‹ GeologieChapitre 88 sur 115 · POTASSE · texte numérisé non relu

POTASSE

MATICIIES

minérales.

Les numéros 1, 2 et 3 ont été prélevés à la lisière supérieure d'un petit bois, à 20™ d'altitude et sur un emplacement préparé pour faire un essai de jardin. On avait creusé une large tranchée à la partie supérieure, pour faciliter Técoulement des eaux. Le numéro 1 a été pris en aval et les numéros 2 et 3 en amont de ce fossé. C'est ce qui explique la différence entre les taux pour 100 d'eau.

Le numéro 4 a été prélevé à la pointe Sud de l'anse aux Canards, près de la plage, à 2™ environ d'altitude, sur un emplacement à végétation luxuriante composée principalement de Drymis de lo"" à i5™ de hauteur. Le sol de cette localité présente une pente assez sensible et se trouvait desséché au moment du prélèvement.

Le numéro 5 a été prélevé à l'île aux Moutons, dans la baie Orange, à lo*^ environ d'altitude, au sommet d'une falaise presque verticale. Le sol était recouvert d'uno végétation composée surtout de joncs.

Les numéros G et 7 ont été prélevés dans des mares voisines de la Mission, dans la partie Ouest de celle-ci. Ces mares avaient plus de 2" de profondeur, leur surface était momentanément dépour\uo d'eau et se trouvait à 0", 20 environ au-dessous du sol.

Les numéros 8 et 9 ont été prélevés à d^es profondeurs^ différentes dans de petites mares qui se trouvent à l'Ouest de la Mission.

Le numéro 10 provient d'une mare desséchée à 30" d'altitude, à l'Ouest de la Mission, entre le lac et l'anse aux Canards.

Le numéro 11 a été prélevé dans une mare desséchée, dans l'Ouest de la Mission.

» Ce qui frappe tout d'abord dans le Tableau précédent, c'est la quantité insignifiante de Télément minéral, tandis que dans nos terres arables nous le rencontrons dans la proportion de 93 pour 100, composé de sable, d'argile et de calcaire, offrant une coucbe plus ou moins épaisse dans laquelle les racines des plantes puisent leur nourriture au milieu d'une atmosphère oxygénée. Aussi, dans les sols de la baie Orange, nous ne devons pas considérer les matières minérales comme distinctes de l'humus; et ce que nous obtenons par l'incinération doit représenter plutôt les cendres d'une végétation antérieure.

» L'acide phosphorique, qui est un facteur très puissant de la végétation, ne se trouve qu'à faible dose dans ces terres. La chaux et la magnésie sont en petites quantités; mais la potasse est assez abondante. Sa présence s'explique par la nature des roches qui constituent principalement le sous-sol de la baie Orange (micropegmatites).

» Si nous considérons la composition de ces roches, nous voyons que les silicates acides y dominent et que le calcaire fait défaut. La désagrégation par les agents atmosphériques doit marcher beaucoup plus lentement que pour les roches à silicates basiques. D'un autre côté, en supposant que la désagrégation s'opère, l'absence du calcaire ne permettra pas la coagulation des limons. Les éléments argileux et sableux ne pourront pas s'agglomérer et seront entraînés à la mer. Par conséquent, les alluvions ne se déposeront pas pour former des terres arables. C'est ce que nous constatons à la baie Orange : nous avons une végétation reposant sur la roche nue (*); les éléments sableux et argileux ont disparu, entraînés par les pluies continuelles qui régnent dans cette contrée.

» Nous ne voyons pas la possibilité de remédier à cet étal de choses. En effet, la pratique de Técobuage, qui consiste à sécher et à brûler les

(* ) D*après les données pélrographiques, les foches de la baie Orange sont ; les micropegmatites, riches en potasse ; lesdiorites, diabases, andésites, tuf andésitique, pauvres en potasse et riches en soude et en chaux ; l'apatite, qui est extrêmement rare. En somme, le sol de cette région se compose de la roche nue recouverte par les débris végétaux sur les rivages des côtes. Au niveau des hauts plateaux la végétation a complètement disparu et l'on ne trouve qu'une sorte de tourbe dans des marécages épars.

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