PEINTURES, TEINTURES ET TERRES A DÉGRAISSER
Les substances dont nous allons parler intéressent très-directement les arts et manufactures. Les peintures, à part l'ornementation qu'elles fournissent, préservent les surfaces de bois et de métal contre les injures des intempéries; les teintures donnent de la beauté aux tissus les plus divers ; et les terres à dégraisser sont indispensables au nettoyage des fils destinés au tissage. Il est vrai que les règnes organiques fournissent des substances analogues; mais celles qui sont tirées du monde minéral ont beaucoup plus d'éclat et de solidité, et sont beaucoup plus abondantes que les autres. Ces substances ont attiré de bonne heure l'attention des hommes, et le sauvage, qui se peint avec de l'ocre rouge ou qui se nettoie avec une argile magnésienne et qui enduit la peau de bête qui le couvre de quelque limon coloré, ne fait pas autre
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chose que noiis-mômes avec nos fards et nos teintures. Peu des substances qui nous occupent peuvent être employées à l'état naturel; le plus souvent il est nécessaire de leur faire subir une préparation, mais celle-ci sort de notre cadre.
t. — PEINTURES.
Les peintures sont produites par des poudres insolubles associées soit à une solution mucilagineuse (peintures à l'eau), soit de l'huile de lin (peintures à l'huile). On les mole aussi avec de l'argile blanche et de la gomme adragant pour en faire des crayons cylindriques, connus sous le nom de pastels.
Peintures minérales.— Parmi les plus communes, on doit citer les oxydes de fer, désignées sous le nom à'ocres et de bols.
Les ocres sont formés d'oxyde de fer hydraté mélangé en général avec de l'argile plus ou moins abondante, qui en fait varier la nuance du jaune pâle au brun foncé; d'ailleurs, par le mélange avec des poudres blanches ou autres, il est facile d'en modifier le ton entre des limites très-larges.
Les bols sont plus argileux encore, et l'on en connaît un très-grand nombre de variétés désignées sous des noms spéciaux. Le bol d'Arménie est d'un rouge vif, celui de Sinople d'un rouge foncé; le bohémien d'un
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jaune rougeâtre, celui de Blois d'un jaune pâle, le hol français est rouge pâle; le bol de Lemnos d'un rouge jaunâtre, celui de Silésie est analogue, mais d'une nuance plus brillante.
Uocre rouge est anhydre et dérive de certaines hématites altérées. On peut l'obtenir en calcinant les ocres jaunes et les bols.
Le mélange d'oxyde de fer et d'oxyde de manganèse donne la terre d'Ombre; il est brun et assez employé.
Le blanc de Meiidon ou de Troyes, appelé aussi blanc d' Espagne f consiste en craie blanche préalablement broyée et lavée, puis moulée en pains.
Voutre-mer naturel n'est autre chose que le laipis laziih réduit en poudre. Le lapis lazuli, que l'on recueille dans l'extrême Orient, est très-rare, et se rencontre dans les roches cristallines. Il consiste en une association de silice, d'alumine, de soude, d'acide sulfurique, de chaux, de fer, de chlore et d'eau. Notre compatriote M. Guimet est arrivé, en 1822, à reproduire artificiellement cette première substance, dont la consommation est devenue immense.
Peintures métalliques. — Sous ce titre, nous réunissons la liste des couleurs à base métallique, dérivant par conséquent du règne minéral, mais qui sont néanmoins des produits de réactions chimiques plus ou moins compliquées. On verra que chaque nuance peut être obtenue par des métaux différents.