MINISTÈRE DE LA POLICE GÉNÉRALE
pe section. — Bureau pariiculier. N** 4693 B. I'.
Paris, le 18 floréal an IX de la République | nne el indivisible.
Le ministre de la police génc'ralc de la Rcptddique ' au préfet dxi département de la Loire-Infcrievre.
« Le gouvernement est informé, Citoyen préfet, que les brigands ne trouvent plus de refuge, qu'ils errent dans les campagnes, sous différents déguisements; que Georges, Desbarres et Bonnaventure sont sur la flotte anglaise; enfin, qu'il a été notifié aux chefs qu'ils ne devaient plus compter, désormais, sur des secours de la part de l'Angleterre. Réduits à cette situation désespérée, plusieurs ont demandé à se soumettre, mais l'intention du gouvernement est qu'aucun individu de la bande de Georges ne soit reçu à soumission : tous doivent être exterminés, s'ils sont rencontrés les armes à la main, ou traduits devant le tribunal spécial le plus voisin, si on parvient à les arrêter.
(I Le ministre de la police générale,
" Siyné : Fouché. »
(Archive» de M. Gustave Bord.)
N» 74 Ordre donne au concierge de lu prisoud'Auray-
. 12 pluviôse an 1\ (3 février I80I).
" Le concierge de la prison d'Auray recevra un individu nommé Julien Caludal (sic) de la commune de Brec, avec défense ;\ tout officiers judiciaires ou autre de le visiter sans une permission du commandant du la place.
■ Âuray, le 12 pluviôse an IX.
Il Le commandant d'Auray,
a Signe : Layol's. »
Il Pour copie conforme, le roniiiiaudatit de la gendarmerie d'Auray,
Il Signé : Hannedouche, maréchal des logis. »
(Archives du Morbihan.) ■ Division •Juilnislralive, N» hdl'l, Y. 3.
N» 75 Le commandant de place aujuje de paixi
« Auray, le 18 pluviôse an IX.
(1 Prévenu qu'on doit tenter d'enlever le nommé Julien Gaduilalje vous donneavis, Citoyen, que je viens d'ordonner qu'il sera irausféré aux prisons de Lorient.
.. Je vous salue très humblement.
Il P. LaYOUS. Il
Rapport sur la mort de Julien Cadoiidal.
«Hier, 18 pluviôse an IX delà République française, sur les cinq heures du soir, le général Bayssac me donna ordre -de partir de suite avec vingt hommes de ma compagnie, pour me rendre de Vannes à Auray, où étant arrivé vers les neuf heures du soir, le commandant de cette place me donna avisqu'il était prévenu delà part du général que George Gjdudal, chef de brigands, devait tenter d'enlever son frère de la maison d'arrêt où il était détenu. En conséquence, il m'a ordonné d'être prêt au premier signal et à faire des patrouilles durant toute la nuit pour déjouer les projets de ce chef de rebelles. Ce malin 19 pluviôse même année, ledit commandant m'a donné ordre de partiravec un détachement qu'il a augmenté de iO hommes d'infanterie et de quatorze gendarmes, dont huit à cheval'etsix à pied, pour transférer de la prison d'Auray à celle de Lorient ledit Cadudal, frère du susdit Georges Cadudal, mais dont je n'étais chargé de la conduiteque jusqu'à llennebont. En vertu de cet ordre je me suis mis en marche à six heures ce matin 19, susdit mois et an, avec le détachement comme il est dit ci-dessus, et conduisant le susdit Julien Cadudal. Arrivé à une distance d'environ trois quarts de lieue ou une lieue d'Auray, des hommes que j'avais envoyés pour ('ciairer la route ont été atta- ([ués par une bande de brigands embusqués tant à droite qu'à gauche de la route dans une forte bruyère ou des baies, où je me suis rapidement porté, emmenant avec moi une partie des hommes de l'escorte. De quoi et du trouble, le susdit Julien Cadudal, à ce que j'ai aperçu de loin, a voulu profiler pour s'enfuir vers les assaillants. Alors j'ai entendu des cris: Arrête! et ai vu qu'où faisait feu sur le détenu.
I Revenu sur mes pas, j'ai rencontré le cadavre du susdit
Julien Cadudal étendu dans le fossé du grand chemin De tout
quoi j'ai fait rapport, en ajoutant que j'ai laissé une garde de huit hommes près du cadavre^ et je suis rentré à la ville d'Auray vers les onze heures et demie, ce matin du 19 pluviôse an IX de la République française.
« Le capitaine de la huitième compagnie du deuxième bataillon de la soixante-dix-septième,
<( Leïder. »
iN» 77
Extrait du procès-verbal de lief dit cadavre de Julien Cadoudal par le citoyen juçje de paix du canton de Pluvigner, du l~i pluviôse an IX.
(I Que le matin de ce jour un détachement de troupes et la
gendarmerie à cheval ont extrait des prisons d'Auray ledit Cadudal arrêté au lieu de Kerléano pour suivant l'ordre donné le conduire à Ilennebont; qu'étant parti avec ledit Cadudal, étant arrivé auprès de Corohan, commune de Brech, distant d'Auray d'une demi-lieue, plusieurs coups de fusils ont été tirés sur eux; que prévoyant que cette attaque n'avait d'autre but que d'enh^ver de leurs mains ledit (Cadudal ; que craignant qu'il ne leur échappât ils ont tiré sur lui et l'ont tué, etc.
Il Lf. UollG.NE. ')