‹ Géologie technologiqueChapitre 88 sur 104 · MÉTAUX NATIFS · texte numérisé non relu

MÉTAUX NATIFS

ques, par exemple dans un conglomérat qui forme le sous-sol de la ville de Montpellier. C'est le seul métal liquide à la température ordinaire. Il ne prend l'état solide qu'à 40°; il ressemble alors à l'argent et peut

Fiu. 79. — Argent natif.

être forgé et martelé. Dans son état ordinaire il est blanc d'argent brillant, et coule sur la plupart des corps sans les mouiller. Sa densité est de 13,5.

On le trouve dans la Carniole, en Espagne et en Californie.

Le fer natif n'a que des gisements très-rares et trèsrestreints. Les grandes masses que l'on rencontre en

beaucoup de points à la surface du globe, sont d'origine extra-terrestre, et sont ce qu'on appelle des fers météoriques. 11 en est qui pèsent jusqu'à 2,000 kilogrammes. On en a trouvé en Sibérie, au Mexique, dans l'Amérique méridionale, et môme en .France, dans le département du Var. Le fer météorique est souvent caverneux, tel celui de Pallas, et les cellules en sont remplies par une matière vitreuse, jaunâtre, qu'on rapporte au péridot, au pyroxène et môme à la dunite. Il y a aussi du fer météorique massif; celui-ci ofire des indices évidents d'une cristallisation qui tendait à produire des octaèdres réguliers. Le métal de l'une ou l'autre variété est susceptible d'ôtre forgé et transformé en outils, armes, etc. La masse trouvée à Caille (Var) el exposée au Muséum de Paris pèse 62o kilog. et contient 6,2 0/0 de nickel.

On sait que le fer est gris, avec une légère teinte bleuâtre, malléable, ductile, très-tenace, très-éclatant quand il est poli, magnétique à un très-haut degré. Sa densité est 7,5.

Le cuivre est rouge, très-éclatant, très-ductile, trèsmalléable, tenace, assez dur. Sa densité est de 6,7 à 8, 9. Le cuivre natif se trouve accessoirement avec les minerais ordinaires. Il se présente le plus souvent sous la forme de masses ramuleuses ou dendritiques. Certaines roches vacuolaires à base de pyroxène en renferment de gros nodules, par exemple sur les bords du lac Supérieur aux États-Unis.

MINERAIS METALLIQUES.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, la grande majorité des métaux se rencontrent à l'état de minerais, c'est-àdire de composés plus ou moins compliqués d'où ils ne sont extraits que par des traitements chimiques appropriés. Ces minerais ont souvent un aspect pierreux, mais on les reconnaît au premier abord à leur forte densité. Presque tous se présentent en veines et en filons traversant les roches les plus dures; pourtant il en est qui constituent des couches interstratifiées dans les formations sédimentaires.

Leurs compositions sont très-variées et la plupart se rangent, au point de vue minéralogique, dans les familles des oxydes, des sulfures, des carbonates, des silicates, etc. A notre point de vue il sera plus utile de les grouper suivant le métal utile qu'ils renferment.

En voici l'énumération :

Aluminium. — Les minerais d'aluminium les plus abondants et les plus propres à l'extraction du métal sont la bauxite et la cryolithe. Le premier consiste en hydrate d'alumine, et l'autre en fluorure double d'aluminium et de sodium.

Antimoine. — On le trouve très-rarement natif ; son minerai le plus abondant est la stibine ou sulfure d'antimoine.

lu

La stibine se trouve principalement en filons dans les terrains anciens. La France en possède plusieurs mines importantes, notamment celle de Malbose (Ardèche).

On en a trouvé aussi de fort beaux échantillons en Angleterre, en Allemagne et en Toscane.

Arsenic. — Les principaux minei^is d'arsenic sont des sulfures connus sous le nom de réalgar et d'orpiment. Les plus beaux échantillons viennent de Hongrie et de Transylvanie. Le réalgar se trouve en outre, dans la dolomie, au Saint-Gothard et parmi les produits sublimés de quelques volcans (Vésuve, Etna).

Vorpin rouge et Vorpin jaune des peintres ne sont autre chose que du réalgar et de l'orpiment préparés par une voie artificielle.

