FAMILLE CARTIER
1. — Mlle Hortense Cartier, seule fille survivante de Sir George-Etienne ; 2, — L4-Colonel Jacques Cartier, père de Sir George à 3: — Lady Cartier; 4. — Mme Jacques Cartier, mère de Sir George ; 5. — Mlle Joséphine Cartier, fille de Sir George.
Discours sur la Confédération des provinces de l'Amérique Britannique du Nord prononcé le 19 septembre 1864 à Halifax.
M. le Président, Messieurs,
Je dois tout d'abord vous remercier de cette imposante démonstration en l'honneur des délégués canadiens, Nous sortons d’une conférence qui a tenu jusqu’à un certain point ses délibérations secrètes, Ce que l’on ne peut ignorer, eependant, c’est que l’on y a discuté cette question : Ne pouvons-nous Pas trouver le moyen de réunir les grands fragments nationaux qui constituent les provinces anglo-américaines et d'en faire une grande nation? Ou bien allons-nous continuer d’être des provinces séparées, ayant, il est vrai, la même noble et gracieuse souveraine, mais divisées politiquement, Chacun sait que cette séparation implique nécessairement une certaine somme de faiblesse, et chacun doit sentir que, si toutes ces provinces avaient un gouvernement général, commun, elles seraient par là même une portion plus importante de la Couronne britannique.
Telle que je vous pal soumise, la question est d’une très haute importance. Les délégués ont-ils montré de la présomption en la discutant ? Je ne le pense pas. Je crois cette conférence tout à fait opportune, et je crois qu’elle a été tenue en un temps favorable.
En considérant que le Canada a une population de 3,000, 000, 1a Nouvelle-Ecosse, 350,000 habitants, le Nou-
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veau-Brunswick, près de 300,000 l'Ile du Prince-Edouard, près de 100,000, soit une population totale d'au delà de trois millions et demi, il est facile de s'assurer que nous
ons le premier des éléments voulus pour faire une nation. Si l'on examine ensuite le territoire occupé par ces provinces, l’on y trouve Un autre élément nécessaire à la fondation d'un grand Etat.
Nous avons bien en Canada ces deux principaux éléments d’une nationalité —la population et le territoire— mais nous savons aussi ce qui nous manque. gi considérables que soient notre population et notre territoire, il nous manque l’autre élément, absolument nécessaire
ur faire une puissante nation, et c'est l'élément maritime. Quelle nation fût jamais puissante sans l'élément maritime ? Longtemps l’on a dit que la mer était une barrière au progrès d’un peuple. Je me ru: pelle que l'on appelait les Anglais “ insulaires „, ce qui ne les a pas empêchés de devenir la première puissance de l’Europe. L'Autriche est grande en territoire et en population — je puis en dire autant de la Prusse et d'autres pays territoriaux — mais ces nations sont restreintes dans leur action, parce qu’elles n’ont pas la mer pour s'étendre ad inſinitum.
Comme en Canada, nous savons que nous avons une population considérable et qui a colonisé assez de territoire pour mériter un rang honorable à côté de beaucoup de nations européennes, nous voulons acquérir encore plus d'importance ; mais cela ne peut se faire que si vous vous unissez à nous. Vous ne devez pas oublier, de votre côté, que si les provinces maritimes sont placées sur les bords de la mer, elles ne seront janiais qu’une lisière de côtes, une bordure littorale, si elles refusaient de s'unir à nous. Nous avons pour vous, Messieurs, trop d'amitié, trop de considération, dirai-je, pour permettre pareille chose. (Rires).
Nous pouvons former une confédération vigoureuse, tout en laissant les gouvernements locaux en possession de régler les affaires locales. II n’y a pas ici d’obstacles que la sagesse humaine ne puisse surmonter. Tout ce qu’il faut pour en triompher, c’est une volonté forte et
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une noble ambition, Quand je songe à la nation que nous composerions si toutes nos provinces étaient organisées sous un seul gouvernement, il me semble voir surgir une grande puissance anglo-américaine, Les provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse sont comme les bras du corps national, qui doivent embrasser le commerce de l'Atlantique, Aucune autre ne fouruirait à ce Corps géant une plus belle tete que l'Ile du Prince. Edouard. Et le Canada sera comme le tronc même le cette immense création. Les deux Canadas, s'étendant loin vers l'Ouest, apporteront dans la Confédération une vaste part des territoires occidentaux.
