‹ George-Étienne Cartier [microforme]Chapitre 38 sur 44 · EN A · texte numérisé non relu

EN A

anglaise s'y trouverait à la merci de la population frau-

Saise, Que répondre ? Les Anglais nés dans le Bas-Ci-

nada pourraient-ils céder à de semblables arguments ?

Qu'ils réfléchis Çais ont la majorité seront, à leur tour, en t fédéral.

ment fédéral ou au gouvernement local ? Pour ma part, je suis prêt à avouer hautement aujourd’hui que la prospérité des deux Canadas est due à l'esprit d’entreprise de la race anglaise principalement, mais pourquoi cependant celle-ci s’opposerait-elle à la formation d'un gouvernement provincial où les Canadiens-Français seraient représentés en raison de leur nombre ? En tous cas, je n'hésite pas à proclamer que je ne souffrirai jamais, tant que je serai ministre de la Couronne, qu’une injustice soit faite,-d’après la constitution ou autrement, à mes compatriotes soit anglais, soit catholiques, je ne souffrirai jamais que mes compatriotes, les Canadiens-Français, soient injustement traités parce qu’ils appartiennent À une race et à une religion différentes de celles du Haut- Canada. On a longuement parlé des races à propos de cette grande confédération. Que l’on regarde aujourd’hui l'Angleterre, et l'on verra qu'avec l’union des trois royaumes par le lien législatif, il existe là des religions et des nationnalités différentes. Tous ceux qui connaissent l’histoire des hants faits de l'Angleterre sur terre et sur mer, n’en séparent pas les trophées conquis par la bravoure, le courage et la constance des dignes enfants de l’'Ecosse, D'autre part, se trouverait-il quelqu'un qui voulñt contester à l’Anglence remportés par les enfants sincèrement que l'Angleterre richesse et la gloire dont elle

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La confédération produira. un accroissement de commerce entre les provinces d’abord, Puis entre ces dernières et l'Angleterre, Pour répondre aux objections que font et le parti canadien-français extrême et le parti annexionniste ou américain, je dirai que si le parti du mouvement actuel réussit, il y aura un gouvernement central dont les attributions embrasseront tous les intérêts généraux ; et des gouvernements locaux auxquels seront dévolues les affaires et propriétés provinciales : administration de la justice, terres de la couronne, pénitenciers, hôpitaux, maisons de charité, etc., matières plus importantes que celles qui étaient soumises à la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, sous le système d’autrefois. A cette époque, la Chambre n'avait le pouvoir de s’occuper ni du commerce, ni du service des postes et ni du revenu des terres de la couronne.

Sous l'empire du nouveau système dont j'ai parlé, le Bas-Canada aura son gouvernement local, et presque autant de pouvoir législatif qu'auparavant. A Montreal et ailleurs, on s’est efforcé de préjuger opinion publique, en avangant qu'il faudrait augmenter les taxes pour le soutien d’un gouvernement local, dans le BasCanada. II n’en sera rien. Dans la confédération, le gouvernement local sera soutenu par le gouvernement général. I] aura en outre un revenu d’au moins $1,500,000, produit par ses ressources territoriales, et il n'y aura pas lieu de recourir à la taxe directe, si ses hommes sont sages et prudents. Pai déclaré être d'avis que cette confédération ne devrait pas se réaliser, si elle devait faire disparaître ou seuls. ment affaiblir le lien qui nous attache à la Grande-Bretagne. Je suis pour la confédération, parce que je pense que l'établissement d'un gouvernement général donne rait plus de force encore à ce lien qui nous est cher à tous. Et je pense que chacun de nous est d'avis que la nouvelle forme de gouvernement doit être propre à accroître l’influence et le prestige des principes monarchiques dans notre système politique, pour avoir chance de succès.

pompe, et je ne sais de q

de me recevoir avec tant de uelle manière vous témoigner je vois ici à

Vous êtes trop bons,

ma reconnaissance pour l'émpressement que me féliciter sur mon heureux retour au pays.

