle a formé dans la Thuriuge et le Mansfeld la série.complète des dépôts pénéens que nous aVT>ns fait connattre (g 247, 248). On retrouve la même mer dans toute la partie orientale de la Russie, où sas sédiments ont recouvert une grande étendue de terrain.
La végétation avait peut-être peu changé à cette époque, mais elle n'a fourni au terrain pénéen que quelques algues enfouies dans les matières schisteuses, et quelques troncs silicifiésde conifèresdans les grès. La terre était alors habitée pour la première fois par des reptiles sauriens voisins des monitors, dont les débris se trouvent aussi dans les schis(es, en môme temps que ceux (?c quelques pois-
su GfiOLOGlE.
«onada genre palëoniecus, qne d'ailleiirs on ne retrouve {iltis aux époques suivantes. Les mers renfermaient alors quelques 'eqièces [mrticulières de productus et de spirifëres (§ ^^i)-
g 3S9. Époque TiMcieane. — Le système du Rainant parait avoir encore augmenté l'étendue des terres émergées de l'époque précédente. Car la Tburinge et le Mansfeld, aussi bien que la Russie orientale précédemment sous les eanzoù se formaient les dépôts pénéens, ne présentent aucune trace de grès vosgien et par conséquent fiuent alorsi sec (g 328). Par opposition plusieurs points découverts dans la Bavière rhénane etie duché de Bade ont dû Ëlre maintenant submergés pour recevoir la formation vosgienne qui se montre aujourd'hui sur les deux rives du Rhin. La partie submergée entre Monlbéliard et Saint-Dié qui recevait le grès ronge à l'époque pénéenne s'est de nouveau relevée pour échapper à celui-ci.
Ainsi le dépôt vosgien semhles'etrefaitdansunlac au milieu du continent, et peut-être en Angleterre entre deux grandes ties qu» présentait celte contrée, où se sont formés pins tard les dépôts triassiques- Cette formation parait avoir duré peu de temps, ou dn mains avoir été très-tum ultueuse, carilnes'yesltrouvéj usqu'i ci aucu n reste d'animaux, etlesdébrisde plantesysontinéme peu nûmhreux(§249j. g 5C0. Époque trteulque. — L'événement du système do Rhin (g 313) est venu de nouveau dialoqueret découper le continent, qui paraît avoir existé aux deux époquesprécédentes.Une grande Ile s'étendait alors obliquement à travers la France (fig.
377), de l'Angleterre occidentale jusqu'en' Autriche , comprenant la Bretagne; le Limousin, le Forei, étendant une presqu'île j u squ'aux Pyré- Fjg. 377. Ut inaaiiitie. nées et une autre en
CMiliEnrattDiiM^nduarctiilIvisdetUneseldeiniora Bourgogne. Une autre
«D VranM pendani le iéfàx des terrwns iri»«^uci. y^ renfermait la Belgique, la grand-ducbé dn Rhin s'étendant dans les Vosges en pre^ q'n'tle piraljÈle "*- moiiiagnes anciennes de la forôt Hoire.
fiTAT DE L'EUROPE AUÏ DIVERSES ÉrOQUES. S15
g 3(iJ. La végélaiion a subi à rette époque de graiidos niodilicanons; les fongères et les éqnisétacéM dé bâuie Uiile avaient cWisiaerBblementdimiûné, elles conifèrea au contraire étaient devenues pin8 nomLTBUses : des plantes analogues aux zaniia et peut-être aux cycas {6g. 578 et 379) formaient alors une partie importante de la flore de IBurope, préludant au développenleiil immense qa ell«8 iBirent d répoqne soivaBle.
8 363. Il se présente encore ici de nouveaux sauriens, etpoar la première fois on reconnaît qiiel([aes traces d'oiseaux snrtesilalles da grès bigarré (g iBI, 315). C'^it alors qu'existaient ces êtres, dont noas trouvons aussi les pas sur les mêmes dépôts:, que H. Owen a reeonnuB d'après les ossemeùts fossiles, pour d'énormes balrapcieiisdont il a imaginé la rêstauratioA suivante (lig. 580).
