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Sources de gaz et de naphte. — On appelle salzes des éruptions boueuses qui n'ont aucun rapport avec celles des volcans ordinaires et qui se montrent souvent en des lieux où il n'existe rien de volcanique. Ces éruptions sont toujours accompagnées d'un dégagement de gaz hydrogène carboné et souvent de matières bitumineuses, et se fontjourpardes ouvertures du sol, avec formation, tout autour de ces sortes de cratères, de petits cônes de boue qui finissent par se dessécher en prenant une certaine consistance. Le nom de S'jlze vient de ce' que ces boues sont habituellement salées. Elles entraînent aussi quelquefois avec elles une certaine quantité de gypse.
Ce curieux phénomène est très-caractérisé en Sicile' aux environs de Modène, en Crimée, sur les bords de la mer Caspienne, en Amérique, etc.
Les sources de naphte, de pétrole et les dépôts de malthe ou d'asphalte que ces bitumes liquides forment quelquefois sont fréquemment en relation avec les salzes ; toutefois elles se montrent en beaucoup de lieux indépendamment de ces petits cônes pseudo-volcaniques. Dans tous les cas elles partagent avec eux la propriété d'être accompagnées d'eau saline et dégagement
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de gaz hydrogène carboné. C'est dans l'Amérique du Nord, surtout au Canada, dans le Kentucky et en Pensylvanie, que les sources bitumineuses sont le plus abondantes. Dans la partie occidentale de ce dernier État surtout, non- seulement le pétrole suinte à la surface du sol et se rassemble en quantités illimitées au fond de puits creusés à cet effet, mais on peut obtenir par des forages plus ou moins profonds des gerbes qui jaillissent jusqu'à 30 mètres de hauteur. Ces matières abondent aussi à Bakou, sur les bords de la mer Caspienne.
Nous venons de voir que V hydrogêne carboné joue un rôle dans le phénomène des salzes et des sources bitumineuses. Il faut ajouter qu'il se dégage aussi en des lieux ou ce phénomène n'existe pas.
Dans l'un et dans l'autre cas, le dégagement se fait souvent d'une manière continue, et alors le gaz, trèsinflammable, comme on sait, une fois allumé, peut brûler constamment pendant des siècles et produire ce qu'on appelle fontaines ardentes^ feux éternels, objets d'adoration de la part des Indiens, et dont les Modenais font un usage plus profane, mais plus raisonnable, en les employant comme moyen économique de chauffage.
Il y a des pays dans l'Inde, en Chine, en Amérique, où l'on a été plus loin, en utilisant des gîtes intérieurs de ce gaz comme moyen d'éclairage.
C'est ce même gaz qui, en s'accumulant dans cer-
FiG. 54. — Disposition d'un puits de pétrole américain.
taines cavités anciennes des houillères, produit avec l'air atmosphérique ce mélange détonnant [qrùou)^ qui a été si souvent la cause de terribles accidents.
Puits de pétrole. — En général, le pétrole est situé sous terre à des profondeurs variant de 20 à doO mètres. On l'atteint en perçant le sol, d'après les procédés ordinaires du sondage, réduits à leur plus simple expression, et souvent le liquide jaillit comme l'eau des puits artésiens (fig. 53).
Le trou de sonde ne donne pas toujours du pétrole; quelquefois il laisse sortir une très-grande quantité de gaz inflammable que^
dans beaucoup de cas, on a pu utiliser comme combustible et qui est, comme on sait, fort recherché des Chinois .
On s'est rendu compte de cette circonstance par l'étude attentive des poches ou réservoir à pétrole. Ceuxci ont presque tous présenté trois étages distincts de matière. A l'étage supérieur se trouvaient des gaz dus, soit à la décomposition de l'huile minérale, soit à la décomposition d'autres corps voisins. L'étage intermédiaire comprenait la nappe oléagineuse, que l'on avait pour but d'atteindre et d'explorer; enfin, la partie inférieure du réservoir contenait de l'eau et presque toujours de l'eau salée.
Bitume solide, poix, asphalte. — Ces différents noms désignent une substance d'un noir profond, à cassure conchoïde, brillante, très-fragile, qu'on recueille surtout sur les bords de la mer Morte ( ou lac Asphallite), mais qu'on a signalé aussi dans d'autres localités. Par exemple il existe à la Trinité un lac de trois milles de tour qui est presque entièrement rempli de bitume. On connaît aussi de grandes masses de la même substance au Mexique et en Colombie.
Pour servir à l'éclairage, les asphaltes sont ti ansformés en huiles ou en gaz, et pour cela on les distille. Il se produit ainsi des huiles de paraffine pour les lampes. VozoJiérite de Galicie et de Bohême donne lieu à cet égard à une industrie importante. Elle renferme 2S 0/0 de paraffine solide.
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Tourbe. — La tourbe, dont nous parlions tout à l'heure comme producteur de chaleur, donne par distillation un gaz qu'on peut employer à l'éclairage. Des essais nombreux ont été tentés dans ce sens, mais jusqu'ici les résultats n'ont pas été de nature à faire persévérer dans cette voie nouvelle. Il est probable cependant que l'avenir tirera un parti d'autant plus grand de cette source de gaz que la houille s'épuise davantage. Comme indice, nous dirons qu'une tonne de tourbe d'Irlande a fourni 3 livres anglaises de paraffine, 1 gallon d'huile pour lampes et 2 gallons d'huile lubréfiante pour les machines. Toutefois la fabrication de ces produits ne peut soutenir la concurrence avec le pétrole américain.