Quand nous aurons un gouvernement fédéral, l’une des plus importantes questions à régler sera celle de la dé. f.nse du pays. Tels que nous sommes, nous avons la volonté et la détermination de nous défendre, si nous étions attaqués ; mais Pouvons-nous nous défendre avec succès ? Considérez tour à tour l’Ile du Prince-Edouard, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, les Canadas. Peuvent-ils se défendre ou aider l’Angleterre à les dé. fendre, tant qu'ils seront séparés, disjoints ? Non ; mais unis ? Leurs milices fourniraient au moins 200,000 hommes, et si l’on ajoute les 60,000 marins que possèdent les Canadas et les provinces maritimes et la marine de l'Angleterre, quelle serait la nation assez folle pour nous attaquer ?
Depuis mon arrivée à Halifax, j'ai entendu émettre l’objection que vous seriez exposés à être absorbés dans l'union. II me sera facile de dissiper vos craintes, Je vais vous répondre Par une question: Vous refuseriezvous à être absorbés par le commerce ? Grâce au chemin
ntercolonial, Halifax sera envahie par celui
maintenant enrichit Portland, Boston et New-
vous ne voulez pas faire tout en votre pouvoir pour nous aider à accomplir une grande œuvre, vous nous forcerez d’écouler aux Etats-Unis tout ce commerce qui devrait Vous appartenir. Les habitants du Nouveau- Brunswick ou de la Nouvelle-Ecosse seraient-ils dans un meilleur état, s’ils repoussaient- ce commerce absorbant, cette source de prospérité envahissante ? Ii est bien manifeste
que lorsque le chemin de fer Intercolonial sera construit — et cela doit nécessairement arriver avec la Confédération — Il y aura presque chaque jour des steamers qui quitteront Halifax pour aller à Liverpool où qui en reviendront ; bref, ces deux grandes villes seront en com ; munications constantes, Eu outre, quantité de voyageurs viendront visiter vos villes d'eau.
Laissez-moi aussi dissiper un autre préjugé qui s'est emparé de certains en rita: ceux-là croient que, si la confédération a lieu, le lien qui nous unit à l'Angleterre en sera affaibli. Je crois que c'est plutôt le contraire qui arrivera. Je représente une province dont les habitants sont monarchistes par la religion, par les coutumes et par les souvenirs du passé, Notre désir, en faisant des efforts pour obtenir la confédération des provinces, n'est pas d’affaiblir nos institutions monarchiques, mais d'en affermir, d'en agrandir l'influence, Nous croyons que lorsque la confédération sera faite, elle deviendra une vice-royauté, gouvernée, nous avons droit de l'espérer, par un membre de la famille royale.
Je crois qu'en Angleterre l'on comprend très bien les choses, Tout homme au courant de l'opinion publique sait que la question dominante est celle de la défense lu pays. Je puis dire de suite que je hais l'école des Bright, Cobden & Cie. Toute cette indifférence pour les colonies n'existe que chez un certain nombre de politiciens ; mais il nous incombe, en tous cas, d'enlever à cette école les sujets de plainte qu'elle pourrait avoir contre le système colonial. Si nous pnvons organiser notre milice de façon à convainere la Grande-Bretagne qu’en cas de difficultés nous pourrons l'aider, croyez m'en, cette école ne durera pas longtemps.
Messieurs, vous ne devez pas être effrayés de nous parce que nous venons du Canada, et que ce pays-là l’emporte sur le vôtre par a population et par son étendue. N'ayez pas peur de nous — ne rejetez pas nos proposit'ons — ne nous répondez pas par ces paroles du poète latin: Timeo Danaos et dona ferentes. Tes promesses que nous vous faisons sont sincères et loyales, et en deman- Lars l'union, nous voulons votre bonheur autant que le nôtre.
Discours prononcé le 29 octobre 1864 au banquet ofert aux délégués de la conférence de Québec par les citoyens de Montréal sous la présidence du Maire X. Jean-Louis Beaudry.
M. le Maire, Messieurs,
Je dois tout d'abord remercier le maire de Montréal d'avoir proposé en des termes aussi bienveillants la santé des “ ministres canadiens de Sa Majesté, ”
Eu l'absence, de mon digne chef, sir Etienne Pascal Taché, et de mon collègue dans le gouvernement, l’honurable John A. Macdonald, il me faut répondre à la santé que vient de propuser M. le Maire, 11 est vraiment regret. table que ces messieurs soient absents, Nous avons été si longtemps ensemble dans notre carrière publique, l’honorable John A. Marionald et mol, que nous nous regardons presque comme des frères, Ce n’est pas à dire toutefois que je suis un frère orangiste de M. Macdonald; mais il peut être orangiste sans que celà nous empêche d'être liés d'amitié.
Comme tout le monde le sait, la question qui nous réunit, ce soir, est celle de l'union des provinces de l'Amé. rique Britannique sous un système de gouvernement qui attribue à l'autorité centrale les mesures d’un intérêt go. néral et qui laisse à des antorités locales l'administration des uffaire locales,
En remontant dans le passé, l'on trouve, qu’il n'ya pas encore un siècle, la confédération qui nous avoisine s’ef. forçait de créer une forte union basée sur les institutions démocratiques.
