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Grotte de Staffa. (Disposition colounaire du basalte.)

loppée de cristaux souvent très-distincts de ces minéraux. Il peut servir dans les constructions, mais c'est surtout comme pierre de décoration qu'il a été recherché.

Schistes et ardoises. — Les schistes consistent en silicate d'alumine hydraté. Leur structure est très-fine^ et lorsqu'ils sont feuilletés on les appelle phyllûdes oU

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de construction. Les phyllades, en effet, servent à couvrir les édifices; on en fait aussi des dalles qui atteignent parfois des dimensions considérables. Les meilleures ardoises de France sont peut-être celles d'Angers (fig. 34), à raison de leur structure très-fine, ardoises. Ils sont alors très-recherchés comme pierres

FiG. 34. — Carrière d'ardoises.

régulièrement schistoïdes et de leur grande durée; aussi leur extraction s'élève-t-elle annuellement à une valeur d'environ 2 millions. Les ardoises des Ardennes sont aussi très-estimées.

On trouve de vraies ardoises à divers niveaux géologiques. Dans les terrains cambriens et siluriens les phyllades succèdent en stratification concordante aux

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terrains talqueux primitifs comme àDeville etàFumay dans les Ardennes, ainsi qu'à Angers (Maine-et-Loire). Dans les terrains anthraxifères alpins ils sont fréquemment calcarifères comme à Briançon (Hautes- Alpes), Césanne et le mont Genèvre; les environs de Servoz dans la vallée de l'Arve, en Savoie; le val de Tignes, etc. Enfin on en trouve aussi dans les terrains nummulitiques métamorphiques de Claris, en Suisse.

D'autres roches peuvent, quoiqu'à un moindre degré, se diviser en feuillets et servir par conséquent aux mômes usages que les ardoises . Le gneiss que nous avons déjà cité, est dans ce cas. Le micaschiste consiste dans le mélange du quartz avec le mica ; on fait souvent dans la France centrale des maisons construites et recouvertes en micaschiste. Le taîcschiste est fort analogue pour les caractères physiques, mais le mica y est remplacé par le talc. Certaines variété d'amphibolite et de diorite schistoïde (mélange de feldspath et d'amphibole) se prêtent aussi aux mômes applications. Aux environs du Mont-Dore, en Auvergne, on exploite pour couvrir les toits le phonolithe tabulaire qui constilue la roche Sanadoire et la roche Tuilière dont le nom est caractéristique. Cette roche formée du mélange de l'orthose avec des zoolithes est essentiellement volcanique et se présente en association avec les trachytes.

Grès. — Nous réunissons ici sous le nom général de grès, des roches très-différentes les unes des autres dontle caractère commun est d'être formées de grains

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de sable cimentés ensemble plus ou moins solidement. Tous peuvent servir comme moellons et quelques-uns connue pierres d'appareil. Nous verrons que le pavage en fait aussi un grand usage.

Examinons rapidement les principales roches gréseuses.

Le grés quartzeux en représente le type le plus connu. il est formé de sable quartzeux réujii par un ciment qui peut être calcaire ou siliceux et qui admet aussi quelquefois en mélange, l'oxyde de fer, l'oxyde de nianganèse ou d'autres substances.

L'arrose, formé de grains de quartz mélangés à des grains de feldspath est connu aussi sous les noms de {/rês feldopathique, grès granitoïde, granité recomposé. 11 résulte évidemment de la démolition du granité dont les débris, débarrassés ordinairement du mica facilement en train able, ont été cimentés sur place.

Lepsammite est conune une arkose dont le feldspath est passéàFétat de kaolin. Il comprend la plupart des grés des houillères et est souvent appelé grés argileux.

Le métaxite est une sorte d'intermédiaire entre les précédents, renfermant à la fois du feldspath intact et du kaolin : le millstonegritt des Anglais appartient à cette espèce.

Dans le traumate le sable quartzeux est associé à des petits fragments de schiste.

La molasse est un grès quartzeux liche en calcaire.

PIERRES DE CONSTRUCïiON, 99

Elle est extrêmement développée en Suisse et en Autriche où des villes entières en sont construites.

Sous le nom de gramuacke on réunit des roches assez mal définies où l'on retrouve du quartz, du felsdpath et du phyllade. On le désigne quelquefois, surtout quand elles sont très-feldspathiques, sous le nom d'euritine.

Le macigno contient du quartz, du calcaire, et de l'ar- \:ï\e ; c'est, si l'on veut, un gi^és marneux, on doit y comprendre la 'pietra forte du lac de Constance.

Calcaires et marbres. — Les roches calcaires fournissent la plupart des matériaux employés dans les constructions, et tout Paris, on peut le dire, en est presque exclusivement construit. On distingue sous le nom plus spécial de marbre les calcaires compactes susceptibles de prendre le poli et on les réserve surtout pour les décorations, ainsi que nous le verrons prochainement.

