‹ Georges de PodiébradChapitre 112 sur 183 · Vchchrd, p · texte numérisé non relu

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2. Pendant tout le xvr siècle les seigneurs s'efforcent de restreindre de plus en plus l'intervention des tribunaux publics dans les affaires des paysans, et ils y réussissent peu à peu. La diète de i 545 demande que « les serfs ne citent leurs seigneurs devant aucun tribunal et ne s'adressent pas à d'autres, ainsi que l'ordonne la constitution; que le roi ne leur donne pas de saufs-conduits contre leurs seigneurs. » — A diverses reprises, les nobles

LE SERVAGE ly^

ils ne reconnaissent plus qu'un arbitre, leur conscience '.

Dans aucun cas, la caution n'était suffisante; dans beaucoup, elle permettait les plus fâcheux abus. Les privilèges n'avaient qu'une valeur relative ; les maîtres les expliquaient, les commentaient, quand ils ne se décidaient pas à les supprimer. Qu'ils fussent liés par eux, personne ne le supposait. Si les habitants de quelque petite ville ou de quelque village, dit Brtvin de Ploskovits ^, ont des franchises ou des privilèges écrits qu'ils ont reçus des prédécesseurs de leurs seigneurs, qu'ils puissent les montrer et qu'ils désirent les conserver, il vaut mieux ne pas les leur enlever, mais consentir à ce qu'ils les gardent et les ratifier; et ainsi eux et d'autres gens auront plus de goiàt pour s'établir sur ce domaine et pour y vivre plutôt qu'ailleurs où l'on ne suivra pas le même principe. — L'intérêt bien entendu des maîtres était sans doute d'accord ici avec les désirs des sujets, mais tous ne s'en apercevaient pas, et ils en prenaient à leur aise.

Quels excès étaient possibles, certains faits nous en donnent l'idée. Dans un village, un laboureur meurt : sa veuve hérite de son champ, paye régulièrement les redevances; cependant lé patron, soit qu'il soit inquiet de sa rente ou trouve l'occasion favorable pour arrondir son domaine, la chasse de sa maison, lui prend ses champs ensemencés, le blé récolté, la houblonnière; elle obtient du tribunal qu'on lui rende ce qu'on lui a enlevé, mais elle devra vendre son bien avant la Chandeleur (i 548). Ailleurs, un serf de l'Université meurt, laissant une veuve et quelque argent, « qu'ils avaient sué en quarante ans » ; le docteur Sigismond de Helfenberg part aussitôt, — afin que ce que le mort a laissé

se plaignent des paysans qui présentent des pétitions contre leurs maîtres « et les tourmentent par les tribunaux et de diverses manières; » ils proposent que les plaintes reconnues sans fondement soient punies; les suppliques devront être signées par ceux qui les présentent et ceux qui les rédigent.

1 . Au xvr siècle, dit M. Tchélakovsky, l'autorité judiciaire du souverain et de ses tribunaux, par suite de l'opposition de l'aristocratie, est en somme assez limitée et vaine; aussi la condition du peuple est-elle mauvaise. {Le Juriste, 1878, p. ~~?).

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