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Baie Orange, Ile Burnt

Brèche andésitique. — La côte Nord de l'île Burnt est essentiellement formée par des brèches andésitiques fortement altérées. Ce sont des roches grises, grenues, à éléments indiscernables à la loupe.

Au microscope, on y observe, à l'état de fragments soudés, un grand nombre de variétés d'andésite qui se différencient par l'abondance relative des microlithes et des grands cristaux, par le développement variable de la matière amorphe, par la diversité dans les proportions de fer oxydulé, et enfin par le degré et le mode d'altération. Dans quelques échantillons, aux microlithes d'oligoclase se joignent les microlithes de labrador et, en même temps, la roche se charge de microlithes d'augite, se transformant ainsi en une labradorite augitique.

Ces roches sont huileuses, mais les vacuoles sont remplies de produits secondaires et particulièrement d'une chlorite dont le signe d'allongement est positif, et de diverses zéolithes, en particulier de chabasie et de mésotype.

Les zéolithes se développent non seulement dans ces vacuoles, mais épigénisent les grands cristaux de feldspath.

Près de la roche précédente et un peu dans l'Est de celle-ci, se trouve sur la côte Nord de l'île Burnt une falaise de lo™ de hauteur, dirigée Est et Ouest, présentant des couches inclinées de lo^ sur l'horizon et plongeant vers le Sud. La roche qui les compose, vue à l'œil nu, est de couleur foncée, grenue.

Brèche labradorique. — On voit immédiatement que c'est une roche détritique, et effectivement, au microscope, on reconnaît que c'est une brèche de labradorite.

Les fragments sont riches en grands cristaux d'augite et de labrador. Mais tandis que les cristaux d'augite sont à peu près intacts, ceux de labrador sont très fortement altérés. Ils ont perdu en grande partie leur action sur la lumière polarisée et sont pénétrés d'une matière verte amorphe.

Les microlithes de labrador sont relativement bien plus intacts que les grands cristaux du même feldspath. Il n'y a pas de microlithes d'augite.

La matière amorphe qui sert de ciment aux cristaux est transformée presque entièrement en chlorite et en serpentine. La chlorite présente un allongement de signe positif.

Mission du cap Horn, IV. I7

Les vacuoles sont de grande dimension, irrégulières, remplies d'une matière amorphe grisâtre parsemée de quelques cristaux de chlorite. On Y observe localement quelques plages de chabasie.

Labradorite augitique. — Ce tuf est coupé verticalement par un filou de labradorite augitique, situé à la partie inférieure de la falaise, dirigé Nord et Sud, perpendiculaire aux couches ci-dessus décrites et d'une largeur de i™ environ,

La roche de ce filon est d'un gris foncé, très compacte, remplie de géodes de calcite dont quelques-unes ont jusqu'à o",oi de diamètre.

Au microscope, la roche n'offre rien de particulier au point de vue des minéraux essentiels qu'elle renferme. L'augite en grands cristaux est fréquente. Le labrador est assez fortement altéré; il a perdu, par places, son action sur la lumière polarisée. La calcite est abondamment répandue, surtout au milieu de la matière amorphe.

Tuf andésitique . — Sur la côte Sud-Ouest de l'ile Burnt, se trouve une petite falaise de lo"" de hauteur, composée d'éléments détritiques arrachés à toutes les roches avoisinantes.

Les débris anguleux de quartz, de feldspath, les fragments d'andésite, les morceaux cassés de pyroxène, y sont extrêmement abondants et disposés en lits parallèles.

C'est donc une sorte de grès riche en éléments volcaniques agglutinés avec des grains de quartz au moyen d'un ciment argileux.

Cette roche peut encore être considérée comme un tuf volcanique très remanié par l'eau.

Andésite vacuolaire et Labradorite augitique vacuolaire. — Sur la côte Est de l'ile Burnt on rencontre des brèches, et aussi des andésites et des labradorites augitiques à pyroxène, criblées de vacuoles arrondies qui sont remplies de calcite et de scolésite. Cette zéolithe se présente en fibres allongées, souvent groupées en éventail. L'allongement est de signe négatif. Les extinctions sont obliques dans un certain nombre de sections, mais l'enchevêtrement des fibres ne permet pas de mesurer leur angle exactement. Le plan des axes optiques est compris dans la zone d'allongement. L'écartement des axes optiques est d'en-

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viron 5o** autour de la bissectrice, qui est négative. La biréfringence maximum est voisine de celle du quartz. Toutes ces propriétés sont celles qui caractérisent la scolésite. (Voir PL X.fig. 2.)

L'altération des feldspaths soit en grands cristaux, soit en microlithes, est telle que, dans certains échantillons, ils ont complètement cessé de polariser.

Les nodules de calcite ont en moyenne cinq millimètres de diamètre.

Dans la brèche, on trouve toutes les variétés possibles d'andésite, mais en particulier des échantillons riches en matière amorphe.

