CHAUX ET MORTIERS
Les calcaires, propres à la fabrication de la chaux, gisent dans toutes les formations géologiques. Le terrain primitif offre ces marbres cristallisés, et les couches stratifiées fournissent ces roches calcaires si
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variées dont nous avons déjà énuméré les principales dans un paragraphe précédent.
Pierres à chaux grasse. — Les calcaires les mieux appropriés à la fabrication de la chaux destinée à préparer les mortiers, doivent être exempts le plus possible de silice, d'alumine et de fer. Au sortir de la carrière, la pierre est débitée en fragments modérément gros, puis soumise à la cuisson. Cette opération se fait dans des fours disposés de deux manières principales, suivant que la cuisson doit être continue ou intermittente.
Un four à cuisson continue est formé d'une espèce de cône tronqué en briques réfractaires ayant un foyer extérieur. Pour le charger on construit à sa partie inférieure une sorte de voûte avec des morceaux de calcaire, puis on charge par la partie supérieure le calcaire concassé. Gela fait, on brûle sur la grille un combustible quelconque ; la fTamme se dirige sur le calcaire à une certaine hauteur au-dessus de la voûte dont nous venons de parler, et on allume alors sous cette dernière un feu de bourrées sèches. Dès que la température est devenue rouge jusqu'au carneau, on cesse de faire du feu sous la voûte, mais on l'active sur la grille. Pour régulariser le tirage, on surmonte le four d'une hotte de tôle. Du côté opposé au foyer est pratiquée au-dessus de la voûte une ouverture par laquelle on retire la chaux à mesure qu'elle est cuite, en la faisant glisser sur un plan incliné. En môme
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temps qu'on extrait de la chaux par la partie inférieure, on recharge le four par la partie supérieure, de manière qu'il n'y a aucune interruption dans la cuisson. Par ce système la chaux n'est pas mêlée de charbon; cependant, dans beaucoup de fours à chaux, on introduit alternativement une couche de calcaire et une couche de charbon grossier; la décomposition se fait mieux mais la chaux est moins pure.
Les fours à cuisson discontinue diffèrent des précédents par le foyer qui est sous la voûte faite en calcaire. On charge le four par la partie supérieure, puis on brûle sous la voûte des fagots de broussailles ou de la tourbe. Après douze heures environ, la calcination se trouve terminée ; on laisse refroidir et on enlève la chaux. Par ce mode de fabrication , on obtient de la chaux plus pure, parce qu'elle n'est pas mêlée de charbon; mais le procédé a l'inconvénient de consommer beaucoup de comijustible pour réchauffer ^^toute la masse du four à chaque fois.
Dans tous les cas, la chaux vive se transforme en mortier par son mélange avec du sable siliceux et une quantité convenable d'eau. Par suite de réactions intestines, ce mélange donne lieu à du carbonate de chaux et peut-être à des silicates de la môme base qui peuvent acquérir beaucoup de dureté. Aussi, les pierres englobées dans le mortier arrivent-elles par la dessication de celui-ci à faire corps ensemble d'une manière très-solide.
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Plâtre. —C'est ici que doit rtre cité le plAtre si largement employé comme ciment. On sait qu'il est fabriqué à l'aide du gypse qui consiste lui-môme en sulfate hydraté de chaux. Cette roche appartient à toutes les espèces de dépôts que l'on connaît à la surface de la terre, et on peut y distinguer deux sortes principales. La première contient les variétés de gypse, qui sont dues aune véritable précipitation chimique et qui occupent par conséquent dans la série des terrains une position qui leur est propre, et qui assigne la date de leur formation; dans la seconde sorte se rangent les variétés dues à des émanations acides à la suite desquelles des roches calcaires ont été converties sur place en sulfate de chaux et qui sont, par conséquent, épigéniques. L'importance de ces dernières, au point de vue qui nous occupe, est très-faible, et nous les laissons de côté.
(( Les gypses de précipitation, dit M. Coquand, se montrent en couches ou en amas plus ou moins considérables, d'abord dans l'étage silurien supérieur, à Duneprez, Brantford, Onéida, Seneca, Cayuga (Canada); puis dans le terrain permien (pays de Mansfeld), dans le grès bigarré (Thuringe), dans le Munchelkalk (Wurtemberg) ; dans les marnes irisées, où il est trèsabondant (chaîne du Jura), Anduze, la Lorraine, Saint- Léger, près de Mâcon, Auriol, Cuers, Roquevaire, Gonfaron (Provence), cap Argentaro (Toscane). »
Le gypse et le sel gemme forment dans les marnes
irisées de la Lorraine des masses lenticulaires et des systèmes de petits filons. Mais les gisements gypseiix sont taillés beaucoup plus en petit que les gisements salifères; et, par suite, il y a une multitude de gîtes de gypse, tandis qu'il n'y a qu'un seul gite de sel. Les gîtes permiens sont composés de masses lenticulaires de gypse et de réseaux de petits filons ; les masses lenticulaires sont moins épaisses mais surtout moins étendues que celles du sel gemme. Les groupes de petits filons traversent les marnes dans le voisinage des masses; de là il résulte que chaque gîte de gypse dans son ensemble a la forme d'un gros tubercule qui se divise en assises plus ou moins nombreuses et se termine d'une manière peu nette par une multitude de ramifications. Cette forme tuberculeuse est rendue évidente par la disposition des couches qui le recouvrent. Ces couches, soit qu'elles se composent de marnes, irisées de dolomie compacte, de grès ou de combustibles, vont constamment en se relevant vers les masses gypseuses, par-dessus lesquelles elles se replient en manière de voûte. Quelquefois la courbure de cette voûte est peu prononcée, mais dans quelques cas des masses de gypses peu étendues redressent les couches environnantes jusqu'à la verticale et môme les renversent au delà.
Le terrain wealdien contient des dépôts de gypse que l'on exploite dans les environs de Cognac, à Saint- Froult, près deRochefort, dans le Doubs, à la ville du
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Pont et à Orchamps-Veunes. A leur tour les terrains tertiaires sont très-riches^ en gypse : dans le bassin de Paris , cette substance forme quatre masses séparées par des couches de marnes concordantes avec les couches encaissantes, quoique oft'rant la disposition de vastes amandes. La butte Montmartre montre l'ordre de succession des diverses parties de la formation gypseuse. On trouve de haut en bas*:
10. Marnes blanches, jaunes et vertes, supérieures au gypse ;