Baryum. — Le vrai minerai de baryum est la barytine dont nous avons déjà parlé et qui n'abandonne le métal à l'état de liberté qu'à la suite d'un traitement chimique compliqué.

Bismuth. — Le bismuth se trouve surtout à l'état natif. Ce sont les mines de Saxe qui le fournissent presque exclusivement.

Cadmium. — Ce métal entre dans la composition des minerais de zinc. On l'extrait des résidus de fabrica^ tion de ce dernier.

CAESIUM. — Il existe dans le salin de betterave qui en est le vrai minerai. On le rencontre aussi dans

MINERAIS METALLIQUES. 291

beaucoup d'eaux minérales, dans le lépidolite, la carnalite, etc.

Calcium. — Le calcium est un des métaux les plus abondants. C'est surtout à l'état de carbonate, de sulfate, de fluorure, -de phosphate et de silicate qu'il se présente dans la nature.

Cerium. — Métal extrêmement rare qui existe dans les minéraux connus sous les noms de cérite, d'allanite et d'orthite. On ne l'a jamais vu qu'à l'état de poudre brunâtre, infusible, prenant l'état métallique par la friction.

Chrome. — On le trouve dans le sidérochrome ou fer chromé, minéral composé d'oxyde de chrome, de peroxyde de fer et d'alumine. Le feu du chalumeau lui communique, sans le fondre, la vertu magnétique. On l'a trouvé à Baltimore, sons la forme d'octaèdres réguliers; il existe dans la serpentine en petites mas* ses disséminées aux environs de Fréjus (Var).

C'est avec ce minerai qu'on prépare le chromate de potasse, qui sert, à son tour, à obtenir des produits diversement colorés. On s'en sert aussi pour la fabri^ cation de l'oxyde (vert de chrome) si précieux pour la peinture sur porcelaine ^ à cause de la propriété qu'il possède de résister au feu.

Cobalt. — Ses minerais sont la smaltine et la cobaltine. La première est un arséiiiure de cobalt, ordinairement mélangé de fôr; d'un gfis d'acier, brillant dans sa cassure fraîche, [il se ternit à l'air et cristallise en

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cubes. La seconde est un arsénio-sulfure de cobalt ferrifère qui a beaucoup de rapports avec la snialtine. Sa couleur est d'un gris rougeâtre, et son éclat plus brillant.

Ces minerais de cobalt se trouvent au sein de filons qui traversent les terrains anciens où ils sont fréquemment mélangés de minerais d'argent, de cuivre et de fer. On trouve la smaltine à Sainte-Marie-aux-Mines, dans les Vosges; à Schneeberg, en Saxe, etc. Lacobaltine s'extrait principalement de la mine de Tunaberg en Suède, où elle est associée à la chalkopyrife, On en trouve aussi en Norvège et dans le Connecticut.

Cuivre. —. Les principaux minerais de cuivre sont la chalkosine, la chalkopyrite et la •panabase.

La chalkosine est un sulfure de cuivre, tenant environ 7o 0/0 de ce métal. Sa couleur est le gris de fer tirant sur le bleu. Elle est très-friable et soluble, en vert, dans l'acide nitrique. Ses cristaux ont pour forme le prisme hexagonal simple ou bordé de facettes à la base. On trouve plus souvent la chalkosine en masses lamellaires ou compactes d'une couleur foncée. Elle renferme ordinairement un peu de fer, et souvent de l'argent.

La chalkopyrite résulte de la combinaison de deux sulfures, l'un de cuivre et l'autre de fer ; mais il est fréquemment mélangé, en outre, de sulfure de fer. Sa teneur en cuivre est de 33 0/0. Sa couleur est le jaune de laiton, avec une légère nuance de vert. Soluble, en

MINEBAIS MÉTALLIQUES. 293

vert, dans l'acide nitrique. Les cristaux ont habituellement la forme du sphénoèdre primitif simple ou modifié sur les angles, ou celle d'un octaèdre à base carrée. On le trouve plus souvent en masses et quelquefois en concrétion,

La chalkopyrite offre assez souvent des reflets irisés à sa surface ; mais il existe un minerai cuivreux, composé à peu près comme elle, chez lequel des irisations profondes de couleurs foncées, constituent un caractère habituel. On le désigne particulièrement par les noms de cuivre pana' hé ou philipsite.