Vous faites allusion à la Confédération qui va trans-

tormer les provinces britannique de l’Amérique du Nord en une nouvelle puissance, et qui va donner à ses populations le rang d’une nation, vivant de sa vie propre dans les limites territoriales de ces colonies, naguère

La création de cet empire nous ouvre une ère de progrès, de prospérité nationale inconnue jusqu'ici.

Les efforts unis en com ‘ont bientôt apparaître les immenses ressources, la . esse naturelle sans n0Mbre de ces contrées qui ne demandent qu'nne exploitation intelligente pour étonner les pays voisins et répaudre le bien-être au milieu de nous.

C’est comme centre du mouvement commercial qui naîtra de la Confédération, que nous considérons Ottawa, cette heureuse capitale du nouveau gouvernement. Tandis que les provinces du golfe Saint-Laurent marqueront du côté de la mer, l'extrémité de la Confédération, les territoires de la Bale-d' Hudson, de la Rivière-Rouge et la Colombie-Britannique se rapprocheront de' nous. Oui, je

l'espère, avant peu nous saluerons leur entrée dans la Confédération. Alors notre Canada g’étendra, comme

aux jours où il fut découvert de tous les côtés par n08

pères, par la race française, de l'Atlantique au Pacifique. Nous lui rendrons ses limites naturelles, que des événements racontés par l'histoire avaient graduellement rétrécis. D’un océan à l’autre, une vie commune ranimern toute cette partie du nord de l'Amérique, et vous, habi. tants d'Ottawa, vous verrez passer à vos portes, vous recevrez dans votre ville les richesses des deux mondes qu’un trafic énorme poussera dans les deux sens, à travers la vallée de l'Ottawa. Vous possédez la voie naturelle qui conduit du fleuve Saint-Laurent aux terres de l’intérieur. Laissez marcher encore un peu les événements, et votre rivière, dégagée de toute entrave, portera ses vaisseaux jusque dans les campagnes de l’Ouest, pour vous en rapporter leurs productions, qu’à votre tour vous échangerez avec vos co-sujets de l'Est. Voilà ce que nous entendons par ces mots: Ottawa,“ Capitale de la Confédération. ” Voyez ce que sera votre avenir, ainsi préparé. Il est évident que vous n’êtes encore qu’au début de votre prospérité, et que la capitale d' aujourd'hui va continuer à grandir, mais plus rapidement encore que la jeune ville d'autrefois.

Messieurs de la Société Saint - Jean-Baptiste, vous avez parlé de mon attachement à tout ce qui nous est cher comme Franco-Canadiens. En cela vous avez eu raison. Mais vous allez jusqu’à me nommer le premier de notre race. Vraiment, je ne puis que vous remercier de ce titre trop flatteur, car je ne crois pas l'avoir mérité. Votre demande me touche plus que je ne saurais dire et elle m’honore extraordinairement. Je n’oserais me croire le premier d’entre mes compatriotes, mais si le travail et l'énergie d’un homme peuvent vous engager à le respecter, j’ai ou j'aurai peut-être quelque droit à votre estime. Il en est, Messieurs, des succès politiques comme de ceux de la vie privée ; il faut les obtenir par un labeur incessant, une persévérance jamais ralentie, un courage dans les luttes, qui ne trébuche pas sur les obstacles. C’ést À ce prix, et à ce prix seulement que nous touchons enfin le but. Ce qui fut ma ligne de conduite dans le passé, le sera encore dans l’avenir.

Le labeur que m'ont coûté nos crises diverses, je suis

« prêt à le rècommencer pour le bonheur de mon pays.

Vous me trouverez toujours sur la brèche, animé du même esprit et confiant dans l'amitié de mes compatriotes.

