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PHÉNOMÈNES GÉOLOGIQUES DE L'ÉPOQUE ACTUELLE

1* TREHBLEHENTS DE TERRE.

g 29. Deseripiion do phénomène. — Chacun a entendu parler Mu terrible fléau qui, en un instant, fait un monceau de ruines des plus florissantes cités, et bouleverse parfois tout le sol environnant. Son apparition est souvent précédée par des bruits sourds, des roulements souterrains, qui fréquemment se font entendre longtemps avant la catastrophe à laquelle ils préludent. Des trépidations plus ou moins violentes se font ensuite sentir pendant quelques secondes, ou quelques minutes seulement, et souvent se succèdent un certain nombre de fois avec plus ou moins de rapidité et plus ou moins de force : dans certains cas même, elles se continuent à divers intervalles pendant plusieurs jours, plusieurs mois, et même des années entières. Ces mouvements du terrain sont de diverses sortes : tantôt ce sont des oscillations horizontales saccadées, plus ou moins rapprochées; tantôt des secousses verticales, c'est-à-dire des soulèvements rapides et des affaissements successifs du sol; ailleurs, ce sont des tournoiements divers. Souvent toutes les espèces d'ébranlements se réunissent à peu près dans le même temps, et rien alors ne peut échapper à la dévastation.

Quelquefois un tremblement de terre se trouve circonscrit dans un espace assez resserré : par exemple, celui qui eut lieu à Ttle d'Ischia, le 2 février 1828, ne fut ressenti en aucune manière ni dans les lies voisines ni sur le continent. Dans d'autres cas il ébranle une surface immense : témoin celui de la Nouvelle-Grenade, du 17 juin 1826, qui exerça son action sur plusieurs milliers de myrianiètres carrés. Ailleurs il se propage â des distances énormes, comme le fameux tremblement de Lisbonne en 1755, qui s'étendit jusqu'en Laponie d'une part, et jusqu'à la Martinique de l'autre;

il se fit senlir en travers de cetie direction du Groenland en Afri* que, où Maroc, Fez, Méquinez. furent diilruités : l'Europe entière en éprouva les effets au même moment. Généralement on peut reconnaître, dans les narrations diverses, beaucoup d'exemples da propagation du mSme g'enre sur des longueurs plus ou moins coa> sidérables, et des hrgeurf diverses. On peut mËme conclure, de l'exposé et de la comparaison des faits, que l'ébranlement s'est souvent étendu suivant un grand cercle, plus ou moins incliné sur l'équaleur, et occupant peut-être tout un hémisphère.

g 30. KfTela de* lreniMeiH«B(ii de terre. — Non-SCUlement les

tremblements de terre renversent souvent des cités entières avec les ëdillces les plus solidement établis, mais encore ils font subir au sol même d'importantes modifications. Ceus de la Calabre, en 1785. nous en fournissent des exemples d'autant plus précieux que les faits ont été décrits par les hommes les plus distingués du temps, tels que Vicencio, médecin du roi de Naples, Grimaldi, ilamillon, etc., et enfin, par une commission de l'Acadûmie royale de Naples. Tout fut bouleversé dans ce malheureux pays; le cours des rivières fut interrompu et changé; des maisons furent soulevées au-dessus du niveau de la contrée, tandis que d'autres, souvent à peu de distance, s'enfoncèrent plus ou moins; des édifices d'une grande solidité furent lézardés du haut en bas: certaines parlies en furent élevées au-dessus des autres,' et les fondations poussées hors dé terre. Le sol s'entr'ouvrit de toutes parts, souvent en longues crevasses, dont quelques-unes avaient jusqu'à 150 mètres de large; il y en avait d'isolées, quelquefois bifurquées et montrant fréquemment d'autres fissures perpendiculaires à leur direction (fig. 9); quelquefois on voyait une série de crevasses parallèles, et Fig. 9. Flg. 10.

Crevamei pradalla fsr let trcmlitemeiu ie tare. dans d'autres cas elles se réunissaient en rayons divergents autour d'un centre, comme une vitre brisée (fig. 10). Certaines crevasses,

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