PIEIIBES DE CONSTRUCTION
Dans les pierres de construction destinées aux édifices ce que l'on doit rechercher surtout c'est la beauté de la couleur et de la texture, l'inaltérabilité aux agents atmosphériques et la facilité d'être taillées et travaillées. Ces qualités varient beaucoup dans les diverses roches, les unes étant fort belles et faciles à tailler
PIERRES DE CONSTRUCTIONi ÎH
mais sans duréo, d'autres au contraire à peu prôs inaltéral)les, mais si dures qu'on ne peut les travailler qu'au prix de dépenses considérables, d'autres enfin durables et propres à la taille mais sombres et désagréables de couleur.
Nous allons énumérer rapidement les principales roches propres à la construction.
Granités et porphyres. — Les granités qui ont été fort employés, par exemple en Egypte pour la construction de monolithes et de sculptures gigantesques, forment une famille très-nombreuse de roches qui diffèrent beaucoup entre elles par la couleur, la texture et rinaltérabilité. Ils se présentent dans les contrées les plus diverses et constituent à eux seuls dans les deux hémisphères des contrées d'une étendue considérable. — En général le granité forme l'axe minéralogique des montagnes élevées et il entre dans l'ossature des régions tourmentées, des protubérances centrales, surgissant comme des îles au-dessus des terrains qui enveloppent leur base.
Quoique le granité soit l'assise générale sur laquelle les terrains stratifiés se sont déposés, on en connaît de date très-moderne. Par exemple l'île d'Elbe renferme dans sa partie occidentale un vaste massif granitique dont le monte Campannaest le point culminant et qui déborde au-dessus du terrain nummulitique.
Le granité est essentiellement formé par un mélange grenu de quartz, de feldspath et de mica, cependant
ses caractères varient assez pour qu'on distingue parmi ses innombrables variétés des types désignés sous des noms spéciaux.
Nous en mentionnerons quelques-uns :
La protogine qui forme presque seule l'axe des plus hauts sommets des Alpes et le m ont Blanc, en particulier, diffère à première vue du granité par la couleur verdâtre de son mica talqueux.
Le rappaknui, ou granitite de Gustave Rose, adm-et deux feldspath au lieu d'un seul et se rencontre principalement en Finlande. Dans cette région toutes les grandes constructions sont faites à l'aide de cette pierre dont sont bâties les fortifications de Cronstadt et de Saint-Pétersbourg. On s'en est servi aussi pour construire la cathédrale de Saint-Pétersbourg et la colonne commémorative élevée à l'empereur Alexandre. Mais on a reconnu depuis peu que le rappakiwi s'altère assez rapidement.
Le giîciss quartzifêre n'est guère autre chose que du granité dont la structure est schisteuse; aussi le désigne-t-on souvent sous les noms de granité veiné, granité schf'steux, granité feuilleté. Cette structure le rend d'autant plus propre à être employé dans les constructions ; dans le Limousin on n'a guère d'autre pierre pour faire les maisons. Dans la Valteline, aux environs de Chiavenna, il existe une variété de gneiss surmicacé et tabulaire qui sert à couvrir les maisons.
La syénitey dont sont faits les principaux monuments
PIEBEES DE CONSTRUCTION.
de rancieiine Egypte et par exemple l'obélisque de Louqsor, qu'on voit à Paris, n'est autre chose qu'un granité admettant de l'amphibole en cristaux disséminés.
Certaines roches, à l'inverse delà précédente, dérivent du granité par la suppression d'un des trois éléments
Fi G. 32. — Plaque de porphyre.
fondamentaux. Le gneiss est du granité sans quartz, et la pegmatite du granité sans mica. Cette dernière, qui comprend le granité graphique, comprend aussi des variétés finement grenues, dites gramUites et qui sont très-propres aux constructions.
Les porphyres (fig. 32) se divisent en deux groupes, suivant qu'ils contiennent ou non des cristaux de quartz.
94 GÉOLOGIE ET ABCHITECTUKE.
On les recherche surtout comme pierres de décorations et nous aurons à y revenir à cet égard. Nous nous bornerons ici à rappeler seulement que ce sont des roches franchement éruptives, constituant des enclaves transversales ou des dykes et des filons qui ont commencé à se former à l'époque cambrienne, mais qui se rapportent surtout aux dislocations qui ont eu lieu après le dépôt des terrains houillers.
Basalte, Mélaphyre, etc. — Les roches que noué résunissons ici ont pour caractère commun d'être à base de pyroxène; beaucoup d'entre elles ressemblent, au point de vue des caractères physiques, aux roches granitiques et leurs usages sont exactement les mômes.
Les basaltes semblent au premier abord avoir une composition simple : il faut les examiner de très-près pour y reconnaître les diverses espèces minérales qui s'y mélangent. On sait que ces roches noires et pesantes forment en général comme le soubassement sur lequel sont établis les volcans anciens. Nulle région n'est plus propre à leur étude que le massif de la France centrale. Souvent disposés par retrait en prismes juxtaposés (flg. 19), les basaltes se trouvent tout taillés pour diverses applications, telles que la préparation des bordures et des encadrements de portes et de fenêtres ; leur poids énorme en rend cependant l'usage difficile et l'on peut dire qu'ils ne servent qu'à défaut de mieux.
La dolérite et les laves {)yroxéniques en général sont
i'iERËES DE CONSTRUCTIOK.
comme des variétés phanérogènes du basalte; leurs applications sont les mêmes.
Le mélaphjre (poiyhyre vert antique, porphyre noir) est une roche porphyrique à hase composée d'une pâte due au mélangée du pyroxène et du feldspath, enve-