‹ GeologieChapitre 89 sur 115 · SOL DE LA BAIE OEANGE · texte numérisé non relu

SOL DE LA BAIE OEANGE

racines pour se servir des cendres, est impraticable dans ce pays par suite de Thumidité persistante. L'apport de la chaux ou de la marne ne peut être proposé puisque cette contrée n'en renferme pas.

Nous devons considérer la Terre de Feu, dans cette région, comme un pays stérile et sans avenir agricole; à moins que les tangues ou sables coquilliers, qui sont toujours calcaires et qui sont communs dans ces régions, ne puissent être apportés sur ces sols. En effet, leur intervention transformerait cet humus acide et peu propre à la végétation en un terreau neutre ou alcalin dans lequel la nitrification pourra se développer et rendre assimilable l'azote organique qui est si abondant dans ces débris végétaux. »

Il est très important de remarquer que ce qui vient d'être dit dans cette note intéressante, à propos du sol de la baie Orange, ne s'applique pas à l'ensemble de l'archipel de la Terre de Feu. Et d'abord, dans toute la région schisteuse, il est clair que la désagrégation des roches doit donner un sol favorable à la végétation. Nous en dirons autant pour les localités si nombreuses dans lesquelles on rencontre des roches éruptives plus ou moins basiques ou des tufs de même nature. Les diabases et les porphyritcs, par exemple, en se décomposant, donnent évidemment naissance à des sols dans lesquels ne fait défaut aucun des éléments indispensables au développement des végétaux. L'absence de terre végétale, signalée à la baie Orange, n'est donc nullement caractéristique du sol de la Terre de Feu. Le plus grand obstacle à des cultures agricoles dans cette contrée réside, non dans la constitution du sol, mais dans la rigueur du climat.

Mission du cap Horn, IV. 4^

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