La panabase ou cuivre gris se compose de cuivre gris et de fer minéralisés par du soufre et par de l'antimoine. Elle contient en moyenne 33 0/0 de cuivre; mais un peu de ce métal peut être remplacé par de l'argent, et une partie de l'antimoine par de l'arsenic. Sa forme primitive est le tétraèdre ré^'ulier. Sa couleur, gris d'acier.

Il y a des cuivres gris ou fahlerz dans lesquels l'arsenic remplace presque complètement l'antimoine. On en fait une espèce sous le nom de tennaritite.

Les principales mines de cuivre sont en Cornouailles, en Saxe, au Hartz, en Suède et en Norvège, à Cuba, au Chili, dans l'Oural.

DiDYME. — Métal excessivement rare, un des compagnons du cérium. Il n'a pas de valeur commerciale, et peu de ses composés ont été jusqu'ici étudiés.

Glucimum. — C'est la base de la glucine et l'un des plus rares des métaux, D'une couleur blanc d'argent, il

peut être forgé et laminé comme l'or. Le minéral d'où on l'extrait, est l'émeraude et le béryl .

Or. — Les minerais d'or sont peu abondants et peu riches, mais la plupart des pyrites de fer et de cuivre, des pyrites arsenicales, des galènes, des blendes sont plus ou moins aurifères. L'or est à la fois un des métaux les plus rares et les plus universellement disséminés.

Indium. — L'indium, ainsi nommé de la raie indigo qu'il donne au spectroscope, n'a jusqu'ici été rencontré que dans une blende de Freiberg. Il est gris plomb et trace sur le papier.

Iridium. — Ce métal est un des compagnons constants du platine; mais il est beaucoup plus rare que lui. D'un blanc grisâtre, il est fragile, très-difficilement fusible. On l'emploie dans la peinture sur porcelaine et c'est lui qui forme le bec des plumes d'or. Avec le cuivre, l'or, le mercure, il forme des alliages dont le dernier est eijcore plus inaltérable que le platine luimême.

Gallium. — C'est la dernière conquête du spectroscope. Analogue pour ses propriétés chimiques à l'aluminium, ce métal a été découvert dans différentes variétés de blende.

Fer. — On le trouve dans les minerais suivants : Aimant ou fer oxydulé. — C'est celui des oxydes naturels qui renferme le moins d'oxygène ; sa forme primitive est un octaèdre régulier. Il est fortement magnétique

et est quelquefois doué du magnétisme polaire. Il renferme 72 0/0 de fer.

L'aimant se trouve fréquemment cristallisé en octaèdres et quelquefois en dodécaèdres rhomboïdaux disséminés dans les roches talqueuses ou talcoïdes, telles que la serpentine et la chlorite (Alpes pennines, Savoie).

Il existe aussi en masses grenues intercalées dans des micaschistes et des roches amphiboliques (Suède, Oural), ou dans des calcaires et des schistes secondaires (île d'Elbe). Certaines variétés massives constituent les aimants naturels. On trouve encore l'aimant en petits octaèdres et en grains dans les sables qui sont dus à la destruction de certaines roches schisteuses ou volcaniques. Ces cristaux sont fréquemment titanifères. Ceux qui sont riches en titane ont été appelés nigrine.

Oligiste. — La substance de cette espèce est le sesquioxyde de fer, contenant 69 0/0 de métal pur. Sa forme primitive est un rhomboèdre de 86°, dO.

L'oligiste offre plusieurs sortes assez distinctes :

Le fer spécuîofire qui jouit pleinement de l'éclat métallique, et se rencontre en cristaux, en masses cristallines, ou en plaquettes brillantes. Les cristaux les plus fréquents viennent de l'île d'Elbe. On en trouve aussi à Framont, dans les Vosges. Le môme minéral se trouve aussi en lamelles disséminées au sein des roches volcaniques, anciennes ou modernes (Puy-de- Dôme, Vésuve).

