DERNIERS MOMENTS DE SIR GEORGE
Nous empruntons à une lettre adressée par une des filles de Sir George à un des memibres de la famille quelques détails sur ses derniers moments. Cette lettre est d'autant plus touchante qu'elle n'était pas destinée L la pnblicité :
Londres, 22 mai 1873.
. . .'Mon pauvre père est mort avant-hier matin, à six heures. Il est mort en chrétien, et, malgré les atroces souffrances qu'il avait endurées depuis trois jours, sa fin a été presque douce. Nous n'avions aucune raison de croire le terrible moment si près ; depuis quelques jours il était indisposé et le médecin nous faisait croire que c'était des douleurs rhumatismales. Lundi nous avons réuni autour de son lit toutes les sommités médicales que Londres possède. Leur avis était que le danger était grand, mais pas imminent ; et ils ont tous été fort étonnés d'apprendre sa mort mardi, lorsqu'ils comptaient revenir le voir à neuf heures, au moment où il y avait déjà trois heures qu'il était mort.
Il a enduré son mal avec son courage ordinaire et une patience angélique. Quand maman lui demandait s'il
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souffrait beaucoup, il répondait : Il ne faut pas que je me plaigne. Son intelligence ne l'a pas quitté un instant, et il nous reconnaissait tous si bien qu'il ne se trompait jamais en parlant français à nous, et anglais à son domestique et aux autres personnes. Dites à ses amis du Canada qu'il a aimé son pays jusqu'à la fin, qu'il ne désirait qu'y retourner ; deux jours avant sa mort il s'est fait lire tous les journaux canadiens. Ses ennemis même ne lui refuseront pas, j'espère, d'avoir aimé avant tout son pays.
Maman est si fatiguée, si brisée, que nous comptons lui faire passer quelques jours à Citry, avant d'entreprendre un voyage sur mer. Ici les gens se montrent très bien pour nous, mais il nous est pénible de vivre dans cette maison si pleine de son souvenir. Madame Gautier nous a été 'd'un très grand secours, et les gens de la maison où nous demeurons ont été excellents ; mais je crois qu'auprès de notre bonne tante Bossange, maman se sentira plus consolée.
Oe matin, les journaux de Londres sont pleins de l'éloge de mon père ; car même ici^ où souvent les hommes intelligents vivent et meurent obscurément, dans cette vieille Angleterre, si hautaine et si fière, les plus grands hommes le traitaient comme leur égal et rendaient justice à ^es incontestables qualités.
Veuillez être notre interprète auprès de toutes les bonnes religieuses dont il a été le protecteur, afin de leur demander le secours de leurs prières pour celui qui n'est plus, et pour la veuve et les orphelines qu'il a laissées sur la terre . . .
prononcé par Mgr Antoine Racine, dans la cathédrale de Québec.
Non est nobis utile relinquere legemetjustitias Del.
Il ne nous est pas utile d'abandonner les lois de nos pères et les ordonnances de Dieu qui sont pleines de justice. (Au premier livre des Machabées, Ch. II, V 21).
Mes Frères,
Quelque grandes que soient les œuvres de Fhomme, la mort est la conclusion décisive de toutes les actions de sa vie : elle tranche la question capitale de Péternité.
Le moment de la vie qui parait long pendant qu'il passe, ne semble plus qu'une ombre, qu'une figure passagère lorsque la voix de Dieu avertit que les entreprises glorieuses, les travaux de l'intelligence, les services et les troubles de l'homme d'Etat vont bientôt finir. La mort domine tout ici-bas ; elle sait se faire obéir. Regardez la mort, dit St-Jérôme ; il faut prévenir la mort par la pensée de la mort. O mort que ton souvenir est amer, nous dit l'Esprit-Saint, à l'homme qui vit en paix au milieu de ses biens ! O mort que ton arrêt est doux pour l'homme pauvre et vertueux ! (1 Eccl).
J'éprouve un grand bonheur à vous le dire dans cette église métropolitaine où tant de fois est venu s'agenouiller et prier celui dont les restes mortels sont au milieu
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