‹ Georges de PodiébradChapitre 143 sur 183 · Jung-Bunzlau · texte numérisé non relu

Jung-Bunzlau

DIVISIONS PARMI LES FRERES i^\.l

de Zatets ' : mais, du côté de Pisek, ils avaient peu de prise sur le gros de la population, en général catholique, et au nord-ouest les divisions intérieures et le schisme des Amosites ralentirent bientôt leurs succès. Dans les premières années du xvi^ siècle, ils comptaient de trois à quatre cents églises. Aucune donnée malheureusement ne nous permet de déterminer, même d'une manière très approximative, le nombre des membres de l'Unité; on croit seulement qu'ils étaient alors de soixante-dix à cent mille en Moravie, et ils étaient certainement plus nombreux en Bohême qu'en Moravie -.•

Lorsque Grégoire mourut, quelques années après Rokytsana (1474), il avait le droit de regarder l'avenir avec confiance. Il ne se doutait guère que, vingt ans plus tard, ses successeurs abandonneraient ses doctrines, condamneraient ses écrits et lanceraient l'Unité dans une voie très sensiblement divergente de celle qu'il avait suivie. Délivrés un moment des soucis extérieurs, les Frères s'aperçurent bientôt avec angoisse que le succès est plus redoutable pour une secte que la persécution. La vie est une épreuve, et tous les systèmes ne l'affrontent pas victorieusement; malheur cependant à ceux qui ne parviennent pas à s'arranger avec elle !

Les règles inflexibles des premiers jours convenaient à quelques centaines de fidèles ; ils se comptaient maintenant par milliers, et elles devenaient étroites et gênantes. Garderait-on la même indépendancç hostile vis-à-vis des seigneurs dont on sollicitait la protection, de l'Etat dont on réclamait la tolérance? Dans bien des cas, le respect litté-

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