I. Gull, 7'cluis., 1884, p. i(up-i(m
l'unité DT.S FKKIîKS. LE DOGME 325
la présence réelle, au grand scandale de ceux qui avaient conservé la doctrine orthodoxe. L'agitation des esprits était extrême, et la communauté naissante semblait menacée de succomber au mal endémique de la Bohême, les discussions religieuses. Elle fut sauvée par Grégoire. Il ne se plaisait guère aux spéculations hasardeuses, et son dernier conseil aux Parères, sur son lit de mort, fut de se défier des savants ', mais il n'était pas cependant indifférent à la vérité et au dogme. Son dévouement, son activité, la netteté de sa pensée, les services qu'il avait rendus, lui assuraient une influence contre laquelle personne ne pensait à s'insurger. Dans le synode de Kounvald (1459 ou 1460), il fit rejeter solennellement les doctrines picarde et taborite sur l'Eucharistie : les fidèles ne devaient lire aucun traité sans l'avoir montré aux anciens. Cette déclaration solennelle était nécessaire; il n'est pas possible de supposer l'existence d'une Eglise dont les membres seraient divisés sur les points essentiels. Depuis un demi-siècle le principal effort des discussions religieuses avait porté sur l'Eucharistie, et les diverses sectes se distinguaient surtout par la formule qu'elles acceptaient sur ce point : l'Unité ne pouvait subsister que si elle prenait nettement parti. La plus vulgaire prudence exigeait, d'autre part, que l'on prévînt une confusion fâcheuse avec ceux qui niaient la présence réelle : toute la tactique des ennemis des Frères consista en elfet à établir entre les Picards et eux une complète solidarité ; il importait de marquer clairement la distance qui séparait l'Unité d'un parti compromis devant l'opinion publique par ses excès et plusieurs fois condamné par les diètes ^ Les Frères d'ailleurs ne se laissèrent pas