Voligiste écailleux ou micacé gît accessoirement dans beaucoup de mines de Ter.

Voligiste rouge peut être métalloïde ou terreux. Sa couleur est un mélange de gris et de rouge: il en existe d'un rouge vif qui passe à la sanguine par un mélange d'argile.

Voligiste concrétionné est connu principalement sous le nom d'hématite rouge

On l'emploie pour faire des brunissoirs destinés à polir l'or.

L'oligiste accompagne l'aimant dans la plupart de ses gîtes (Suède, île d'Elbe) et lui emprunte souvent sa vertu magnétique. On le trouve aussi avec la limonite.

La limonite ou fer oxydé hydraté. — Sa substance est un ses qui oxyde hydraté, comme celle des minerais limoneux qui se déposent dans certains marais. La quantité d'eau est de 14 à 15 p. iOO, et celle du métal atteint normalement 58 à 60. La forme cristalline de ce minéral est encore inconnue. Sa densité varie entre 3, 3 et 3, 4. Sa couleur est le brun ou le brun terreux. Au chalumeau il devient noir, se scorifîe et prend la vertu magnétique.

On peut distinguer trois sortes principales : la limonite en masse dont la variété la plus intéressante est V hématite brune: elle remplit, conjointement avec l'oligiste et la sidérose, des cavités souterraines où elle a été amenée par des eau?^ thermales (Vicdessos, dans l'Ariége);

La limonite oolithique, qui constitue un minerai trèsemployé et qui alimente seul les nombreuses forges de la Haute-Marne, de la Côte-d'Or, de la Haute-Saône, etc. C'est à cette sorte qu'il convient de rapporter les sphères ou amandes géodiques formées par des couches concentriques d'une limonite impure et qui contiennent souvent un noyau mobile d'argile ferrugineux {œtite ou pierre d'aigle) ;

La limonite terreuse, ordinairement tendre et sans consistance, est d'un brun passant au jaune. Elle forme des dépôts superficiels dans des terrains souvent très-modernes (Cher, Dordogne) . Certaines variétés fines, connues sous le nom d'ocre, sont exploitées comme matière colorante, notamment à Pourrain, dans l'Yonne.

Sidérose {fer carbonate, fer spathique). — Sa substance est le carbonate de fer. Pure, la sidérose contient 45 p. 100 de fer, mais elle est habituellement mélangée de carbonate de chaux et souvent de carbonate de magnésie et de manganèse. Sa forme primitive est un rhomboèdre obtus de 107°. Au chalumeau, la sidérose noircit et devient magnétique.

Elle forme à elle seule des filons dans des terrains plus ou moins anciens ; le plus souvent, elle accompagne les autres minerais de fer. Une sorte lithoïde, massive ou concrétionnée {blakband), se trouve le plus souvent dans les houillères où elle forme des cordons ou des bandes. Elle constitue le minerai courant des forges anglaises,

Pyrite ou fer sulfuré jaune. — Minéral, dont la substance est le bi-sulfiire de fer. Sa couleur est jaune laiton; l'éclat très-brillant ; la densité, 5. C'est peutôtre le minéral métallique qui fournit les cristaux les plus nets et les plus variés. Ses formes dérivent de l'hexadièdre ou dodécaèdre pentagonal. La pyrite était employée comme pierre à fusil avant qu'on sût se servir du silex. Son brillant métallique l'a fait utiliser en joaillerie sous le nom de marcassite. On en peut tirer du soufre par la distillation.

Sperhise ou fer sulfuré blanc. — La composition de ce minéral est identique à celle du précédent. Sa couleur est blanc jaunâtre un peu verdâtre; ses cristaux se rapportent au système orthorhombique. Cette pyrite est sujette à se transformer en sulfate de fer sous l'influence de l'air humide.

La pyrrhotine, ou fer sulfuré magnétique, se distingue des précédents par sa propriété d'agir immédiatement sur l'aiguille aimantée. Moins commune que la pyrite, elle gît principalement dans des filons métallifères. On la trouve encore en petites masses dans les schistes anciens. Elle existe aussi en petits grains dans les météorites.

