I. Cf. Lettres à Sainte-Beuve
Il8 GEORGE SAND
Voilà donc les conditions où se trouve George Sand. Sa position est extérieurement calme, indépendante, avantageuse. Mais sa vie intérieure est de nouveau désolée. Elle se dit profondément découragée. Elle a vécu des siècles ; elle a subi un enfer ; son cœur a vieilli de vingt ans, et rien ne lui sourit plus. D'autre part la vie publique achève de l'attrister. L'horizon s'est assombri. On n'en est plus aux espoirs infinis et à l'enthousiasme de 1831. « La République rêvée en juillet aboutissait aux massacres de Varsovie et à l'holocauste du cloître Saint-Merry. Le choléra venait de décimer le monde. Le saint-simonisme... avortait sans avoir tranché la grande question de l'amour » '. C'était la dépression succédant à l'exaltation, phénomène bien connu au lendemain des convulsions politiques et qu'on pourrait appeler la perpétuelle banqueroute des promesses révolutionnaires.
C'est sous ces influences que George Sand