Labradorite augitique très vacuolaire. — Près de la pointe Nord de l'île Burnt, sur la côte Ouest, à une distance d'environ iS™ du bord de la mer, se trouve une dénudation de 10™ de hauteur et 10™ de largeur, exposée au Sud-Ouest, escarpée, ne présentant pas de couches stratifiées. Le massif est criblé de fentes irrégulières qui, prises dans leur ensemble, paraissent converger vers la partie centrale du massif à sa base.

Tout cet ensemble est formé par des labradorites augitiques très vacuolaires, très riches en matière amorphe, chargée de zéolithes, de calcite et de chlorite, ou par des tufs provenant de la désagrégation de ces roches ou des projections qui ont accompagné leur sortie.

Les labradorites, vues à l'œil nu, sont des roches d'un gris foncé, très compactes, criblées d'amandes dont les dimensions varient depuis un centimètre jusqu'à un à deux millimètres, amandes remplies particulièrement de zéolithes et de calcite.

Ces roches sont donc de véritables amygdaloïdes et ressemblent, à s'y méprendre, à certains mélaphyres des Alpes.

Examinées au microscope (voir PL F/, Jig. 2), elles présentent, à l'état de cristaux du premier temps, du pyroxène et du feldspath.

Le pyroxène est très bien conservé. Il est doué d'une forte biréfringence et présente les clivages normaux et les extinctions habituelles de ce minéral. En lumière naturelle, il est très peu coloré, et en lames minces présente à peine une légère teinte d'un vert très clair.

Le feldspath, au contraire, est fortement décomposé; il n'en reste, pour ainsi dire, que quelques lambeaux clairsemés au milieu du con-

tour dessiné par le cristal primitif. Le reste de la substance feldspathique est transformé en une matière incolore, sensiblement isotrope, attaquable aux acides, sans structure cristalline caractérisée.

Les microlithes de labrador sont petits, clairsemés, souvent fortement attaqués; dans certains échantillons ils font défaut, en même temps que le feldspath en grands cristaux, et la roche n'est plus alors qu'une limburgite.

Les microlithes d'augite sont fréquents et souvent très bien conservés.

La matière amorphe, généralement abondante, n'est jamais intacte. Elle est transformée en chlorite ou en serpentine.

Les vacuoles, dans quelques échantillons, ne contiennent aucune matière étrangère. Ce sont de grosses bulles, caractéristiques du mode de formation de la roche. Mais, dans la presque totalité des cas, les vacuoles sont remplies de zéolithes diverses, de calcite, de chlorite et de serpentine. Parmi ces produits dominent surtout les zéolithes et la calcite.

Zéolithes. — Les zéolithes les plus fréquentes sont la mésotype, la scolésite, la mésolithe, la chabasie et l'analcime. Dans un même échantillon on rencontre plus particulièrement l'une ou l'autre de ces espèces. Cependant, il arrive que dans une même vacuole on observe quelquefois deux espèces. Ainsi il est assez fréquent d'observer l'association de la mésotype et de la scolésite qui constitue la mésolithe. Ce cas se reconnaît à ce que, dans un même globule radié, le signe des cristaux orientés dans une même direction varie; de la mésotype à signe d'allongement positif est associée à de la scolésite dont le signe d'allongement est négatif.

La mésotype se partage aussi, souvent, un globule avec la chabasie.

La calcite forme de beaux groupes radiés, remplit des filonnets ou obstrue des fentes accidentelles de la roche.

La chlorite, d'un vert foncé, à couleur de polarisation bleuâtre, est de signe positif. Elle tapisse la surface des vacuoles et revêt ainsi extérieurement les globules zéolithiques. Quelquefois aussi elle se présente au milieu de la vacuole au sein de la matière zéolithique et y forme de

petits globules qui découpent, comme à Temporte-pièce, les fibres des zéolithes.

Dans ces globules de chlorite, on observe parfois un nodule arrondi de matière amorphe, verte, serpentineuse.

Tuf lahradorique. — Les échantillons de labradorite qui font partie des tufs offrent tous ces caractères, pour ainsi dire, exagérés. Ils sont encore plus altérés, plus chargés de zéolithes et de calcite et leur nature bréchoïde se remarque même à l'œil nu.

Il est à remarquer que, dans certains échantillons de labracJorite enclavés dans les tufs, les microlithes d'oligoclase paraissent au moins aussi abondants que ceux de labrador, ce qui semble annoncer que peut-être ces tufs sont formés, d'éléments volcaniques d'origines diverses.

Nous avons remarqué aussi que, dans quelques échantillons, la chlorite, toujours de signe positif, était beaucoup plus fortement biréfringente que d'ordinaire.

Ses couleurs de polarisation sont le jaune ou le rose, sans que ces teintes soient justifiées par un accroissement anormal d'épaisseur.

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