‹ George Washington d'après ses mémoires et sa correspondance [microforme]Chapitre 16 sur 48 · HISTOIRE DE LA NOUVELLE-=FRANGE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA NOUVELLE-=FRANGE

De l’autre côté des Alleghanys, à la limite des terres que venait de faire arpenter lord Fairfax, la France avait planté son drapeau et revendiquait toute la partie du continent qu'arrosent l'Ohio et le Mississipi, à l'ouest des treize colonies anglo-saxonnes établies le long de lAtlantique, du cap l'ear, dans la Nouvelle-Angleterre, à la rivière Saint-John, en Floride,

Que le lecteur nous permette de rappeler en quelques pages l’histoire instructive et trop oubliée de la Nouvelle- France, C’est la préface indispensable à toute étude sur la vie, le caractère et l'œuvre de Washington; et d'autre part, s’il n’y a plus de France dans le nouveau monde, il reste encore un million de citoyens que plus d’un siècle de séparation n'a pas complétement détachés de lancienne patrie et qui gardent au fond de leur cœur un vif sentiment d'affection pour le nom français et pour la nationalité de leurs ancêtres !.

1. Des Canadiens vivants ont encore vu des vicillards qui attendaient notre retour et disaient : « Quand viendront nos gens? » Aujourd’hui

Après les découvertes de Christophe Colomb, l'intérêt de la France ne permettait pas que les autres nations se partageassent seules le nouveau monde. François Ier chargea Jacques Cartier de faire un voyage d'exploration.

Rien de plus extraordinaire que les résultats rapides obtenus par les premiers voyageurs français, et de plus instructif que les dates de nos premiers établissements, de l'embouchure du Saint-Laurent à celle du Mississipi :

En 1504 le grand banc de Terre-Neuve était familier à nos marins bretons et normands; deux années plus tard (1506) Jean Denis, de Honfleur, dressait une carte de l'ile,

ën 1508, un pilote de Dieppe amène en france deux sauvages du Canada.

En 1518 Ie baron de Lery et de Saint-Just débarque du bétail à l’île de Sable.

Arrive alors Jacques Cartier (1534), qui découvre la plus grande partie du Canada et en prend possession au nom du roi de France.

Ce ne fut qu'en 1585, sous le règne d’Ilisabeth, que Walter Raleigh fit en Virginie un premicr et infructueux essai de colonisation anglo-saxonne.

En 1604 Samuel Champlain, du Brouage en Saintonge, part de Dieppe, arrive au Canada, noue des relations avec les sauvages, fonde la ville de Québec et revendique la sou-

la pensée de redevenir Français n’est plus dans aucun esprit; mais il reste toujours un certain attachement de souvenir et d'imagination pour la France.

Ampère, Promenade en Amerique. Paris, chez Michel Lévy, 1855.

veraineté des pays qu’il avait découverts : le lac qui porte son nom, au-dessous du Saint-Laurent, les lacs Ontario et Nipissing, au nord du lac Huron et de la rivière des Ottaouais.

A la mème époque le sire de Monts bâtissait Port-Royal en Acadie.

Les pèlerins, fondateurs de la Nouvelle-Angleterre, ne débarqueront au cap Cod que le 11 décembre 1620.

À une époque où rien ne faisait présager la future grandeur des colonies anglo-saxonnes, une nouvelle France était née dans l'Amérique septentrionale, et l'Angleterre avait reconnu nos droits par le traité de Saint-Germainen-Laye, du 29 mars 1632.

En 1511, Tadoussac, Québec ! et Montréal ? forment déjà trois centres de populations admirablement choisis, qui se trouvaient échelonnés à des distances à peu près égales, le long du Saint-Laurent, depuis son embouchure jusqu'aux chutes du Niagore.

On songe alors à explorer l’intérieur des terres.

De Tadoussac, Desprès Couture parvient par le Saguenay jusqu'à la baie d'Hudson; fait d’une importance commerciale énorme par la situation de l'embouchure du Saguenay sur le Saint-Laurent.

En face, sur la rive droite, le P, Druillettes fait le trajet de ce fleuve à l'Atlantique, en remontant la rivière Chaudière et en descendant le Kennebec.

Ces deux voyages sont de 1663. La France était donc maitresse, en droit, de l'embouchure du Saint-Laurent et de ses rives jusqu’à la baie d'Hudson,

Pour défendre la tête du Saint-Laurent on élève le fort

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