‹ George-Étienne Cartier [microforme]Chapitre 6 sur 44 · L'ÉVOLUTION INHÉRENTE A TOUS LES PEUPLES · texte numérisé non relu

L'ÉVOLUTION INHÉRENTE A TOUS LES PEUPLES

Mais, comme Dieu a déposé dans la nature humaine le besoin de savoir et tous les instincts de la vie sociale, ce jeune peuple commença à connaître les inquiétudes de l'adolescence. Papineau se trouva à ce réveil, sans être suffisamment armé pour le diriger. Les grands principes de liberté, tirés de la révolution française, ou les idées d’émancipation sorties de l’épopée américaine, étaient les deux seules forces du temps qui se présentaient naturellement, comme l’antithèse du despotisme bureaucratique. Ils ne pouvaient, certainement, pas donner la note à des persécutés placides, dont la seule ambition était de ne pas trop souffrir. x

C’est en ce moment de transition qu’arriva Lafontaine, sorti de la classe ouvrière dans une campagne retirée, avec le tempérament calme de ses compatriotes. Les esprits agités reprirent leur équilibre, sans trop souffrir des secousses qui se faisaient encore sentir, quoique ce fut loin d’être le calme. Lafontaine était une intelligence d’élite, le bon sens personnifié, le type de la résistance prudente, mais il n’avait pas l’agilité du lutteur qui se défend en ripostant. Le parti radical, formé en Bas- Canada par Papineau, et le parti clear-grit, formé en Haut Cauada par William Lyon Mackenzie. Mais, il s’en allait avec la satisfaction d’avoir remporté dans l’arène parlementaire la victoire du “Gouvernement responsable ”, que ses adversaires avaient perdue sur les champs de bataille.

Page 1