A cette époque, le BasC'anada, qui était la colonle la plus peuplée de l'Amérique britannique du Nord, fut sol -
ral français, de participer au mouvement américain. Quelle fut la réponse des Canadiens, alors qu'ils n'a valent pas encore l'avantage de posséder au mi deu d'eux un grand nombre de rejetous des Îles Britanniques, et qu’il n'y avait pas longtemps qu'on nous avait séparés de la nation française pour nous attacher à la couronne an-
lons à notre tour à fonder iel une grande confédération, mais notre objet n'est int de le faire par la création d'institutions démocratiques ; non, c'est plutôt d'aider l'élément monarchique à prendre parmi nous de plus profondes racines. Je ne l'ignore Pas, on s'attend que je di-
public du plan agréé par la conférence, il convient de le communiquer aux gouverneurs des provinces, puis d'en instruire le gouvernement impérial. Ce n'est pas seulement affaire de délicatesse, c'est aussi la coutume britannique, dont il ne nous siérait pas de nous départir.
Quand il s'agit d'intérêts politiques d'une nature grave, ils doivent être communiqués, en effet, aux gouvernements, avant de l'être au public. Mais sans com. mettre d’indiscrétions, je puis bien faire entre nous une série de suppositions. Ceux qui me connaissent savent bien que je n’ai pas la prétention d’être orateur. Mais je suis sincère ; de plus j'ai peut-être le défsut de parler toujours avec trop de franchise.
Donc sans être indiscret, je vous dirai ici, pour commencer, ce que tout le monde sait, que je suis allié maiotenant à l'honorable George Brown, avec lequel j'ai été
en état d'antagonisme presque continuel durant près de mers ans, Jusqu'à présent, dans les grandes questions
intérêt publie, nous étions toujours opposés l'un à l'autre, toujours en guerre, lui au nom du Haut-Canada, et mol au nom du Bas, Cette guerre allait s'éternisant ainsi, sans profit pour personne, quand enfin nous tachâmes un jour de nous entendre sur ce goes projet de confédération fait pour unir sous un seu gouvernement les provinces de l'Amérique britannique, En faisant alllance avec l'Honorable M. Brown, je n'ai pris l'avis ni de mes compatriotes, ul de mes amis politiques, J'avoue ici que dans tous les actes importants de ma vie politique, je n'ai jamais consulté personne, (Cette remarque ayant naturellement excité les rires, M. Cartier l'explique comme suit). Sous l'empire du système britannique, je sais bien qu'un homme d'Etat doit se laisser guider sur. tout par l'opinion publique lorsqu'il conseille Son Excellence le gouverneur général ; mais je pense, en même temps, qu'un homme dans cette position ne doit pas avoir uniquement à cœur de refléter les préjugés vulgaires, Il doit tâcher de diriger lui-même l'opinion. C'est ainai que je comprends le système constitutionnel anglais — le ministère se tient entre la couronne et le peuple, et si quelque chose venait rompre l'équilibre du gouvernement monarchique, ce serait à lui de rétablir l'ordre. Je n'entends pas dire que l'homme public ne doit pas écouter l'opinion publique ; mais je distingue entre l'opinion publique et les préjugés publics, Quand il y a une tempête sur l'océan, le navire serait ballotté en tous sens, s’il n'était pas habilement gouverné, alors c’est au pilote seul à diriger, et si le pilote sait faire son devoir, il pourra vaincre la tempête, et sauver le vaisseau. Je dois dire, après avoir ainsi parlé de mon alliance avec M. Brown, que ce dernier a gardé fidèlement sa parole, en toutes circonstances, depuis la formation de la coalition.