LANTHANE. — Le lanthane est un des métaux rares en association avec le didyme et le cérium. Il n'est jusqu'à présent connu que par les chimistes de profession sous la forme d'une poudre métallique douce et d'un gris de fer.

MINERAIS METALLIQUES. 299

Plomb. — Les minerais principaux sont la galène et la céruse.

La galène pure est un sulfure de plomb contenant 85 0/0 de métal, et quelquefois une petite quantité de plomb. Elle cristallise ordinairement en cube, et est d'un clivage facile; sa densité est de 7, 5, et sa couleur gris de plomb. C'est le minerai de plomb le plus riche et le plus répandu. On le trouve toujours dans des filons qui traversent des terrains de sédiment, surtout le terrain de transition, en association avec le quartz, la barytine, la fluorine, le calcaire. Elle est fréquemment accompagnée de blende et de pyrite.

La France en possède quatre mines principales : PouUaouen et Huelgoat en Bretagne, Villefort dans la Lozère, Pontgibaut en Auvergne, et Vienne dans l'Isère.

La céruse est composée de plomb et d'acide carbonique; elle renferme 76 0/0 de plomb. Sa forme primitive est un prisme droit rhomboïdal de 117°. Sa couleur est presque blanche, et elle possède l'éclat adamantin; sa densité est élevée 1, 61,67, 7. Elle se trouve souvent cristallisée dans les géodes des filons plombifères. Certains morceaux ont une couleur noire, que l'on est porté à attribuer à un mélange de galène ou de sulfure d'argent. Ce minéral accompagne souvent la galène.

Lithium. — Le lithium n'est connu que des chimistes de profession. On le rencontre à l'état de composé plus ou moins complexe dans diverses eaux minérales, dans

le pétalite, l'amblygomte, le lépidolite, la tourmaline et quelques autres minéraux. La cendre de plusieurs plantes en contient. C'est un métal d'un blanc d'argent, très-oxydable et mou comme le plomb. C'est le plus léger des corps métalliques connus. Sa densité dépasse à peine la moitié de celle de l'eau. Plusieurs de ses sels sont employés en médecine.

Magnésium. — Ce métal est la base de la magnésie ; il jouit de l'éclat métallique, est très-mou, il brûle facilement , avec une lumière blanche extrêmement vive. On l'extrait surtout de la dolomie et de la giobertite,

La di)Iomie est de la chaux carbonatée magnésifère. Elle a été appelée chaux carbonatée lente, parce qu'elle se dissout dans l'acide nitrique avec une effervescence lente et tranquille, caractère excellent pour la faire distinguer du calcaire. Sa forme primitive est le rhomboèdre de 106^^5; ses couleurs sont très-variables. Les variétés cristallisées ont un certain éclat moiré ou perlé. Elle forme des dépôts restreints dans plusieurs formations où elle est associée au calcaire. Les masses cristallines, notamment la variété saccharoïde du Saint- Gothard, sont dues à des actions métamorphiques.

La gioôerfzYe est du carbonate de magnésie. Elle existe sous forme de rhomboèdre primitif de 107° 25 dans certains schistes talqueux du Tyrol. Il en existe une autre variété blanche (celle du Tyrol est brune), subterreuse, en rognons, à Baldissero, près de Turin,

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Celle-ci est toujours plus ou moins mélangée de magnésite.

Manganèse. — Métal gris, peu éclatant, ressemblant à la fonte blanche, dur, cassant. Ses principaux minerais sont des oxydes, et sont exploités comme tels et non pour le métal qu'ils renferment. Citons seulement la pyrolusite et, comme appendice, Vacerdèse.

La substance de la pyrolusite est un bioxyde ; c'est le plus oxygéné des oxydes de manganèse et, par conséquent, le plus important pour l'industrie. Il cristallise en prisme droit rhomboïdal de 93** 1/2. Sa couleur est le gris noirâtre. Au chalumeau, il se change en oxyde rouge sans fusion. On trouve fréquemment celte espèce en stalactites. L'oxyde qu'on exploite à Romanèche, près Mâcon, renferme 16 0/0 de baryte [psilomélcme). Il est en masses, à texture granulée; sa couleur tire sur le bleuâtre.

