‹ Georges de PodiébradChapitre 111 sur 183 · I.K SICUVAGF · texte numérisé non relu

I.K SICUVAGF

Vchchrd nous montre le ti-iomphe des tliéories féodales pendant le l'èi^ne de \nadislas. — Pour les citations, éciMt le jurisconsulte dans l'édition de 141)0, il }' a ime question a laquelle il n'est pas facile de répondre : un seif peut-il citer son seii^neur devant le tribunal, quand il a supporté quelque injustice, surtout de graves injustices, comme c'est assez souvent le sort des serfs maintenant? Que d'autres, mieux renseignés que moi, résolvent cette question; je me contenterai de japporter ce qui s'est passé : beaucoup de seigneurs, cités par leurs serfs, ont refusé de comparaître, alléguant qu'ils n'avaient pas à répondre à leurs serfs; mais cette excuse n'a pas été admise. — Dix ans plus tard, dans l'édition de i3oX, la réponse sonne tout autrement : c'est l'opinion la plus répandue et presque générale qu'un serf ne peut pas citer son seigneur. Pourquoi donc? objectent quelques-uns; les nobles ne peuvent-ils pas citer le roi qui est leur seigneur héréditaire? Objection spécieuse, continue Vchehrd, les rapports des seigneurs et du roi sont absolument différents de ceux qui unissent les serfs à leurs maîtres. Aussi tout le monde déclare-t-il inconvenant, invraisemblable et radicalement injuste, qu'un serf puisse citer son seigneur '. — Depuis lors, les lois deviennent de plus en plus formelles : les accusations d'un paysan contre son seigneur ne sont pas admises; sa plainte ne saurait être reçue, même s'il a cessé d'être son sujet, si seulement il l'a été. Les appels, sans cesser complètement, ne peuvent plus être qu'irréguliers, indirects, et comme frappés d'avance de nullité par la résistance qu'ils provoquent chez les nobles. Ceux-ci étendent leur justice patrimoniale en même temps qu'ils concentrent de plus en plus dans leurs mains l'exercice de la justice publique - : entre leurs hommes et eux,

Page 1