Le calcaire, qui se rencontre dans toutes les formations, appartient surtout aux terrains sédimentaires dont il représente une grande épaisseur. Dans les couches les plus anciennes on rencontre des calcaires compactes, fins, à teintes foncées et riches en fossiles, des calcaires d'un gris cendré et noirâtre ou des calcaires marbrés de différentes couleurs, renfermant des trilobites et des coquilles caractéristiques; dans l'étage car^ bonifère, les calcaires sont ordinairement noirâtres ou d'un gris bleuâtre et contiennent de nombreux débris d'encrines ; aux environs de Moscou le calcaire carbonifère est parfaitement blanc ; plus hautj dans le terrain

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perniieii, ce sont des calcaires d'un gris cendré, dits zechstein, souvent poreux ou celluleux, quelquefois fétides ; plus haut encore on trouve un calcaire coquiller de couleur grise, dit muschelkalk, et où les ammonites se rencontrent pour la première fois. A la base des terrains jurassiques est un calcaire marneux, dit calcaire du lias, à teinte encore très-foncée, souvent de couleur bleuâtre ; et dans les parties moyennes et supérieures des calcaires compactes ou oolithiques de couleur plus claire, blanc ou jaunâtre, parmi lesquels se trouvent les bancs de pierre lithographique et les pierres à chaux hydraulique. Le sol secondaire se termine par les calcaires crétacés qui renferment les diverses variétés de calcaire terreux, dites craie verte ou glauconieuse, craie grise ou jaunâtre (tufTau) et craie blanche. Les calcaires grossiers, les calcaires siliceux et les travertins, les faluns, appartiennent aux divers étages du sol tertiaire. L'époque actuelle est riche aussi en calcaire : les atolls et les conglomérats modernes, tels que ceux de la Guadeloupe, en sont la preuve.

Dans l'art des constructions, les pierres calcaires sont, comme nous venons de le dire, celles dont l'emploi est le plus fréquent, non-seulement parce qu'elles sont les plus abondantes mais encore parce qu'elles ont en général l'avantage de se laisser tailler plus facilement que toutes les autres et d'avoir cependant assez de ténacité pour résister à la pression, pour conserver les arêtes, les moulures, etc. Los pierres qui conviennent

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le mieux à l'architecture sont les variétés compactes, à cassure inégale et celles qui sont formées de coquilles liées entre elles par un ciment semi-cristallin, semiterreux.

Ces variétés abondent surtout dansles terrains secondaires et tertiaires. Les calcaires de l'étage oolithiqueinférieursont à petits grains serrés, bien soudés entreeux, constituant des blocs d'une grande dimension qui résistent fort bien aux intempéries et fournissent d'excellentes pierres de taille : il suffit de citer les carrières de Niort et surtout les célèbres exploitations ouvertes près de Bayeuxet de Caen, dans la grande oolithe d'où l'on a extrait les pierres qui ont élevé Saint-Paul de Londres et qui fournissent des pierres d'appareil , exportées jusqu'à Anvers pour les ouvrages gothiques. L'abondance et l'excellente qualité des pierres d'appareil que fournit le terrain jurassique ont déterminé, comme le fait remarquer M. Coquand, dans un travail auquel nous empruntons ces détails, la construction des villes qui sont remarquables par la beauté de leurs habitations particulières et de quelques-uns de leurs édifices : on peut citer entre autres Besançon, Metz, Nantes, Dijon, Bourges, Poitiers; et si on examine sur la carte géologique la position qu'occupent ces villes, les mieux construites après les villes capitales telles que Paris, Bordeaux, Marseille qui sont situées sur des bassins tertiaires, on remarque qu'elles sont toutes placées sur les contours des bandes jurassiques

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qui entourent le l)assin parisien et contournent le plateau central. Les Romains eux-mêmes, en choisissant le calcaire jurassique pour la construction des monuments d'Arles, de Nîmes et du pont du Gard, ont fait preuve de l'expérience qu'ils avaient des bonnes qualités des matériaux fournis par ces terrains. Ils ont aussi employé, dans les monuments qu'ils ont élevés à Besançon, un calcaire à grosses oolithes eippartenant à l'étage corallien supérieur du plateau d'Amancey.

Dans le sud-ouest et dans le midi de la France, le terrain crétacé fournit d'excellents matériaux. Les calcaires durs dits pierres de Cassin, et les pierres de taille des environs deGalissaune,prcs d'Aix, appartiennent à l'étage néocomien supérieur ; dans les deux Charentes et dans le département de la Dordogne les grès verts supérieurs donnent des pierres de taille dont l'extraction est peu coûteuse et qu'on peut scier avec une grande facilité. Les villes d'Orléans, de Saumur, d'Angoulôme, de Tours, de Saintes, de Rochefort, doivent l'élégance de leurs constructions à la valeur des carrières qui existent dans leur voisinage et dont les produits sont exportés au loin.

A leur tour, les terrains tertiaires présentent des matériaux de construction extrêmement variés. On y rencontre des calcaires assez tendres pour que la taille en soit facile et qui offrent très-souvent une résistance suffisante pour être employés dans les constructions importantes. Quelquefois les calcaires sont

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