Vacerdèse est un manganèse oxydé hydraté. Elle est grise; sa poussière est brune. Elle cristallise comme la pyrolusite, et se trouve aussi en masses amorphes et môme terreuses. Elle accompagne le minerai de fer de Rancié (Ariége) et le fer oligiste de la Voulte (Ardèche).

Les oxydes de manganèse sont utilisés dans l'art du verrier pour décolorer le verre, le rend verdâtre, et aussi pour le colorer, ainsi que le cristal, en violet améthyste. On les emploie aussi dans la fabrication du chlore, et pour la préparation de l'oxygène.

Mercure. — Le minerai de mercure est le cinabre, espèce consistant en un sulfure de mercure, qui renferme 85 0/0 de ce métal. Sa couleur, d'un rouge vif dans les masses cristallines, s'obscurcit souvent par un mélange de matières étrangères. Elle est entièrement .volatile au feu du chalumeau. Sa densité est 8. Ses cristaux sont rares; ils dérivent du rhomboèdre aigu. Il se présente le plus souvent en masses lamelleuses d'un éclat adamantin, et en masses finement grenues. On appelle mercure hépatique une variété bitumineuse, qui n'est qu'un schiste ou un calcaire imprégné de cinabre.

Le cinabre affecte deux espèces de gisement, l'un en filons ou en veines dans les schistes anciens ; l'autre en dissémination au sein du grès houiller ou de quelques schistes et calcaires jurassiques. Les riches mines d'Almaden, dans la Manche en Espagne, ainsi que le gîte moins important de Toscane, sont dans le premier cas. Les mines du Palatinat et d'Idria, en Illyrie, sont dans le second.

Récemment on en a découvert en Algérie, en Cali-^ fornie et en France, au Ménildot (Manche) et à Réal^ mont (Tarn).

Le cinabre est la base du vermillon.

Molybdène. — Le minerai est la motybdéuite ou molybdène sulfuré, d'un gris de plomb, écailleux ou lamelleux, douce au toucher et assez tendre pour recevoir l'impression de l'ongle. On la trouve en vei-

nules et en petites masses dans les granités anciens.

Nickel. — Le nickel, qui entre dans la composition d'un certain nombre de minéraux, n'était extrait, jusque dans ces dernières années, que de la nickèline ou nickel sulfuré. Très-récemment, la Nouvelle-Calédonie a fourni en abondance un silicate double de nickel et de magnésie {girniérite), qui paraît devoir donner le métal à très-bas prix. Ce résultat est important, car le nickel possède des propriétés précieuses* non pas tant cependant à l'état libre qu'allié avec le cuivre en proportions variées.

NioBiuM. — Le niobium est toujours associé au tantale, et fait partie des minéraux les plus rares contenus dans certains schistes cristallins de la Suède, du Groenland, de l'Espagne et de l'Amérique du Nord. Il n'a d'intérêt qu'au point de vue de la chimie pure.

Osmium. — C'est encore un des compagnons du platine, et on ne le rencontre qu'à l'état d'osmiure d'iridium, dans les sables métallifères de l'Oural et de la Californie.

Potassium. — Le vrai minerai de la potasse n'est autre que la cendre des végétaux et, par conséquent, sort de notre cadre. Cependant les plantes ne peuvent prendre ce métal qu'aux roches sur lesquelles elles vivent, et leur rôle se borne à concentrer une substance dissé^ minée en beaucoup de roches en très-faible proportion» Nous avons, dans un chapitre antérieur, décrit le chlorure de potassium et le nitrate de potassé natifs^ qui

pourraient, comme le produit du lessivage des cendres, servir à la fabrication du potassium. Celui-ci est un métal mou, d'un blanc d'argent, plus léger que l'eau, et s'oxydant avec incandescence à la température ordinaire .

Rhodium. — Ce métal fait partie des minerais de platine et ressemble beaucoup à ce dernier. Il est encore plus rare que lui et n'a guère été employé qu'à fabriquer les becs des plumes d'or.

Rubidium. — Le rubidium est le premier métal découvert par le spectroscope. En proportions extrôjnement faibles, il fait partie de beaucoup d'eaux minérales, dulépidolite,du pétalite,des micas àlithine et de la cendre de certaines plantes telles que la betterave.

