N.° II
Je ne me donnerai pas le ridicule de réfuter un prospectus; mais il est bon je crois de signaler ici l'habileté perfide, avec laquelle on exploite aujourd'hui la crédulité du public. Les passages suivans , extraits de l'annonce raisonnée des œuvres complètes de George Sand , prouveront jusqu'à quel point on compte sur sa bonhomie.
Dans ce curieux morceau, qui semble sortir d'une plume exercée , on commence par nous donner à entendre que l'auteur de Lèlia et de Jacques n'a jamais écrit que sous l'inspiration d'une idée sociale (?) puis on ajoute :
« Les véritables intentions de l'artiste ont été souvent 1 méconnues, calomniées. On a dit, par exemple, que le ' but de tous ses romans était la destruction radicale du mariage ; or, cela n'est pas (!) Jamais il n'a combatl u l'institution en elle-même , mais seulement les vices que le cours des temps , l'insuffisance des lois et la corruption des moeurs y ont introduits ( voyez cidessus , page 22 ). Dans Lèlia , le mariage n'est pas mis en cause (voyez page i^-o) ; c'est un livre tout d'exception, et d'une tout autre portée. Les critiques violentes et grossières dont il a été l'objet , ne prou-