‹ George Washington d'après ses mémoires et sa correspondance [microforme]Chapitre 2 sur 48 · INTRODUCTION II · texte numérisé non relu

INTRODUCTION II

tremblaient de voir toutes les cités d'Amérique détruites par les soldats anglais :

« Nos villes, s’écria-t-il, sont faites de bois et de briques. Si elles sont détruites, nous avons de l’ar- « gile et des forêts pour les rebâtir; mais si les liber- « tés de notre pays sont anéanties, où trouverons- « nous des matériaux pour les refaire? »

Les volées joyeuses de cette cloche ont annoncé l'indépendance. Avant même le 4 juillet 1776, elle portait déjà cette inscription prophétique que l’on peut lire encore : « Proclame la liberté à travers nos terres et à tous les autres peuples étrangers. »

Le fautcuil du président du Congrès, modeste meuble en bois peint, rappelle un mot de Franklin qui résume unc des périodes les plus critiques de l'histoire des États-Unis. Après avoir vaincu l'Angleterre, il fallait fonder un gouvernement national, et durant sept années les Américains oscillèrent entre la république et la monarchie. Pour mettre fin à cette incertitude qui était grosse de périls, pendant que Washington refusait avec indignation la couronne que lui offraient ses anciens compagnons d’armes, une réunion d'hommes d’État élaborait un projet de constitution républicaine qui devait être soumis à la sanction populaire. Au dernier jour de la session, quand toutes les difficultés furent tranchées, Benjamin Franklin dirigea ses regards vers le fauteuil du président, derrière lequel était peint un soleil levant; puis faisant allusion aux longueurs de l’enfantement de la constitution, il dit à ses voisins de l'assemblée :

« Les peintres ont peine à distinguer le soleil qui

Page 1