‹ George GroszChapitre 2 sur 4 · JAY · texte numérisé non relu

JAY

L'art de Grosz est, à l'exclusion de tous autres motifs, un art de grande ville en période de crise. Vous n'y trouverez pas une note de simple nature. L'humanité, face bestiale ou face miséreuse, occupe toute la scène. Devant le tragique de l'heure la nature, témoin muet, reste cachée, attendant son tour. Le moment apparlent à la rue, aux boîtes de nuit, à la mendicité, à la prostitution, aux mutilés et aux magnats. Avec cette angoisse et cette fièvre, cette attente et cette lassitude, On fait deml’arts. et On NnCITEUNÉRMeNtENCHAITIS adhésion.

La maigreur terrible du trait, la sûreté de la pointe qui met à vif, le rigoureux prosaïsme, et jusqu'à la plus sobre indication, tout dans ses lithos nomme l'aujourd'hui avec une précision implacable. Malgré son modernisme aigu, il y a pourtant'je ne sais quoi dans

DO

l’art de Grosz — serait-ce dans une certaine dévotion candide à la réalité nue ? — qui le rapproche de celui des vieux imagiers du quinzième et du seizième siècles. Il a, comme eux, le don de créer — et cela dans un milieu où l’on collectionne avec goût et assimile avec ferveur, mais où n'abondent pas les peintres ou Îles STaveurs OTISINAUX.

« Si le Pays du Mufle disparaissait dans un cataclysme », disait mon ami, pendant que nous regardions tout un lot de Grosz, « on pourrait en reconstituer la physionomie et le caractère d'après ces Imaœes-là. »

Or, chacun sait que le Pays du Mufle, si puissamment réel soit-il, n’a pas de limites géographiques plus rigoureuses que le Pays des Contes. Gens de France, gens d'Allemagne et autres lieux, George Grosz peut travailler parmi vous avec un égal à-propos, et un égal danger pour vos figures.

Léon BAZALGETTE.

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