Schistes bitumineux. — Le schiste bitumineux, appelé aussi naphto -schiste, est une roche feuilletée noirâtre, grisâtre ou blanchâtre, brûlant avec facilité et dégageant, par la chaleur une odeur bitumineuse. Il forme des couches puissantes et multipliées dans les terrains houillers d'un très-grand nombre de localités, telles qu'Autun (Saône-et-Loire) , Buxière-le-Grue (Allier), Vouvant (Vendée), Boghead (Ecosse) ; on le retrouve dans le lias supérieur des environs de Dorchester.
Le principal usage du naphto-schiste est de servir à la fabrication des huiles de schiste et du gaz d'éclairage.
La matière est reçue dans les usines en morceaux
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d'un très-grand volume ; on transporte ces morceaux, sur des wagons dans un atelier précédant la distillation ; là, ils sont cassés en fragments de 10 centimètres carrés sur 1 centimètre d'épaisseur environ. La première opération est la séparation des matières solides, des gaz et des matières liquides ; pour cela, on opère dans des cornues en fonte placés horizontalement, et pouvant contenir 200 kilogrammes de boghead. On a essayé de placer les cornues deux à deux dans le même fourneau, mais cette disposition n'offre pas des avantages en rapport avec ses inconvénients qui sont l'inégalité de chauffage, la réparation d'une cornue entraînant l'arrêt de l'autre, etc. Cette distillation doit être conduite très-lentement, afin de ne pas transformer les produits liquides en gaz.
Une grande amélioration a été apportée dans ces derniers temps aux cornues. Comme il est très-difficile de chauffer constamment à la même température, on a imaginé de placer la cornue disposée à cet effet, sur un bain de plomb maintenu constamment à son point de fusion. Les résultats sont considérables ; outre le peu de coloration des huiles, le rendement est plus fort et les huiles d'une densité plus faible, ce qui indique évidemment qu'il ne s'est pas produit de goudron pendant la distillation.
Au sortir des cornues, les produits de la distillation passent dans des serpentins refroidis, où se condensent les eaux ammoniacales et les huiles ; les extrémi-
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tés des serpentins possèdent deux tuyaux, l'un s'élevant pour aller plonger dans un barrillet comme dans les usines à gaz, l'autre plongeant dans des réservoirs où se rendent les huiles.
L'on obtient ainsi de 45 à oO pour 100 d'huile marquant 350 Baume ; le gaz, au sortir du barrillet, est aspiré et envoyé au gazomètre par les appareils purificateurs, et il reste dans la cornue un coke conservant la forme du boghead. Ce coke, qu'on emploie au chauffage des cornues, laisse, comme résidu de la combustion, une matière composée de silicate d'alumine qu'on transforme en sulfate en la calcinant avec de l'acide sulfurique dans un four à réverbère.
Le gaz obtenu par ce procédé, quoique moins riche que celui distillé seulement en vue du gaz, possède encore un pouvoir éclairant triple de celui du gaz de houille ; c'est celui vendu à Paris comme gaz portatif.
Cannel coal. G-az de houille. — Le nom de cannel coal ou Uttéralement charbon-chandelle, est donné à certaines variétés de houilles qui s'enflamment directement par l'approche d'un corps enflammé et répandent beaucoup de lumière. Elles le doivent à la grande quantité de matières volatiles qu'elles renferment et qui distillent sous l'action de la seule chaleur appliquée primitivement.
La plupart des houilles, celles qu'on nomme grasses, sont capables aussi de donner du gaz combustible et éclairant par leur distillation en vase clos (fig54). Tout
le gaz dit d'éclairage a cette origine. L'idée première de
cette application est due à l'ingénieur français Lebon,
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qui, en 1786, fit paraître son thermolampe, sorte de poêle dans lequel il distillait du bois ou de la houille, afin d'obtenir à la fois de la chaleur appUcable au chauffage et des gaz propres à l'éclairage. Cette découverte importée, comme tant d'autres, en Angleterre, y obtint un succès colossal. Elle y fut étudiée par Murdoch, qui, le premier, en fit l'application avec succès en 1792. Plus tard, elle reflua vers le continent, escortée d'appareils perfectionnés, inventés par les ingénieurs anglais. Aujourd'hui, comme chacun le sait, l'éclairage au gaz est- établi dans les principales villes du monde civilisé.
Toutes les qualités de houille, dit un savant pi'ofesseur, M. Payen, ne sont pas également propres à la distillation. On doit préférer celles qui contiennent les plus fortes proportions de carbures d'hydrogène, et qui présentent à l'analyse le plus d'hydrogène en excès sur la quantité nécessaire pour former de l'eau avec l'oxygène de la même houille.
Les diverses espèces de houille donnent des quantités et des qualités différentes de gaz : elles exigent une température plus ou moins élevée et soutenue, laissent un coke plus ou moins estimé, enfin dégagent, suivant les proportions de bisulfure de fer (pyrite) qu'elles contiennent, des combinaisons de soufre avec l'hydrogène et avec le carbone, qui altèrent la qualité du gaz et nécessitent une épuration dispendieuse. On doit avoir égard à toutes ces circonstances
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dans le choix des matières premières. Les houilles de Mons et de Commentry, qu'on emploie généralement à Paris, donnent en moyenne 23 mètres cubes de gaz par 100 kilogrammes. On en obtenait un plus grand volume en faisant usage de la houille de Saint- Etienne, mais le gaz était plus sulfuré.
BIBLIOGEAPHIE
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