TREMBLEMENTS DE TERRE ET LEURS EFFETS
onvertes au raomeni de la secousse, se refermaient subitement, en broyant entre leurs parois les habitations qu'elles venaient d'engloutir; d'autres restaient invariablement béantes après la commotion, ou bien, commencées par un premier ébranlement, s'élargissaient par les suivan^. Dans un cas comme dans l'autre on observa tantôt que les deux bords de la fente se trouvaient sur le même plan, ou plutôt qu'il s'y manifestait un bombement plus ou moins saillant (âg. 11); tantôt qu'une des parties était beaucoup plus haute (fig. 1 2 et 1 5), de manière à montrer nécessairement que Tune d'elles s'était soulevée ou Tautre affaissée.
Fig. 11. Fig. 12. Fig. 13.
Changements de niveau produits par les tremhlemenU de terre.
^ Ailleurs, il arriva que des étendues plus ou moins considérables de terrain s'enfoncèrent tout à coup, entraînant plantations et habitations, et laissant des gguffres à parois verticales de 80 à 100 mètres de profondeur. Dans certains cas, on vit surgir immédiatement du fond de ces cavités une immense quantité d'eau; et il •'' " en résulta des lacs plus ou moins considérables, tantôt sans écoule- ^. ment apparent, et tantôt fournissant d'énormes torrents. Dans d'au- ^^ " très cas, au contraire, des ruisseaux furent absorbés par les crevasses du sol, où ils s'engouffrèrent, soit' pour un temps, soit pour toujouré.^^^ "^'^^
Enfin, si la principale action des tremblements de terre eut lieu sur le continent entre Oppido et Soriano, les phénonj^ènes se manifestèrent ausâî jusqu'à Messine, à travers le détroit ;^plus de la
y^ moitié de la ville fut' détruite, et vingt-neuf bourgs et villages furent engloutis. Le fond fie la fltjpr s'abaissa et /ut boul^prsé eu diverses places; le rivage fut déchir^par. des fentes, et tout le sol, le long du port de Messine, s'inclina vers la mer eh s'affaissant " ' subitement de plusieurs /lécimètres; tout le promontoire qui en formait l'entrée fut en un instant englouti. < / "^ § 31. Outre les crevasses diverses, les affaissements qui se manifestèrent dans ces catastrophes, les gouffres qui interceptèrent les eaux, ou qui en fournirent de nouvelles, il arriva aussi que des
masses de roches, tombant en travers des vallées, en arrêtèrent les eaux, qui bientôt formèrent des lacs dans la partie supérieure. Or ces eaux accumulées se fi^yërènt de nouveaux passages, soit . en rompant les flancs de la vallée dans d'autres points, soit en élargissant quelques fissures des montagnes, ou enfin en dégra* dant l'obstacle qui les avait retenues, et le renversant en tout ou en partie. De là Je& débâcles épouvantable^ 4es torrents impétueux roulant des quartiers de roc énormesj, dfont le ravage devint aussi désastreux que les commotions elles-mêmes, et qui, se creusant de nouveaux lits, élargissant ou approfondissant ceux que les eaux suivaient auparavant, marquèrent leur passage par les débris qu'ils roulaient et dépo^ient successivement.
g 52. Sonlèvéiiiento et affaisfièniéiits divers. — Les tremble** ments de terre qui ont eu lieu sur les côtes du Chili, en 182S, 1855 et 1857, ont produit des effets non moins remarquables. Di* rerses parties de la côte, dépuis Valdivia jusqu'à Valparaiso, c'està-dire sur une étendue de plus de 200 lieues, se sont manifeste-^ ment élevées au-dessus des eaux, ainsi que plusieurs lies voisines, et jusqu'à celle de Juan*Femandez; tout le fond de la mer, jusqu'à ^ une distance considérable^ Participa au même phénomène. Sur les côtes, des rochers, jadis cachés sous l'eau, se sont élevés de 2 à 5 mè* très au-dessus de son niveau avec, des coquillages qui vivaient à leur surfa(2Q; des rivières qui débouchaient sur ces côtes sont de* venues guéables là où de petits bricks pouvaient autrefois naviguer; en mer, des mouillages bien connus ont diminué de profondeur dans la même proportion, et divers points où l'on passait facilement opposent aujourd'hui des hauts-fonds aux bâtiments qui tirent beaucoup d'eau. ^
Des circpnstances analogues se sont manifestées dans Tinde en 1819; une colline de 20 lieues de longueur sur 6 de largeur s'éleva du sud-est au nord-ouest, au milieu d'un pays jadis plat et uni, en barrant le cours de l'Indus. Plus loin, au contraire, au sud et parallèlement à la même direction, le pays s'affaissa, entraînant le village et le fort de^jndré, qui resta néanmoins debout, à demi submergé. L'embouchut^ orientale du fleuve devint plus profonde en plusieurs points, et diverses portions de son lit autrefois guéables cessèrent tout à cp^p de l'être.
Les narrations de tous les temps, de tous les lieux, nous présen* tent des faits exactement du même genre. Partout il est question de crevassements du sol, de gouffres profonds dans lesquels des cités, des contrées entières s'engloutissent, d'où s'élèvent des gat méphitiques, des masses énormes d'eau, tantôt froides, tantôt