Ruthénium. — Toujours avec le platine, a des propriétés fort analogues à celles du rhodium et de l'iridium.

Sélénium, — C'est à peine un métal, et ses minerais sont les séléniures de tellure, de bismuth, d'or, d'argent et de cuivre. Il existe dans les pyrites et a beaucoup d'analogie avec le soufre qu'il accompagne ordinairement.

Silicium. — Le silicium est la base de la silice, et c'est un des corps les plus abondamment répandus de la nature. Son extraction est très-difficile, et ses propriétés sont plutôt celles d'un métalloïde que d'un métal.

MINERAIS METALLIQUES. 305

Argent. — Les minerais d'argent proprement dits sont Vargyrosej Vargyrithrose et le hérargyre.

La substance de Vargyrose est le sulfure d'argent contenant 86,0 0/0 d'argent. Sa forme primitive est le cube ; sa densité, 7; sa couleur est le gris de plomb. On le trouve le plus souvent en petites masses amorphes et ramuleuses, ayant une cassure conchoïdale vitreuse, ce qui lui a valu le nom d'argent vitreux.

Vargyrithrose est un double sulfure d'argent et d'antimoine. On l'appelle aussi argent rouge, à cause de sa couleur caractéristique. Il contient 57 à 60 0/0 d'argent. Sa densité est 2 à 2,5. Il se présente sous des formes cristallines très-variées qui offrent la plus grande analogie avec celles du calcaire. A côté de cette espèce, on peut citer un minerai analogue, mais ayant une plus forte proportion d'argent, 65 à 72 0/0 et portant les noms d'argent sulfuré fragile, argent noir. etc.

Le hérargyre ou argent muriaté est composé de 68 0/0 d'argent et de chlore, souvent brômifère. Vitreux, adamantin, d'un blanc grisâtre passant au ver*, fort tendre, se laissant couper au couteau comme de la cire, d'une densité de 5,3, et se présentant en pe'tits cristaux cubiques ou, plus souvent, en masses vitreuses à cassure conchoïdale.

Tous ces minerais se trouvent ordinairement ensemble, et l'argent métallique qui les accompagne paraît résulter de leur décomposition.. On les trouve

presque exclusivement dans l'Amérique méridionale, sur les pentes des Cordillères où ils gisent dans dos filons de quartz qui traversent des calcaires de l'époque secondaire. En Europe, il n'y a qu'une véritable mine d'argent, celle de Kongsberg, en Norvège.

Sodium. — Les qualités du sodium sont analogues à celles du potassium ; son véritable minerai est le sel marin dont nous avons déjà parlé.

Strontium. — Le strontium est un métal alcalin extrait du carbonate de strontiane cfu strontianite. Il est analogue aubarium et se trouve dans les mêmes gîtes. Il fond difficilement et n'est pas volatil. C'est un poison violent. On le rencontre dans la nature, dans le carbonate et dans le sulfate de strontiane (célestine).

Tellure. — Autre métal très-rare. Brillant et blanc de couleur, fragile et de structure cristalline, facilement fusible; on le rencontre généralement à l'état massif et disséminé avec le quartz, l'or, l'argent, l'antimoine, l'arsenic, et les pyrites de fer dans quelques mines de l'Allemagne et de la Hongrie. Nagyag, en Transylvanie, est une de ses sources les plus abondantes. On le trouve rarement pur; il contient ordinairement une petit». proportion d'or et de fer.

Tkrbjum, etc. — Le terUum, Verhium, le thallïum et le thorium sont des métaux très-rares et très-peu connus. Ils dérivent de minerais également rares et n'intéressent que des minéralogistes et des chimistes de profession,