Fig. 3t0. Lfil^rinll'odBa pachieitai
316 GËOUMHB.
S 363 époque j«rMNri%ve. — Lors du sonlèvement dn Thuringerwald (g 347), le terrain triassique qui venait de se former dam les mers s'est trouvé soulevé dans divers points. Il s'est alors aceolé .quelques lambeau^ de grès bigarré autour des côtes précédentes, comme en Angleterre, d'Exeter à Li verpool, et sur la côte orientale, en France, de Cherbourg à Bayeux, de Moulins â la Châtre, autoui de Brives, aux environs de Rodes, de Saint*Affrique et de Lodève, enfin autour des terrains dévoniens qui préludaient aux Pyrénées actuelles. L'Ile du Yar s'est accrue non-seulement de ces grès, mais encore du calcaire conchylien; les Vosges et la forêt Noire furent considérablement augmentées par les deux dépôts tant à l'ouest dans la Lorraine, qu'à l'est, d'où le terrain triasslque se prolonge J en Allemagne, en liant divers Ilots précédemment séparés. Mais* e^J même temps que de nouvelles terres étaient mises à nu, il se Msait ^ de grands affaissements dans celles qui existaient auparavant; la grande terre qui s'étendait à travers la France fut coupée vers Poitiers, en formant un détroit où se montrent aujourd'hui les dé« pots jurassiques. Ce qui s'en étendait depuis les premiers temps J de Lyon jusqu'à Inspruck (g 253) s'est même complètement eih- 1 foncé pour recevoir la nouvelle formation qui l'a recouverte. La-J Corse et une île vers Toulon sont les seules qui soient restées pour marquer l'ancienne direction.
Les dépôts jurassiques formés â la suite de ce bouleversement étant extrêmement étendus à la surface actuelle de l'Europe, leurs limites inférieures, partout très-distinctes, nous indiquent clairement celles des mers dans lesquelles ils se formaient. C'est en les étudiaat avec soin que M. de Beaumont est parvenu à tracer pour nous la carte (fig. 381), beaucoup plus arrêtée que les précédentes.
On remarque immédiatement sur cette carte la rupture que nous avons indiquée vers Poitiers, les morcellements et les découpures qui limitent le plateau central et son prolongement, la disparition complète du terrain compris entre Lyon, Nice et Inspruck. On voit enfin comment l'Ile qui renfermait la Saxe et la Bohême se trouvé. liée aujourd'hui, par les dépôts pénéens et triassîques, avec celle qui s'étendait entre Francfort et Arras. Un rivage nettement limitéi' | s'étendait alors de Dunkerque à Trêves, et, tournant les deux près-' qu'Iles des Vosges et de la forêt Noire, gagnait Ratisbonne, Vienne et Cracovie, où un détroit conduisait au nord; un autre rivage allait de la hauteur de Poitiers, par Angers, Cherbourg et Liverpool, jus« qu^au delà d'Edimbourg. Les montagnes des Maures et de l'Estere» offraient un îlot entre Toulon et Nice, et la Corse en faisait un autre Les terres Scandinaves seules n'avaient subi aucun changement.
ÉTAT DE L'BUROPE AÏÏX DIVERSES ÉPOQtES.
tig. XI. Uer ji>nw<qti.
CofinganlioD el hendue relalliet <let lerret cl ôa oicn dut rE^urop* «ddcntile
ftaàtal le iipil du umio juraulqas.,
g S64. Àtàmavx de Fépoque jurassique. — Les mers de cette nosvelle époqae pn^BenUient des caractères très-différents de ceux que Doos avons vas jusqu'ici dans les men antérieur j«; elles él»ipri>
3IN GEOLOGIE.
maialeiuuit habitées p>r les saurien», ëminenuuent nigesn, nommés îchthyosaures et plésiosaures (g 258), dont les pattes, en forme de rames, rappellent nos chélonîens marins actuels; ces animaux tout aquatiques remplai^ieut alors par leur voracité les poissons sauroldes de la mer dévouienne, qni avaient depuis longtemps disparu. Ce fut alors aussi que vécurent sur la terre les ptérodactyles. genre de sauriens volants qui peuplaient les airs, et qui complélaient la série des âtressi remarquables de la création jurassique, que lies catastrophes subséquentes ont entièrement anéantie. H, Bnckland, parlant du squelette de ces animaux, a essayé de peindre loar conformation extérieure dans les ficrures snivantes :
' Fig. Xi. nalaiir.:lha ittlWiTUu deCipetttJuruiljat,
Ces mers avaient perdu les productus des époques précédentêB et les spirifères même avaient presque entièrement disparu. Hais il Jf" avait alors de nombreuses térébratuies qui appartenaient i des espèces différentP.!! de celles que renfermaient les mers précédentes, et qui disparaissant elles-mêmes dans les snivantes. 11 s'y trouvait aussi nu très-grand nombre de mollusques céphalopodesà coquilles cloisonnées, que nous nommons en général ammomUi, dont b race encore peu développée avait commencé é paraître dans les mersot