Messieurs de la Société Saint-Jean-Baptiste, vous parlez de votre isolement du Bas-Canada et vous vous considérez comme une famille détachée de la nation. Vous n'êtes pas ici dans l'exil, mais vous n'êtes pas non plus au milieu d’une population tout à fait semblable à vous. Votre langue et vos mœurs contrastent avec celles de votre entourage. Pourtant votre nombre et vos œuvres disent que vous vivez maintenant sur le pied de l'égalité et de l'entente avec les citoyens d’une autre origine qui forment la majorité. Ces faits parlent hautement en votre faveur et inspirent la plus grande confiance aux amis du pays. N'oublions pas que l’un des bienfaits de la Confédération sera de vous mettre, dans le Parlement fédéral, en contact avec le Ras-Canada. qui, d’un autre côté, va tendre une main fraternelle et protectrice vers les groupes fra is répandus dans toutes les provinces. La Nouvelle-Ecosse et le Nouveau-Brunswick nous ramèneront des membres de la famille jusqu’à présent séparés de nous. Nous aurons done, sous ee régime, une alliance plus étroite que jamais, qui nous permettra de réunir nos forces et de ne rien perdre de nos privilèges. Notre avenir est entre v"8 mains, c’est aux différents noyaux de notre nationalité à le comprendre et à pratiquer ses devoirs en conséquence. Car souvenons-nouñ que nos devoirs sont aussi ceux du citoyen. La Confédération, c’est un arbre dont les branches s'étendent dans plusieurs directions et aui sont fermement attachées au tronc principal. Nous, Franco-Canadiens, nous sommes pune de ces branches. A nous de le comprendre et de travailler au bien commun. Le patriotisme bien entendu est celui qui ne lutte pas avec un esprit de fanatisme, mais ani, tout en sauvegardant ce qu’il aime, veut que son voisin ne soit pas plus molesté aue lui-même. Cette tolérance, Messieurs, est indispensable, c’est par elle que nous nous associerons à la grande œuvre, dans laauelle il convient à notre ambition de réclamer une part d’honneur. Je vois avec plaisir que vous sentez la vérité de ce principe et que vous êtes en parfaite intelligence avec vos

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autres concitoyens, 11 importe que nous ne restions pas en arrière, nous ne devrons pas nous laisser devancer ; c’est à cette condition seulement que nous pourrons toujours conserver les droits acquis à notre nationalité distinete. Nous jouirons de ces droits tant que nous en resterons d

Monsieur le Maire et Monsieur le Président de la Société Saint-Jeun-Baptiste, j'arrive d'Angleterre où j'ai vu s’accomplir l’un des plus grands actes de l'histoire moderne : la réunion pacifique des quatre colonies britanniques, comme vous l’avez pu voir en suivant les débats du Parlement anglais. J'ajouterai que ma surprise a été portée à son comble lorsque j'ai entendu les ministres de Sa Majesté exprimer des opinions aussi libérales et accepter nos décisions sans les reviser, ni tenter d’y faire des changements. L'esprit qui anime les hommes d'Etat de la mère-patrie a bien changé. On s'est convaincu que, connaissant nos propres besoins mieux que tout autre, nous devions être laissés libres de régler nos destinées, et que la sanction du Parlement Britannique n’était qu'une pure affaire de forme. On nous l’a accordée, at plus que cela, trois millions de livres sterling nous sont confiés, pour des fins d'amélioration dans le nouveau gouvernement. N’était-ce pas là agir envers nous selon la plus amicale politique? N’était-ce nous en fournir des preuves irrécusables ? Spectacle unique dont nous devons être fiers : les deux puissants partis qui se disputent le pouvoir en Angleterre, ont mis bas les armes pour s'entendre et agir de concert dès qu’il a été question de nos intérêts. Je le répète, la plus entière bonne ‘oi et le moins d’antagonisme possible ont présidé à l’accomplissement de la grande mesure,

Messieurs, la température est par trop désagréable Pour que je vous retienne ici davantage. Recevez mes sincères remerciements de la réception que vous me faites et pour les allusions qui rappellent mon récent Passage à travers le Bas-Canada. Je serais fort en peine de reconnaître vos faveurs, si je ne sentais en moi un désir redoublé de travailler pour mon pays avec tout le courage et l'énergie que Dieu m'a donnés. Je fais des vœux pour votre bonheur et votre prospérité.

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