J’ignore ce que M. Brown pense de moi, et d’ailleurs j'ai une assez bonne opinion de moi-même pour ne me préoccuper que fort peu de ce que l’on pense ou dit de ma personnalité, (Après les rires provoqués par cette saillie,
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M. Cartier reprit) : A l'égard de la politique, il est manitente que nous avons des intérêts généraux qui peuvent être cunfiés à un gouvernement général de toute l'Amérique britannique du Nord. Comme Has-Canadien, je reconnais que l'uniun du Haut et du Bas-Canada à fait beaucoup de bien, J'avoue, et je l'ai déjà dit plusieurs tula, que cette unlon u opéré des merveilles pour la té des deux provinces, et que cette prospérité ser d'hul se recommande d'elle-même à l'attention de l'Anglieterre et du monde entier, Je ne suis pas de ceux qui vou dralent voir le Haut et le Bas-Canada de qu'ils eussent tous deux le droit de régler leur tarif indépendamment l'un de l'autre, Bi un pareil état de choses devait exister, quelle en serait la conséquence ? La ville de Montréal se trouverait isolée, Je n'hésite pas pour ma part à reconnaître que la prospérité de Montréal est due dans une plus grande mesure au Haut-Canada qu'au Bas- Canada. Nous devons apprécier les événements dans leur vrai jour. Je vous déclare done, comme l'un de vos représentants, que je n'acquiesceral jamais à aucun projet qui ttrait au Haut et u Bas-Canada d'adopter une poitique différente relativement au turif et au commerce du pays. Ne voyons-nous pas aujourd'hui un grand parti, autrefois opposé à l'union, la défendre maintenant de | toutes ses forces ? Pourquoi ? Parce que, je le répète, l'union a contribué beancoup à la prospérité des deux 1 provinces. En présence de ce résultat, l'homme d'Etat + canadien ne doit-il pas employer ses talents et son éner- 1 gie à résoudre cette question de résentation qui menace d'amener une rupture entre le Haut et le Bas-Canada ? Maintenant, suffirait-il d’aplanir cette difficulté ? Je suppose que l’on y mette fin demain, par la fédération des deux Canadas, ne resterions-nous pas comme par le passé “ bloqués ” par la glace pendant six mois de l’année, comme le faisait observer tout à l'heure l’un des représentants du Nouveau-Brunswiek? Cette union fédérale aurait pour effet de donner une nouvelle base aux opérations politiques dans la Chambre basse de la législature, mais nous laisserait dans la même position visà-vis des provinces du Golfe. Il resterait encore entre nous les bu-
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reaux de douane, qu'il faut supprimer, Les délégués q nous avons entendus ce sol deste à leu
C’est un fait connu : pendant six mois de l'année nous sommes forcés de frapper à la porte de transporter nos marchandises à tra Ce qui convenait 11 ya convient plus maintena notre territoire défriché tlous étonnantes, II fau toutes les provinces bri nous tombons dans la cris de “ jamais, Jamais, “
Cartier reprit : Je savais que v suis content de vos protestatio toutes les
œuvre nationa
Prinei
fouvernement ga. .
complit, je croirai avoir mis la main à une œuvre excel. lente, Je suppose maintenant que Plusieurs lel vou. dralent savoir quelles sont mes suppositions au sujet du gouvernement général. Eh bien! ne ra- e pas lui qui règlera les questions de tarif ?
Etalt- Il convenable que les douanes d'une province fus. sent toujours en opposition avec le commerce des autres? Dolt- Il y avoir des différences dans leur conrs monétaire? Les poids et mesures ne devraient-ils pas être les mêmes? Les lois de naturalisation ne dolvent-elles pas être lex
mêmes ? Le service postal ne doit-il pas être le même ? Est-il avantageux qu'il y ait une plus ou moins grande différence sur tels ou tels autre points qu’il serait superflu d’énumérer ici ? Mais au-dessus de toutes ces questions, il en est une autre bien plus importante, cèlle de la défense du pays. Les îles de Terreneuve et du Prince- Edouard, et les provinces du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse, peuvent-elles séparément organiser un système de milice capable d'empêcher une invasion américaine ? non, certainement. En cas d'invasion de ces provinces par une armée ou une flotte américaine, il resterait donc entièrement à l'Angleterre de décider s’il est opportun d' envoyer des forces pour défendre ces Îles et ces provinces, nécessaires pourtant à la couronne anglalse. Je sais qu'il y a en Angleterre une école de politiques qui dédaignent les possessions coloniales et qui en nient la valeur pour la wétrapole, MM. Cobden et Bright en sont les chefs, mais en dépit d'eux, l'opinion du peuple est généralement que ces colonies ne doivent pas être abandonnées. & les provinces britanniques étaient contédérées et que le territoire fût envahi par une armée américaine, leurs milices plus nombreuses et mieux organisées seraient partout appelées par le gouvernement général à repousser l'ennemi, et l'Angleterre, connaissant nos apprêts, voyant nos efforts pour la défense de tout le pays, se hâterait de venir à notre secours avee 8a marine et son armée.
Je n’ignore pas les objections qui se produisent contre la nouvelle forme du gouvernement, surtout parce que nous n’établissons pas tout de suite une union législative. Mais, à cette époque critique, nous n’avons pas à tenir compte des opinions et des intérêts différents, peutêtre même hostiles qu’on oppose à cette union ; et si nous présentons aux législatures des provinces et au gouvernement impérial un projet portant la création d’un gouvernement général, ce sera notre devoir de protéger égalemer ! toutes les races et de ménager les intérêts de chacune d’elles. Si nous y réussissons nous aurons beaucoup fait. On m'a dit que dans le Bas-Canada, il existait une forte opposition à ce projet, parce que la population