‹ Géologie pratique de la LouisianeChapitre 9 sur 60 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La plupart des ouvrages sur la Géologie Américaine ont , à tort ou à raison , été accusés de faire une part trop large aux généralités scientifiques, et, en même temps, beaucoup trop restreinte aux détails et faits particuliers qui , seuls , pelivent donner à Tétude d'un sujet son caractère pratique et positif. J'essaierai d'éviter cet écueil. Je ne puis, toutefois , me dispenser, pour plus d'un lecteur qu'aucun livre n'a pu initier à la géologie de la Louisiane , d'en rappeler les notions élémentaires , en les établissant sur les théories fondamentales de la science.

Qu'est-ce, en effet, que généraliser ainsi dès le début, sinon donner à notre sujet , dont le caractère est tout spécial , le cadre qui doit le distinguer dans l'ensemble des travaux sur la géologie du Nouveau -Monde?

Pour ne pas compliquer ici la difficulté , nous ne demanderons pas ce qu'était la Louisiane à l'origine de la Création ; c'est certes bien assez , dans cette première étude , que nous remontions jusqu'au déluge ! Le déluge , qui est le point de départ de toutes les divagations littéraires et oratoires, ne sera guère ici , pour nous , qu'un point d'arrivée ; et c'est

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pour l'atteindre sûrement , pas à pas , en allant du connu à l'inconnu , que nous choisissons de préférence Tétude des terrains modernes , et y prendrons avant tout pour guide l'observation des phénomènes actuels.

Pour savoir donc quelle forme avait la Louisiane à l'origine des temps historiques, voyons les conditions présentes de ces derniers terrains, leur relief et leurs profondeurs , leurs contours et surtout leurs rivages , où les transformations sédimçntaires se font toujours mieux remarquer. Une fois que nous connaîtrons les lois de développement qui régissent ce sol moderne , nous devinerons plus aisément les conditions de son ancien régime , les formes de son œstuaire primitif , quelle était sa végétation d'alors , et quelles espèces maintenant disparues y distinguaient son règne animal. Nous saurons, en im mot , par quelles périodes de calme ou d'agitation ce territoire est arrivé à son état présent , et comment il faut juger de ses conditions antérieures par les témoignages qui en sont parvenus jusqu'à nous.

La Louisiane, telle qu'elle existait à l'époque où nous allons d'abord la considérer, était couverte , en grande partie , par la mer. Du nord-est des lacs Borgne et Pontchartrain à la rive ouest du bayou Vermillon , et des bords du golfe de Mexique jusqu'aux pieds des monts Washita , sur un espace égal au delta du Gange et plus grand que celui du Nil , elle n'était qu'im immense œstuaire, où les alluvions fluviales et les alluvions maritimes commençaient à jouer un rôle également important , et travaillaient en commun à la formation du delta du Mississipi.

Cette formation, qu'on dit vulgairement n'être qu'une création du fleuve, a été d'une origine beaucoup plus complexe.

D'abord, l'action des eaux salées n'y a jamais été absente : la présence des sables marins, alternant partout avec les dépôts du Mississipi, ne laisse aucim doute à cet égard.

En second lieu , les forces volcaniques que nous y avons découvertes , ont puissamment coopéré à la formation du cordon littoral : ce qui a dû retenir les alluvions dans l'œstuaire primitif, et y accélérer la marche des atterrissements de toute nature.

Un troisième agent ne devra pas non plus être oubUé : c'est l'influence des vents dominants. Les bois de dérive et même les alluvions charriées

( ra )

par les eaux échouent et se déposent toujours sous le vent : c'est évidemment de ce côté que le Mississipi a commencé à élargir et consolider ses rives. Le mode de création de son delta est donc , à certains égards, un effet des courants atmosphériques , et nous devons étudier le rôle de ces derniers, en même temps que celui des feux souterrains , des eaux salées du golfe de Mexique et des eaux douces du Mississipi. En somme , trois agents : le feu , Tair et Teau , ont indubitablement coopéré à la formation géologique qui nous occupe ; et c'est du dernier des trois , conune le plus actif, le plus constant et le plus facile à observer, qu'il faudra surtout nous rendre compte.

ASPECT HTDROGRÂPHIQCE DE LA BASSE - LOUISUNE .

Ouvrons la carte de TÉtat de la Louisiane , et consultons d'abord son hydrographie, c'est-à-dire la condition moderne de ses cours d'eau. Leur action primitive s'est de plus en plus restreinte par les progrès de la culture et du dessèchement ; mais elle n'en est pas moins frappante sur près des trois quarts du territoire. Là est, en effet, le bassin inférieur du Mississipi , et, soit par son cours principal, par ses affluents ou ses ramifications, c'est le fleuve qui domine la contrée entière. Les vallées de l'est, arrosées par l'Amite et les rivières aboutissant aux lacs Maurepas et Pontchartrain, en sont géologiquement détachées par l'origine antérieure de leur sol; mais, sous le rapport hydrographique, elles ne sont qu'une dépendance du bassin principal.

Le reste du territoire se divise entre les bassins du Washita et de la Rivière Rouge, du Calcassieu et de la Sabine. Or, ces deux derniers, étant les seuls qui n'aboutissent point au grand œstuaire du Mississipi , constituent dans le sud-ouest de l'État une section hydrographique entièrement distincte , et ce n'est que plus tard que nous aurons à nous en occuper.

Tel est donc le cadre général où la Basse-Louisiane nous apparaît comme le produit d'une époque géologique, relativement très-récente.

Il suffit, pour s'en convaincre , de comparer le delta moderne , en cours

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