GÉOLOGIE ET ARTS CÉRAMIQUES
Nous réunissons sous le nom d'arts céramiques ceux qui se rapportent aux terres cuites (porcelaine, faïence, poterie, briques, etc.) et au verre.
De subtances communes et sans apparence l'art et l'industrie savent tirer ces merveilles d'élégance qui font notre admiration, en môme temps que ces objets d'usage quotidien sans lesquels la vie, telle que nous la comprenons aujourd'hui, serait absolument impossible. Accordons un moment notre attention à des sujets si recommandables.
i. — ARGILES.
Les argiles, essentiellement composées de silicates alumineux hydratés, sont des roches remaniées et provenant de la décomposition du feldspath des roches d'origine ignée. La destruction des roches granitiques et des schistes cristallisés, riches en quartz, a fourni deux éléments distincts aux terrains sédimentaires qui se sont formés à leurs dépens ; d'un côté, les
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quartz roulés qui ont donné naissance aux poudingues, aux sables et aux grès ; et de l'autre, les particules vaseuses qui ont été tenues en suspension dans les eaux, et ont été déposées ensuite en vertu des lois de la pesanteur. Aussi, il existe un passage réel, une analogie frappante entre certains kaolins et les argiles ; il est même rare que celles-ci ne renferment pas une certaine quantité de potasse.
La formation des argiles, par voie de transport, explique d'une manière naturelle leur différence de composition : elles consistent en la réunion de grains d'une ténuité extrême dont chacun pourrait présenter une combinaison distincte, mais provenant de minéraux différents. Leur mélange avec des grains sableux, des matières salines ou bitumineuses, avec du carbonate ou du sulfate de chaux, du mica, leur coloration, se déduisent des conditions mêmes de leur existence, et dévoilent, au sein du liquide au fond duquel elles se sont stratifiées, la double intervention des dépôts d'origine mécanique et des dépôts d'origine chimique, ou l'influence prédominante d'un d'entre eux. Aussi, la classification des argiles, au point de vue de leurs éléments constituants, offre-t-elle beaucoup de difficultés. Les géologues les répartissent, et avec raison, d'après les terrains dans lesquels on les observe, tandis que les technologistes leur imposent des noms empruntés aux usages auxquels elles sont employées.