MINEEAIS MÉTALLIQUES. 807

Étaix. — L'étain, employé dans les manufactures pour la fabrication du bronze, est un métal d'un blanc d'argent, légèrement coloré en gris, d'une saveur particulière et d'une odeur qui peut être facilement reconnue quand il est légèrement chauffé. Il est extrêmement malléable à 200°, et tout le monde connaît les feuilles d'étain, mais il est peu ductile, et les fils d'étain n'ont aucune solidité. Il est flexible, et en se cassant produit un bruit connu sous le nom de cri de l'étain. Son minerai principal est la cassitérite, bioxyde d'étain dans lequel celui-ci entre pour 77 0/0. Sa forme primitive est un octaèdre carré ; sa densité trèsvoisine de 7. Les cristaux de la cassitérite sont rarement simples; presque toujours ils s'accolent deux à deux, trois à trois, par des plans obliques et se péné- ' trant profondément. Ces màcles, facilement reconnaissablés à leurs becs rentrants, ont reçu des mineurs le nom de becs d'étain. On trouve aussi ce minéral en petites masses amorphes et vitreuses. Il existe une variété à structure stratiforme et comme fibreuse, qui offre assez souvent des teintes d'un brun jaunâtre avec une disposition veinée (étain de bois).

La cassitérite est le seul minerai d'étain exploité. Elle gît dans les filons les plus anciens au sein des terrains granitiques, au milieu d'une gangue de quartz ou de gneiss. On la trouve aussi en morceaux roulés dans certaines alluvions. Les principaux lieux d'extraction sont : l'île de Bornéo et la presqu'île de Malacca

308 MÉTAUX, MINERAIS METALLIQUES.

dans l'Inde, le Mexique et le pays de Cornouailles, en Angleterre. Il y a aussi des mines exploitées en Saxe et en Bohême. La France offre quelques gîtes peu productifs en Bretagne et dans le Limousin.

Titane — Le titane n'est connu que depuis fort peu d'années, le prétendu titane de Grégor étant le carboazoture du métal. C'est, d'ailleurs un corps sans application qui se présente dans la nature à l'état d'oxyde {anatase, rutile, brookite) et dans quelques minerais tels que le memiacanite, le sphêiie et le fer titane.

Tungstène. — Le tungstène qui a pris beaucoup d'importance depuis qu'on a constaté les précieuses propriétés qu'il communique à l'acier et dont certains sels sont utilisés en teinture, existe surtout dans la nature, dans le minéral appelé lyoZ/mm .

Urane. — L'urane est, comme le titane, un corps que l'on croyait connaître depuis longtemps et qui cependant n'aété isolé que récemment. Ses applications principales concernent la coloration des verres auquel il communique à un haut degré les propriétés florescentes. L'uranate de potasse est employé en peinture comme sub:?tance orangée.

Vanadium . — C'est d'un minéral ' de Taberg , en Suède, qu3 le vanadium a été extrait; il est peu connu et n'a jusqu'ici qu'un intérêt théorique. II est remarquable par son extrême diffusion dans la nalure; la plupart des argiles en contiennent des traces.

MINEEAIS MÉTALLIQUES. ' 309

Yttrium. — L'yitrium est un des corps les plus rares. C'est avec le cérium qu'on le rencontre.

Zixc. — Au contraire , le zinc est très-abondant et fort utile. Cependant on a été bien longtemps sans connaître sa valeur. A la température ordinaire, en effet, il est impossible de le travailler et il fallait découvrir la malléabilité et la ductilité que lui communique une température de 220 à 320 degrés pour savoir en tirer parti ; c'est un métal trop connu pour que nous le décrivions; rappelons seulement qu'il entre dans la constitution du laiton ou cuivre jaune.

Ses minerais principaux sont le blende et la calamine. Le blende est le sulfure de zinc; sa couleur varie du brun au jaune. La calamine est composée en général de carbonate de zinc associé à du silicate du môme métal. C'est ce dernier minerai qui est le plus exploité. Ses gisements principaux sont ceux de la Vieille-Montagne, près d'Aix-la-Chapelle, et de Tarnowitz en Silésie. On trouve le môme minéral sur plusieurs points de l'Angleterre et de la Belgique. Partout il forme des amas très-irréguliers intercalés dans des calcaires et dolomies et qui portent avec eux de fréquents indices d'une action thermale.

ZiRcoNiuM. — Le zirconium tire son nom des zircons de Ceylan constitués par du siUcate de zircone. C'est, d'ailleurs, une substance peu connue et sans applications.

BIBLIOGRAPHIE

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