‹ George-Étienne Cartier [microforme]Chapitre 17 sur 44 · RABLE A COTE DES RACES ETRANGERES · texte numérisé non relu

RABLE A COTE DES RACES ETRANGERES

* N'allons point, EN RETRECISSANT NOTRE HORI- “ZON POLITIQUE ET SOCIAL, RETRECIR, AUSSI, “ L'ESPRIT DE NOS COMPATRIOTES. On rira peut- “ être de cette idée ; mals les véritables penseurs diront “que nors avons raison : le citoyen d'une noten indé “pendante est plus grand moralement et inte,lectuelle- “ ment, que celui d’une colonie, Son esprit est plus large, “son intelligence plus vaste, parce que son regard intel- “ Jectuel s’accoutume à embrasser, dans ses observations, “ de plus vastes horizons, des questions plus graves, des “ intérêts plus sérieux d

Ne cherchons done point à ENTOURER NOTRE NA.

“TIONALITE D'UN HORIZON SANS GRANDEUR “ ET SANS PORTEE. Elargissons plutôt, le cercle au - “tour d'elle, c’est le moyen de la faire grande et belle “EN GRANDISSANT SEN ENFANTS ET EG DE.

“ FENSEURS. ”

„La Confédération étendra au loin l'horizon, mais elle “ donnera en même temps à notre vie intime, à notre vie “de famille, des éléments de bonheur et de jouissances “ qui nous ont été refusés jusqu'à ce jour. Elle nous rendra libres et maîtres chez nous, dans l'administration “des affaires de notre patrimoine spécial.” (La “ Mi. nerve ”, 22 sept. 1864)

Cartier était tellement imbu de la nécessité pour le Oanada d'organiser sa propre défense qu’il choisit luimême, lors de la confédération, le portefeuille de la milice en 1867.

La chose parut, dans le temps, plus qu’extriordinaire, inexplicable, Ceux ani connurent sa pensée intime apprirent, plus tard, qu'il voulait protéger ses compatriotes

contre le coup de tête de 1862, et qu'il se croyait obligé de les racheter d'une défaillance ressemblant à de ja lâcheté, Volei mg il s'en = liqua à la première

c'est-à le 31 mai en proposant aux me son second Bill de la Milice, „Cette loi sur la “ milice et sur les fortifications a ndra à l'étranger “que NOUS SOMMES DETERMINES à rester sous la “protection de la Couronne Britannique, En tous cas, nous avons voulu se à l'Angleterre que nous CHE- “RISSIONS L'UNION BRITANNIQU ET QUE “ NOUS LA JUGIONS NECESSAIRE POUR LA PROS.

“ PERITE ET LA GLOIRE DU PAYS, Laissés à nous- “mêmes, sans lien avec l'Angleterre, quel serait notre “sort ? Pourrions-nous nous maintenir dans l’'indépen- “ dance ? Non, nous serions inévitablement absorbés par “les Etats-Unis, ”

C'est pour montrer, d'une manière énergique et frappante, comment les Canadiens-Français (talent entrés profondément dans l'esprit des institutions anglaises,

u’il disait à Québec, le 23 décembre 1869 : “ Les Canams çais sont des citoyens anglais parlant le fran -

N'oublions pas que les sentiments si fortement expri. més en ces diverses circonstances, ont été endossés par les compatriotes de son temps et le sont encore ceux d’aujourd’hui, heureux, comme tous les peuples droits, de se faire conduire par leurs morts illustres,

Ses convictions religieuses sont bien résumées dans les paroles suivantes :

“Je suis catholique, et jamais cette Chambre ni “ aucune autre Chambre, ni aucun pouvoir sur la terre, “ne me feront renoncer à ina fol. Mes convictions reli- 4 sont inébranlables. ” (Discours sur le désétablissement de l'Eglise d'Irlande prononcé le 31 mai 1869). Mais elles n'excluent pas la tolérance pour les autres croyances. II disait, le 30 octobre 1866 : “ Je suis catho- “ lique, j'aime ma religion, la croyant la meilleure, mais “tout en me disant hautement catholique, je crois de “ mon devoir comme homme public de respecter la ein- “cérité et les convictions des autres „.

Le “ Times ”, de Londres, appliquait, il n’y a pas très

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longtemps, à Cartier ce mot de Thémistocle : “ Je ne sais “pas accorder une harpe ou une viole ; je ne puis pas „jouer du psaltérion ; mais doanez-moi entre les mains “une ville sans renom faible et petite, j'en sais assez “ long pour la rendre grande, noble et forte.“ C’est bien N la définition qu’on peut faire de Cartier, qui n’a pas eu

seulement une ville infime à rendre remarquable, mais

une race à faire passer de l’enfance à la maturité, de l’insoumission à l’extrême allégeance et de l’insouciance à la plus grande activité.

Il n’est pas surprenant que le pays tout entier, et surtout la province de Québec unanimement, rende hommage à la mémoire de Cartier. Depuis sa disparition, les partis ont, sans doute, changé de physionomie, et l’on ne peut pas reporter à son époque les classifications actuelles, dans lesquelles ne figure plus le radicalisme de Papineau, Dorion, Papin, Doutre, etc... II ne faut pas oublier que Cartier s’est toujours appelé “ libéral ” et que l’adjonction de “ conservateur ” représentait l’élément d’Ontario. Jamais il n’a prononcé le nom de gouvernement conservateur sans le faire précéder du mot “ libéral.” En voici quelques exemples frappants. Dans les débats créant la province de Manitoba, le 9 mai 1870, il définit ainsi sa position politique : “ Je suis un peu sur- “pris des observations faites par mon honorable ami, „AM. McDougall) qui se dit du parti libéral d’Ontario. “Moi, j’appartiens au parti “ libéral-conservateur” du “ BasCanada, et c’est bien évidemment le parti le plus “ libéral du pays ”.

Discutant à la chambre, le 15 mai 1872, le traité de Washington, il disait : “Peut-être se souviendra-t-on “qu’il y a quelques années, au cours d’un long débat, “entre le parti libéral du Haut-Canada et le “ nôtre ” —

Comme les questions controversées d'alo sont complètement disparues, les libéraux comme 1:3 co rva⸗teurs d' aujourd'hui peuvent done également se ra:.ucher à son programme tout patriotique.

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