II INTRODUCTION
mais, faute de temps, je ne m'arrêtai qu’à Philadelphie, le berceau de l'indépendance des États-Unis.
Toute l’histoire de la révolution est rassemblée ct visible aux yeux dans l'hôtel-de-ville ou plutôt le Palais d'État. Ce bâtiment de modeste apparence, date du xvrre siècle : on l'entretient avec une ferveur jalouse pour lui garder sa physionomie des anciens jours, quand, par la proclamation de leur indépendance, le 4 juillet 1776, les colonies se séparèrent définitivement de la mère-patric.
Rien de remarquable à l'extérieur du monument : il n'offre d’intéressant au visiteur que la IHalle de l'Indépendance, c'est ainsi que l’on nomme la salle où le Congrès signa la célèbre Déclaration. L’aménagement intéricur à 6t6 respecté; les choses sont encore à la place qu'elles occupaient en ce temps-là. Tentures fanécs, portraits médiocrement peints, vieux meubles sans valeur, ct dans un coin une grosse cloche surmontée dun aiglon mal empaillé; en réalité, rien qui puisse charmer les yeux. Mais pour l'esprit que de hautes pensées, et pour le cœur que d'émouvants souvenirs!
Les portraits sont ceux des premicrs chefs de la révolution. Je songeai, en les regardant, combien il avait fallu de prudence et de courage, de patience et de volonté à ces républicains sans peur ct sans reproche pour secouer le joug de l'Angleterre. Ertre Franklin et Jefferson, je me sentis comme entrainé vers Christophe Gadsen. Il me sembla qu'il sortait, tout vivant, de son cadre, et je crus l’entendre opposant cette réponse héroïque aux craintes de ceux qui